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  • Ma mère est lamentable

    Julien Boutonnier

    Parution : 15 Mai 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Note : plusieurs versions disponibles. L'une avec audio intégré, l'autre sans audio (interopérable, lisible sur tous supports), avec morceaux audio à télécharger directement.-Ce poème est le récit fragmenté d'une perte. Des photos viennent donner apparemment un semblant de réalité à un parcours intérieur marqué par la douleur. Et le cri. Quand j'ai lu le manuscrit de Julien Boutonnier, c'est ce qu'immédiatement j'ai senti. Mais, le relisant, voici les quelques remarques qu'il a suscitées en moi.1. Le cri désigne la perte de la mère. L'absence subie comme un fléau (peste au crabe) se combat dans les mots contre les motsmorts qui coupent le souffle. Boutonnier trouve sa voix dans les lettres manquantes qu'il faut vocaliser autrement pour pouvoir dire le nom imprononçable.2. En ce sens, il n'est pas question d'histoire individuelle seulement, vous l'aurez compris. Il s'agit de tenter de saisir l'espace à vif de la mort à l'oeuvre en nous, en nous tous.3. Et les photos ne sont là que pour nous montrer que la réalité de ce qui se lit et se donne à entendre ne peut se voir, sauf dans le défaut de ce que toute image exhibe, dans ce qu'elle dé-montre.4. Il faut pour donner corps à tout cela une construction rigoureuse, exigeante. Julien Boutonnier y parvient avec un sens des rythmes et un feeling à toute épreuve.5. C'est donc un livre remarquable, bouleversant.Maintenant, précipitez-vous, ayez la curiosité aiguisée, à vos liseuses !François RannouNote : il faut saluer le travail remarquable de Jean-Yves Fick dans la mise au point du manuscrit et sa relecture.

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  • L'emportement

    André Markowicz

    Parution : 25 Juillet 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'Emportement est mon troisième livre de « poèmes non-traduits », après Figures et les Gens de cendre. Il tente d'approfondir cette fascination que j'ai pour « les images sans images », pour ces ombres d'images qui m'accompagnent, ces présences déplacées, éparpillées, quasiment insensibles, que mes textes, les uns après les autres, tentent de partager. Le livre s'est construit sur son titre. Ce mot, l'emportement, comment dois-je le comprendre ? S'agit-il d'être emporté, ou de se laisser emporter, et quelle est cette « porte » qui vous laisse interdit ? D'où vient la nécessité ressentie d'un « glissement vers la/quasi-réalisable ligne,/ un en-dessous de voix,/ presque un récit » ? - André Markowicz

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  • Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire

    Virginie Gautier

    Parution : 1 Septembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire, de Virginie Gautier, est le long poème d'une ville traversée qui serait toutes les villes ensemble : métamorphoses d'un monde flottant dont il s'agit de repérer les traces d'ombres. Que le tunnel dont il est question dans le livre soit celui du métro, celui qu'empruntent les « clandestins » pour traverser la Manche, ou la grotte dans laquelle nos « ancêtres » ont dessiné leurs premiers repères, il est surtout le lieu de confluences entre le dessous et le dessus de toute ville. Entre les mémoires accumulées, inscrites, gravées, recouvertes, effacées presque, disparues, retrouvées et l'élan vers ailleurs, vers autre chose à venir qui doit se délester du passé. Lieu mouvant où les déplacements créent une identité toujours fuyante. « On dit je suis d'ici. On est d'un autre temps, qui échappe. Autant dire d'ailleurs, autant dire de plus jamais. » Avec ce titre, se poursuit une nouvelle série de la collection L'Inadvertance, déjà amorcée par Ma mère est lamentable de Julien Boutonnier. Chaque ouvrage comprend un texte, des images fixes, des fichiers sonores et des vidéos courtes ainsi que des liens.Deux versions disponibles : l'une enrichie, et l'autre interopérable qui comporte des liens vers les morceaux audio et vidéo hébergés sur notre site.

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  • S'occire

    Olivier Matuszewski

    Parution : 7 Décembre 2016 - Entrée pnb : 19 Novembre 2016

    Langue à corps prenant le réel, qui se cache sous nos mots perdus. Comme si la parole poétique et toute la littérature étaient passées au tamis : ce qui accroche à gros grains est retenu pour mieux laisser la fluidité d' une parole possible. Il y a de la hargne, un tranchant net dans le vers. Mais surtout ce manuscrit forme un ouvrage concerté, Matuszewski coordonne ses élans et les fait tenir sur la ligne de fond qui mène le lecteur au creux du courant de sa parole.

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  • Éléments de langage

    Dominique Quélen

    Parution : 7 Décembre 2016 - Entrée pnb : 28 Octobre 2016

    Éléments de langage rassemble trois livres parus, naguère, séparément. Mais, par ce geste neuf qui les réunit, est mis en évidence un moment clé dans l'écriture de Quélen - et la forte cohérence de sa démarche.Son oeuvre cherche, par un concentré d'instants, de lieux, de gestes, d'événements différents, à faire résonner, du rapport entre le corps et le monde, le « timbre secret, d'aucune langue ». La douleur pour articuler l'un à l'autre est passée au crible d'un tri en vue de tenir « le moins de place possible : exercice de la pensée. »Une forme se dégage alors, bien identifiable. Brève, précise. Il y a dans tous ces textes « une beauté simple et sans apprêt, une part de calcul, un mouvement dans leur immobilité ».Ainsi Gérard Noiret peut écrire, dans La Quinzaine littéraire, que « Dominique Quélen atteint du premier coup une perfection qui le singularise. » Stupéfiante.

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  • Un Hymne à la paix (16 fois)

    Laurent Grisel

    Parution : 8 Octobre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Conflit d'un monde soumis toujours à ses plus vieux démons, et de l'aspiration qui nous fonde comme communauté, et de plus en plus sous le risque, le danger, l'urgence.Ce qui nous fonde comme communauté, malgré la guerre et les démons : le langage, la parole, et comment ils se retournent sur les premiers, en nous énonçant comme communauté.Depuis bien des siècles se structure ici l'éthique. On peut l'énoncer conceptuellement, c'est la philosophie, on peut se contenter de l'ouvrir en tant que tâche et dépli du langage, c'est la poésie.Il se trouve que la seconde tâche, si elle perdure, c'est que le concept à un moment cède devant le langage, et ce qu'il ouvre, la nuit qu'il porte, ou la mise en chemin.Cette intersection avec l'abstrait, et avec l'agir, ce en quoi le monde est régi par le langage - mais le langage à la fois réifié et en permanentes secousses sismiques que sont, notamment, la morale et la justice - a toujours eu son équivalent de sources dans la littérature.Ici, lisant Laurent Grisel, on a souvent l'impression qu'est réouverte la trappe des grands parleurs du 16ème siècle, et Agrippa d'Aubigné notamment, ses Stances composées dans le temps même de la guerre, l'épée posée sur l'herbe au soir des combats - vous verrez, ce n'est pas une figure de style pour lui faire plaisir.Cette vieille hauteur revêche du verbe pour qu'il se dresse à égalité de ce qui râpe et heurte dans le monde.Ce combat, pour rester neuf, ne peut tolérer la chosification des formes. On en appelle à une forme, mais on doit la casser du même coup. Moulage unique. Le dépli qu'inaugure Laurent Grisel, en ce lieu où parlent, dans le monde d'aujourd'hui, le Bourreau et la Justice, avec un homme et une femme, se recomposera en plusieurs pièces, elles-mêmes liées à leur circonstance d'énonciation - ce que Laurent Grisel nomme « une brusque idée de paix ». Le poème (ou projet) global s'intitulant Descartes tira l'épée.FB
    Membre actif du collectif remue.net, on trouvera sur ce site de nombreuses intervention de Laurent Grisel.

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  • Abattoir 26

    Raymond Bozier

    Parution : 8 Octobre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous accédons à ce que nous sommes en nous faisant porteurs de l'Histoire - peu importe qu'on s'astreigne à l'assumer de façon vaste (la leçon des antiques, ou Salluste qui résonnerait ici), et peu importe qu'on y soit directement mêlé: nous sommes porteurs de tant de récits, et ce qui traversa avec violence tant de générations des nôtres. Les livres naissent de cette acceptation raisonnée de l'Histoire, pas question d'en faire détour: et l'histoire, telle que nous la recevons, est toute entière trouée de guerres, elles viennent aussi dans les récits, les poèmes, les peintures.La guerre est à nos portes, il y a peu, du temps de Sarajevo, les avions de guerre partaient des bases françaises et y revenaient dans la journée, et à l'autre bout du monde des soldats exercent la guerre en notre nom.Et la guerre partout est puante, et nous concerne quand bien même on n'y a pas les mains prises. Il n'est que d'ouvrir le journal.Et ce travail, la détestation de la guerre, la haine de la guerre, ne serait pas à constamment réentreprendre? Et ce travail de détestation de la guerre, de haine de la guerre, n'imposerait pas qu'on la nomme?Souvenir de ces vers d'Agrippa d'Aubigné, qui non seulement résonne ici, mais vient en traverser la prise, quand il est question des massacres de guerre civile dans ce qui maintenant semble notre province endormie, perpétuellement refaite avec ses rocades et ses enseignes normalisées: Niort, Poitiers, Angers ou Tours dans Les Tragiques, les morts jetés au fleuve.C'est ce travail qu'a mené - pour lui - Raymond Bozier: il ne s'agit pas de bruit, remuement, horreur, loin de nous et dont nous serions préservés. Les images télévisées, les clichés des magazines, nous le rappelleraient bien vite. Mais lorsqu'on en fait écriture, on quitte cette nécessité personnelle du travail pour en établir l'instance collective - le texte lui-même alors devient collectivement nécessaire.Dans le travail que nous menons à publie.net, il y a des envies et des obligations: un texte comme celui-ci établit la cartographie collective de ce qui nous concerne ensemble. si la violence et l'âpreté d'écriture de Bozier y sont reconnaissables, et donnent à cet abécédaire de notre misère sa voix et sa force, sa chair, il y a dans la poésie - peut-être même cela fait partie de ce qui la rend en tant que telle reconnaissable - une instance d'écriture anonyme, littéralement collective. D'où notre responsabilité à le prendre en charge, le diffuser.Nous ne sommes pas débarrassés de la puanteur de la guerre.FBA propos d'Abattoir 26, lire Chronic'Art. Merci à Hubert Saint-Ève pour la toile reproduite en ouverture (voir son site).

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  • Talc couleur océan

    Jacques Josse

    Parution : 20 Mai 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Les amoureux de l'écriture de Jacques Josse ne s'étonneront pas qu'on poursuive avec fidélité la mise en ligne de ces textes pesés, rigoureux, rares.D'abord par choix de l'éditeur : affinité grande avec ce qu'on y respire de la mer, et l'échelle à quoi elle nous contraint. Alors, oui, on peut appréhender ce qui tient de la vie et de la mort. Et on saura, justement, que c'est dans cette précision, et cette attention au présent, cet accueil du visage devant soi, de la parole de l'autre.Ici, Jacques Josse voyage : il suffit d'un quai. Il y a le mot orient, il y a l'ombre dérangeante de Kerouac, et comment lui et ceux qui l'ont suivi ont imposé à la langue de marcher.Il y a toujours ce recueillement : pas de parole, pas de visage, sans savoir ce que vie et mort organisent, dans notre plus immuable théâtre. Justement des mots que Jacques Josse n'emploierait pas.FB

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  • Terra Nova

    André Roy

    Parution : 13 Mars 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le 3 juillet 1608, sous le règne d'Henri IV, Samuel de Champlain fonde la ville de Québec. André Roy nous fait revivre cette aventure de l'intérieur, et nous croyons entendre Samuel de Champlain lui-même nous dire comment lui et ses compagnons apprennent à découvrir un territoire nouveau, synonyme d'inconnu radical. Les Indiens, les fruits étranges, les bleuets qui illuminent le jour, d'îles en caps, de caps en baies,/Le Nord deviendra leur demeure...les maladies viendront, la mort approche sans honte ni crainte. André Roy s'appuie sur les différents écrits de ce grand fondateur et traverseur d'Atlantique (21 fois de rivage à rivage !) pour créer un texte épuré, sobre, d'une nudité rayonnante. Le temps alors renoue avec la circulaire mémoire qui le noue et aiguise notre profondeur de vivants d'aujourd'hui !Né à Montréal, où il vit, André Roy est poète et essayiste en cinéma. Il détient un doctorat en études françaises. Professeur à temps partiel aux niveaux universitaire et collégial, André Roy a donné plusieurs conférences et lectures, tant en Amérique du Nord qu'en Europe. Il oeuvre également dans le milieu de l'édition depuis de nombreuses années, tout en travaillant à la pige comme journaliste et critique en littérature et en cinéma. D'abord codirecteur d'Hobo-Québec (1972-74), il a dirigé la collection « Proses du Jour » aux Éditions du Jour (1973-74) et la collection « Écrire » aux Éditions de l'Aurore (1974-75). Il a été cofondateur et rédacteur en chef de Spirale (1979-83) et codirecteur des éditions et de la revue Les Herbes rouges (1983-85). De 1986 à 1988, il a été rédacteur aux Éditions de l'Hexagone, et aux Herbes Rouges et auteur de plusieurs textes pour la radio Radio-Canada et la chaîne télévisuelle Radio-Québec. Animateur dans le milieu des lettres, il a été secrétaire trésorier de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois de 1985 à 1991, tout en s'occupant d'autres associations, dont l'Association québécoise des critiques de cinéma. Il est actuellement membre du comité de rédaction de la revue de poésie Estuaire et de la revue de cinéma 24 images.Son oeuvre est principalement constituée de quatre cycles poétiques : Les passions, Nuits , L'accélérateur d'intensité et Vies. Ses différents écrits lui ont valu des récompenses prestigieuses, dont le Prix du Gouverneur général du Canada pour Action Writing en 1985, le Grand Prix de Poésie de la Fondation des Forges pour L'accélérateur d'intensité en 1987, le Prix Estuaire-Terrasses Saint-Sulpice pour Vies en 1999, ainsi que le Prix Association québécoise des professeurs de français/Association nationale des éditeurs de livres pour Les espions de Dieu, en 2009. Parmi ses oeuvres, on pourra noter les titres suivants : Les passions du samedi, Les amoureux n'existent que sur la Terre, On sait que cela a été écrit avant et après la grande maladie et Professeur de poésie. Il publie en 2010 Les fantômes de l'automne, un recueil de poèmes pour adolescents. Il prépare actuellement le troisième volet de Vies : N'oublie pas de dormir. Sa poésie est traduite, entre autres, en albanais, anglais (Canada, États-Unis et Grande-Bretagne), espagnol (Espagne et Mexique), italien, portugais, slovaque, macédonien et tchèque.http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Roy_(%C3%A9crivain)http://www.andreroypoete.com/http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/biographies/892.html

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  • Boîte automatique du crâne

    Romain Fustier

    Parution : 15 Décembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Il se pourrait que tout commence par un coup de sang. Une tache s'étale sur le pare-brise à cause de la vitesse, une tache qui fait grand rouge sur la nuit. Et c'est comme une prise de conscience : c'est sur la route des vacances que Romain Fustier s'éveille à sa propre inquiétude, c'est-à-dire à sa façon d'être attentif. Et cette première expérience d'un monde vacillant, qui se révèle dans la lampe rouge d'un rapace écrasé sur le pare-brise, se répète indéfiniment, de façon automatique et incontrôlable, dans une sorte de road-movie que déroulent les poèmes. On roule, que ce soit sur les départementales ou l'autoroute, on dévide un très long chemin d'errance pour toucher ce chez-soi du trajet, ce chez-soi du tremblé de vivre, pour atteindre enfin, peut-être, « ce no man's land qui vous colle au cerveau ». Les images défilent au pas lent d'un moteur, les phrases se télescopent, s'enchâssent, comme les réalités qui s'avancent l'une dans l'autre. C'est un monde qu'on traverse pendant qu'il nous traverse, qui se dévide mais stagne, là, dans le pare-brise. Et de même, quelque chose stagne en nous, quelque chose reste arrêté, un point de fixation qui fait préférer à l'auteur les vieilleries, le « goût des choses surannées / des toits vert-de-gris et des bâtiments désuets / les derniers vers de Laforgue les villas thermales / bordant les avenues d'avant-guerre les hôtels / démodés les fronts de mer vieillots où les glaces / ont le parfum des sorbets d'un temps révolu ». Mais, si l'expérience de ce tremblé, de cette incertitude de vivre, provoqués par les plus infimes évènements, peuvent bouleverser l'auteur (« une feuille de paulownia s'est posée sur le / capot de notre voiture garée sur un parking / et cet évènement anodin a fait basculer le / décor le cours bien réglé de nos existences »), il ne fait pas que subir cette répétition.(extrait de la préface d'Armand Dupuy)***Romain Fustier est né en 1977 à Clermont-Ferrand, dans la banlieue dortoir de laquelle il a grandi. Il y a fondé la revue & les éditions Contre-allées avec sa compagne Amandine Marembert et des amis au cours de leurs années étudiantes. Il vit désormais à Montluçon, où il poursuit avec elle cette aventure. Il a publié une trentaine d'ouvrages, notamment Le volume de nos existences (Collection Polder, 2006), Une ville allongée sous l'épiderme (Éditions Henry & Écrits des Forges, 2008), Habillé de son corps (Rafael de Surtis, 2010), Des fois des regrets comme (Éditions des États civils, 2011), Rembobinant l'extérieur (Éditions du Cygne, 2012) et Infini de poche (Éditions Henry, 2013).

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  • (Une pie)

    Hélène SANGUINETTI

    Parution : 12 Décembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    (Une pie) est un texte dont le regard vole et se pose
    comme celui de l'oiseau. Il dérobe des jours et des images du monde
    qui se déroulent devant nous, depuis toujours presque, semble-t-il,
    de manière légère et grave, laissant en nous ses traces de griffes.
    Nous voici plongés dans des moments d'éternité suspendus, où le
    réel se mêle au légendaire et au plus ancien, dans une perception
    flottante et paradoxalement d'une grande acuité. Un très beau petit
    texte qu'il faut lire en laissant affleurer à la surface du poème
    les chansons idiotes qu'aimait Rimbaud, la part de naïveté
    dont le tragique toujours n'est pas loin. On peut écouter ce livre,
    mis en voix par François de Bortoli.On peut lire du même auteurLe Héros Poésie/ Flammarion, 2008 Hence this
    cradle, traduction en anglais d'Ann Cefola, bilingue, Otis
    Books/Seismicity Éditions, Los Angeles, 2007 Alparegho,
    Pareil-à-rien L'Act Mem, 2005 D'ici, de ce berceau
    Poésie/Flammarion, 2003 De la main gauche, exploratrice
    Poésie/Flammarion, 1999&Corinne Barbara a dansé, Les éditions du soir au
    matin, 2009 Deux Noyaux Pour Commencer La Journée (avec des
    interventions de Stéphanie Ferrat, Galerie Remarque, 2009) Gora
    soli (avec des peintures d'Anna Baranek, l'attentive, 2008)Ô cahier 3, (avec Anna Baranek, Espace Liberté/Les Ennemis
    de Paterne Berrichon, 2006)Voici quelques liens :[http://www.ville-boulogne-sur-mer.f...]http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/05/le-hros-dhlne-s.htmlhttp://www.paperblog.fr/1746209/helene-sanguinetti/http://remue.net/spip.php?article2812http://remue.net/spip.php?article1788[http://www.printempsdespoetes.com/i...]http://www.lactmem.com/medias/fonds_compact/sanguinetti_alparegho.htmlhttp://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2008/04/hlne-sanguine-1.htmlhttp://www.enba-lyon.fr/conferences/fiche.php?a=08&id=454http://www.thepedestalmagazine.com/gallery.php?item=2223

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  • Sur les quais

    Jacques Josse

    Parution : 7 Novembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    De Jacques Josse, nous avions déjà accueilli Dormants dans nos formes brèves, un des textes les plus téléchargés de notre plate-forme.Raison objective ? Difficile d'en trouver d'autre que la qualité de cette prose en grande retenue et économie, mais placée là où il s'agit de ce que nous portons tous en nous-mêmes au plus simple de l'énigme vie, l'annonce ici d'un suicide, et ces figures dans le recommencement des jours, port de Bretagne, on les a tous vues, et reçues comme si elles portaient quelque chose de nous-même. Cette énigme, justement.Sur les quais, publié à 200 exemplaires par les Editions TraumFabrik en 2007, avec des dessins originaux de Georges Le Bayon, est épuisé et témoigne de ces circulations nécessaires à la poésie : essayer d'en être dignes dans l'artisanat numérique, et la circulation neuve qui ici s'instaure, mais pareillement presque de main à main...Merci à Jacques d'avoir accepté de nous le confier.FB Voir Dormants pour bibliographie complète de Jacques Josse, ainsi que sa maison d'édition Wigwam. Il est par ailleurs membre du comité de rédaction de remue.net.

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  • Clairvision

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    Parution : 12 Octobre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nathalie Riera fait ici une entrée remarquée. C'est un livre qui ose la sensualité du langage. La recherche de la beauté est ici avouée, mise en jeu mais il ne faut pas s'y tromper : pour que la parole ne soit pas vaine, en toute lucidité, il s'agirait de construire un lieu où la jouissance définirait le rapport entre les mots et les choses...précaire, certes, mais vivant ! L'érotisme, si rare aujourd'hui qu'on le croirait indésirable dans le poème, devient exploration et connaissance ! L'intérieur des mots rejoint la chair du monde dans un vacillement perpétuel, celui de la lumière aiguë sur l'eau d'une fontaine...http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/

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  • Situation sans évolution semblable

    Christophe Marchand-Kiss

    Parution : 3 Octobre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    On est dans « cette grande ville de l'Est » - pas de nom comme si l'orientation même impliquait un détournement, un retournement des repères. La description de la ville se veut objective, et en même temps celui-celle qui la traverse « n'a pas pris, littéralement, connaissance ». On suit une déambulation giratoire : où les voix intérieures-extérieures semblent abolir les frontières entre soi et la ville - ne forment qu'un « corps » sans accès, fascinant, qui se densifie du vide qui le traverse et l'offre au vent - « corps vent », « corps bourrasque » - c'est-à-dire à la dispersion. Pourtant le texte de Christophe Marchand-Kiss impulse un autre mouvement. Comme pour, au milieu du « marronnasse » du brouillard, permettre d'avancer en équilibre - le corps flottant est à la fois tendu comme un élastique et ramassé sur lui-même comme une bille de verre. Tout est question de vitesse, la bonne vitesse rend possible une perception aiguë de la ville - mais c'est notre monde dont il est question - et des moyens qu'a la poésie (celle, active, que voulait Ponge, et dont Christophe Marchand-Kiss est aujourd'hui un des meilleurs représentants) de le dire. Aussi parce que le réel toujours se rebelle « par dissociation », « par échappement », est-il question de conjurer cette fragmentation, non par une réunification impossible mais par un travail d'agrandissement des détails, comme des photographies dépeintes : rendre le noir et blanc à la nudité du temps, au visage dévisagé de l'Histoire et de la mémoire. Le mouvement du poème en suit les linéaments, les spirales, les courants (pour rendre possible une sortie de soi) dans une giration - et c'est la métaphore de l'écriture qui « va, court, rapide, va aux lisières (...), déborde, revient, vire et tourne (...). Elle ne se répète pas. Elle sabote, se sabote, s'extrait, épurée. Rien n'est oublié. » C'est dire l'ambition du travail de Christophe Marchand-Kiss, et la nécessité d'y aller voir de près !François Rannou(Merci à Anne Kawala pour son aide précieuse !)Quelques liens pour découvrir le travail de Christophe Marchand-Kiss :
    http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=246
    http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020202&id=255
    http://www.inventaire-invention.com/jet-stream/textes/kiss.html
    http://extensionsperfs.free.fr/spip/spip.php?article7
    http://fr-fr.facebook.com/people/Christophe-Marchand-Kiss/1381133396

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  • Pays sous les continents

    Dominique Sorrente

    Parution : 5 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Dominique Sorrente a des fidélités : à son territoire, villes devant la mer, et Marseille principalement. Aux îles qui y sont encloses, qu'elles soient d'Atlantique, en Irlande ou Écosse, ou de Méditerranée, de Patmos à If devant sa fenêtre. Fidélité d'écriture, qui induit qu'on en fasse l'expérience, que l'écriture naisse du voyage.Fidélité aussi à un pays d'écriture, avec les noms tout en premier de Hlderlin ou Bonnefoy, et la rencontre, à 16 ans, d'un des plus fulgurants marcheurs de la poésie de ces dernières décennies, Christian Gabrielle Guez-Ricord départ d'un compagnonnage singulier qui se prolongera jusqu'à la disparition de Guez-Ricord, et aujourd'hui via la défense de l'oeuvre (voir l'entretien qui ouvre Ce que raconte la fabrique et la lettre G de l'abécédaire).Alors une vie s'assemble dans le dialogue constant avec ces lignes de force. Dominique Sorrente a publié des livres (voir ci-dessous), participé à cette vie collective de la poésie, avec les revues Sud ou Autre Sud, et la fondation de son très actif Scriptorium, lieu de partage et lectures, d'expériences où se croisent aussi musiciens ou peintres.Au bout de presque 30 ans de ce chemin, il devient légitime de rassembler ce qui est entre, autour, avec les livres : textes souvent charnières, textes qui croisent l'expérience du livre, mais la redessinent du point de vue de l'atelier, de l'écriture.Sous les mêmes ciels que Char ou Saint-John Perse, Sorrente reprend cette tâche et cette responsabilité de la célébration grave : c'est cette densité, agrandie de mer, qui lui est propre.Pays sous les continents rassemble 15 séquences poétiques rassemblées chronologiquement, et qui disent ce parcours, le renvoient dans l'infinie question qu'on pose sans cesse à écrire, dans son dialogue avec vivre, avec le monde (« Le monde, comme une terre énumérée. »).Et parce que c'est ce questionnement qui compte, et cette instance à nous tous commune, l'écriture qu'on interroge, Dominique Sorrente nous confie en parallèle un autre ensemble : Ce que raconte la fabrique, c'est la parole directe depuis l'atelier. Un long entretien avec Nicolas Rouzet, une lecture de l'oeuvre de Sorrente par Valérie Brantôme [1], enfin sous forme d'abécédaire, une reprise par Dominique Sorrente lui-même de sa démarche, de ce que cherchent chacun de ses livres, ce qui les rejoint et les porte à une part spécifique de l'énigme.Vous pouvez compléter en explorant son site Dominique Sorrente, ainsi que l'expérience ouverte du Scriptorium. On le retrouve aussi sur remue.net.FBUne édition papier de Pays sous les continents va paraître d'ici quelques semaines aux éditions MLD. Comme on l'a fait à plusieursreprises, et parce que développer ces coopérations est un impératif, nous nous ferons un plaisir d'offrir les versions numériques aux acheteurs du livre.Dominique Sorrente a publié :Citadelles et Mers (Sud, 1978)
    L'Apparent de Lumière (Les Heures, 1980)
    Éphémérides (Le Lamparo, 1980)
    La Lampe Allumée sur Patmos (Cheyne,1982)
    Récitatif du Commencement (Cahiers du Confluent, 1984)
    La Combe Obscure (Cheyne, 1985)
    Une Route au Milieu de la Nuit (Froissart, Prix Luc Bérimont, 1985)
    Les Voix de Neige (Cheyne, 1988, Prix Louis Guillaume) Petite Suite des Heures (Cheyne, 1991, Prix Antonin Artaud)
    Une Seule Phrase pour Salzbourg (Cheyne, 1994)
    Aimer la poésie (Cheyne et librairie Compagnie, 1995)
    La Terre Accoisée (Cheyne,1998)
    Paraboles à l'Orient du Coeur (Froissart, 1999)
    Les éveilleurs de similitude (Clapas, 2000)
    Le Petit Livre de Qo ( Cheyne, 2001)
    Mandala des jours (Publibook, 2007)
    Pictodrame « Lettre à une habitante en chemin », co-réalisé avec Daniel Vincent
    et Colette Papilleau (édition multimedia Le Scriptorium 2007 )
    Improviser (Feuille volante, 2009)En bilingue et traduction
    A crayon for the rainbow/ Un crayon pour l'arc-en-ciel (Publibook, 2003)
    Un creion pentru curcubeu, traduction Cornelia Balan Pop (Princeps edit, Roumanie, 2008, Prix Satu Mare)

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  • En avant les

    Armand Dupuy

    Parution : 15 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Il est sens pour publie.net de suivre et poursuivre une oeuvre en train de se faire, ici celle d'Armand Dupuy, dans cette exigence d'une langue brassée, qui dit jours et lieux, souvenirs et cauchemars, trajets et filles. "Je ne bouge pas, je tombe, je vois tomber ma phrase et le vent, la pluie, les parents disparus."
    Après son 9'32 Pollock composés en 2 jours, il creuse encore avec en avant les, là aussi écrit dans la fulgurance de quelques jours, 7 pour être précis. Et pourtant il dit "J'écris lent, toujours", mais c'est-à-dire dans ce peu de langue, ce nu, cette économie de moyens... dans ce taiseux "ainsi le taire s'épuise dans le dire et l'inverse (...) ce qui fait mur et boue claire, dans mon taire, je m'y noie bien profond", mais têtu, indéviable "tout ça, bien sûr, ma phrase et le reste, n'est pas nécessaire, mais je m'entête."Une structure : 8 jours, 2 lieux + trajet, 2 souvenirs, 2 cauchemars, 1 fille, où il y a là comme d'une énergie terrienne, une écriture physique, qui sourde, prégnante, qui est peut-être celle-là même qui fait tant aimer à l'auteur gâcher le béton : "je tournais, c'était ça, vers mon rond, mon béton (...) ma parole répète et mâche."Ecrire comme on marche : "Je parle et c'est la même chose, bien sûr, que d'aller." Et ce travail de langue procède sans doute de cette même énergie, de cette même poussée d'origine. Et de cette balance entre travaux de corps et travaux d'écriture, s'insère ce travail du corps de l'écriture, "mener de front salive et sang", en témoigne probablement cet incipit de Maurice Blanchard : « On ne saurait dire s'il marche avec ses jambes ou bien avec ses pensées. »Grand gâchage (je veux dire mélange) de mots, de parlers, syntaxe reconstruite, ré-émergeante, infusant poétique : "Je vais dans ma pagaille ou mon charabia, je m'enfonce, laissons."C'est un travail qui se développe, émergé il y a peu à notre connaissance, après long temps à l'abri du jour, "J'avais ma vie, d'abord, je n'avais pas ces mots."
    Tout cela à relier évidemment aux autres textes d'Armand Dupuy.Fred Griot

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  • Le silence des chiens

    Jacques Ancet

    Parution : 12 Février 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une phrase, une seule phrase pour contenir ce Silence des chiens de Jacques Ancet. Une longue phrase, déroulée, se dépliant en souffle, en rythme, qui fait que l'on ne se trouve plus devant le texte, mais bien à l'intérieur de lui, pris dans ses pliures, son flux, et porté par son mouvement.C'est un texte, au sens élargi. Il contient les images quotidiennes, les gestes simples et l'invisible pensée qui les porte, résurgences, sensations, interactions, autour de ce "tu" qui avance et veut dire.Ce souffle crescendo et décrescendo emporte.Il nous déplace de l'anodin à l'indicible, du particulier à l'universel avec une facilité déconcertante. Peu importe qu'il n'y ait qu'une seule phrase ou plusieurs, le propos n'est pas celui d'une performance qui serait seulement acrobatique. Il s'agit bien de chair, de sang, d'émotions, d'humanité (ou d'inhumanité) en marche.Silence et bruit, c'est la rumeur du monde qui enfle, parfois au point de prendre toute la place et c'est comme si la phrase elle-même s'assourdissait de rendre compte de ce qu'elle entend, de ce bruit qu'elle doit identifier, désigner, décrire.Ce bruit est comme une basse, un son constant, un acouphène. S'il s'éloigne, il n'est jamais tout à fait loin. Et s'il se cache au milieu des sonorités du monde, l'écriture l'en extrait.C'est le bruit d'une souffrance. Jacques Ancet la cerne, l'encercle de ses mots, avance peu à peu vers elle, rend compte de son écho, avant de plonger à l'intérieur.
    Superbe prose poétique, exploratrice, saisissante et sonore, qui bouleverse. L'écriture duSilence des chiens est un instrument de précision, utilisé pour « parler de l'horreur du dedans ». Ciseau, sonde, pic, la "ligne de mots" de Jacques Ancet est forte, vibrante, et résonne longtemps après qu'on ait fini de la lire... CJ, dans Pages à Pages"Le silence des chiens" est précédé de "Parler la douleur", préface de Jacques Ancet, 2010.

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  • Le silence du monde

    Jean-Philippe Cazier

    Parution : 29 Juin 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pour Jean-Philippe Cazier, l'écriture poétique est d'abord la trace de son expérience.C'est cette expérience qu'il s'agit de fonder, la part volontaire de risque, la part délibérée et intentionnelle du chemin pris, où on scrutera le corps, le mental et le monde et bien sûr pas d'autre outil, pour prendre ici écart et savoir, ou seulement transcrire, que s'appuyer sur le fil extrême de la poésie, de Hlderlin à Celan, par Artaud.Et c'est pour affronter cette limite qu'on recourt aussi à l'arsenal de la pensée-limite (puisque Ghérasim Luca est aussi une des bornes les plus actives de cet univers), et donc la philosophie : elle ne détermine pas l'écriture, elle sous-tend son saut.Nous présentons simultanément trois ensembles de Jean-Philippe Cazier :
    Écrires, précédé de Poémonder a été publié en 2004 par Inventaire/Invention. Poémonder est un texte d'un seul tenant, interrogeant les dettes, provoquant la langue, cherchant à cerner le territoire de l'expérience poétique (en entier dans l'extrait en lecture libre). Écrires est une suite de textes brefs résultant de cette expérience, dans la tension d'entre le mental et le monde phrases interrompues, mises en parenthèses comme d'élision du mouvement même d'écrire... Hommage à Patrick Cahuzac d'avoir pris le premier le risque de cette publication, dont il nous semble important d'assurer la permanence.
    C'est pourtant Joseph K. qui est là, référence à Kafka explicite dès le titre, pourquoi ? C'est le Journal de Kafka qu'on interroge : sa façon obstinée de reprendre l'écriture jour après jour. Et, quand on n'a pas de prise sur le monde, ou sur le récit, qu'on n'a pas visage ou matière, c'est de cette difficulté à écrire qu'on se saisit : Jean-Philippe Cazier s'assigne cette écriture permanente au même point, et s'y mêlent alors les autres strates du Journal de Kafka. On sait qu'une grande partie des personnes qu'il cite, à commencer par ses soeurs, disparaîtront dans la honte d'Auschwitz. Comment l'écriture alors pourrait se déprendre de ce qu'on porte chacun, après Auschwitz, de judaïté ? C'est toute l'étrangeté de ce texte, entre récit, mémoire, expérience d'écriture, et le portrait en filigrane, de plus en plus insistant à mesure qu'on avance, de Franz Kafka.
    Le silence du monde : non plus l'écriture de poésie, mais écriture de ce qu'on lit, travaille, apprend, hérite. Une longue accumulation de très denses fragments sur la poésie et son dehors, sur la voix et le silence, sur l'affrontement du monde et l'absolu de l'écriture. À la fois un bagage théorique qui a valeur d'essai autonome, à la fois une exploration littéraire en soi-même, vers Lévinas ou Blanchot, ou Deleuze...Je remercie de vive façon Jean-Philippe Cazier de nous confier ces trois textes pour une parution simultanée où chacun intervient sur la lecture des deux autres.Passer dès à présent sur son blog, où on trouvera une mine de chemins frontières de la poésie.FBJean-Philippe CazierNé en 1966Etudes de Philosophie.Membre du comité de rédaction de la revue Chimères ; directeur de publication aux Editions Sils Maria. Cf. sur Wikipedia.Par l'intermédiaire de Gilles Deleuze j'ai publié mes 1ers textes dans les revues L'Autre Journal et Chimères. Depuis, publications dans diverses revues (Inventaire/Invention, Chaoïd, Concepts, Inculte, etc.) et ouvrages collectifs (cf. page sur Wikipedia).Publications :
    Voix sans voix, Sils Maria, 2002.
    Ecrires précédé de Poémonder, Inventaire/invention, 2004.
    Désert ce que tu murmures, La Cinquième Roue, 2006. Cdrom : PANOPTIC Un panorama de la poésie contemporaine (textes et lectures publiques de : Pierre Alferi, Jean-Philippe Cazier, Antoine Emaz, J.M. Espitallier, Christophe Fiat, Nathalie Quintane, etc.), Inventaire/Invention, 2004. Une fiction disponible sur le site des éditions Leo Scheer : La ville indienne.Direction d'ouvrages :
    Abécédaire de Pierre Bourdieu, Sils Maria, 2007.
    Abécédaire de Claude Lévi-Strauss, Sils Maria/Vrin, 2008.
    L'objet homosexuel Etudes, constructions, critiques, Sils Maria/Vrin, 2009.Traduction de textes de : Jorge Sanjines, Maria Galindo, Blanca Wiethüchter, Kathy Acker.

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  • C´est pourtant Joseph K. qui est là

    Jean-Philippe Cazier

    Parution : 27 Juin 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pour Jean-Philippe Cazier, l'écriture poétique est d'abord la trace de son expérience.C'est cette expérience qu'il s'agit de fonder, la part volontaire de risque, la part délibérée et intentionnelle du chemin pris, où on scrutera le corps, le mental et le monde et bien sûr pas d'autre outil, pour prendre ici écart et savoir, ou seulement transcrire, que s'appuyer sur le fil extrême de la poésie, de Hlderlin à Celan, par Artaud.Et c'est pour affronter cette limite qu'on recourt aussi à l'arsenal de la pensée-limite (puisque Ghérasim Luca est aussi une des bornes les plus actives de cet univers), et donc la philosophie : elle ne détermine pas l'écriture, elle sous-tend son saut.Nous présentons simultanément trois ensembles de Jean-Philippe Cazier :
    Écrires, précédé de Poémonder a été publié en 2004 par Inventaire/Invention. Poémonder est un texte d'un seul tenant, interrogeant les dettes, provoquant la langue, cherchant à cerner le territoire de l'expérience poétique (en entier dans l'extrait en lecture libre). Écrires est une suite de textes brefs résultant de cette expérience, dans la tension d'entre le mental et le monde phrases interrompues, mises en parenthèses comme d'élision du mouvement même d'écrire... Hommage à Patrick Cahuzac d'avoir pris le premier le risque de cette publication, dont il nous semble important d'assurer la permanence.
    C'est pourtant Joseph K. qui est là, référence à Kafka explicite dès le titre, pourquoi ? C'est le Journal de Kafka qu'on interroge : sa façon obstinée de reprendre l'écriture jour après jour. Et, quand on n'a pas de prise sur le monde, ou sur le récit, qu'on n'a pas visage ou matière, c'est de cette difficulté à écrire qu'on se saisit : Jean-Philippe Cazier s'assigne cette écriture permanente au même point, et s'y mêlent alors les autres strates du Journal de Kafka. On sait qu'une grande partie des personnes qu'il cite, à commencer par ses soeurs, disparaîtront dans la honte d'Auschwitz. Comment l'écriture alors pourrait se déprendre de ce qu'on porte chacun, après Auschwitz, de judaïté ? C'est toute l'étrangeté de ce texte, entre récit, mémoire, expérience d'écriture, et le portrait en filigrane, de plus en plus insistant à mesure qu'on avance, de Franz Kafka.
    Le silence du monde : non plus l'écriture de poésie, mais écriture de ce qu'on lit, travaille, apprend, hérite. Une longue accumulation de très denses fragments sur la poésie et son dehors, sur la voix et le silence, sur l'affrontement du monde et l'absolu de l'écriture. À la fois un bagage théorique qui a valeur d'essai autonome, à la fois une exploration littéraire en soi-même, vers Lévinas ou Blanchot, ou Deleuze...Je remercie de vive façon Jean-Philippe Cazier de nous confier ces trois textes pour une parution simultanée où chacun intervient sur la lecture des deux autres.Passer dès à présent sur son blog, où on trouvera une mine de chemins frontières de la poésie.FBJean-Philippe CazierNé en 1966Etudes de Philosophie.Membre du comité de rédaction de la revue Chimères ; directeur de publication aux Editions Sils Maria. Cf. sur Wikipedia.Par l'intermédiaire de Gilles Deleuze j'ai publié mes 1ers textes dans les revues L'Autre Journal et Chimères. Depuis, publications dans diverses revues (Inventaire/Invention, Chaoïd, Concepts, Inculte, etc.) et ouvrages collectifs (cf. page sur Wikipedia).Publications :
    Voix sans voix, Sils Maria, 2002.
    Ecrires précédé de Poémonder, Inventaire/invention, 2004.
    Désert ce que tu murmures, La Cinquième Roue, 2006. Cdrom : PANOPTIC Un panorama de la poésie contemporaine (textes et lectures publiques de : Pierre Alferi, Jean-Philippe Cazier, Antoine Emaz, J.M. Espitallier, Christophe Fiat, Nathalie Quintane, etc.), Inventaire/Invention, 2004. Une fiction disponible sur le site des éditions Leo Scheer : La ville indienne.Direction d'ouvrages :
    Abécédaire de Pierre Bourdieu, Sils Maria, 2007.
    Abécédaire de Claude Lévi-Strauss, Sils Maria/Vrin, 2008.
    L'objet homosexuel Etudes, constructions, critiques, Sils Maria/Vrin, 2009.Traduction de textes de : Jorge Sanjines, Maria Galindo, Blanca Wiethüchter, Kathy Acker.

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  • Ecrires, précédé de Poémonder

    Jean-Philippe Cazier

    Parution : 27 Juin 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Pour Jean-Philippe Cazier, l'écriture poétique est d'abord la trace de son expérience.C'est cette expérience qu'il s'agit de fonder, la part volontaire de risque, la part délibérée et intentionnelle du chemin pris, où on scrutera le corps, le mental et le monde et bien sûr pas d'autre outil, pour prendre ici écart et savoir, ou seulement transcrire, que s'appuyer sur le fil extrême de la poésie, de Hlderlin à Celan, par Artaud.Et c'est pour affronter cette limite qu'on recourt aussi à l'arsenal de la pensée-limite (puisque Ghérasim Luca est aussi une des bornes les plus actives de cet univers), et donc la philosophie : elle ne détermine pas l'écriture, elle sous-tend son saut.Nous présentons simultanément trois ensembles de Jean-Philippe Cazier :
    Écrires, précédé de Poémonder a été publié en 2004 par Inventaire/Invention. Poémonder est un texte d'un seul tenant, interrogeant les dettes, provoquant la langue, cherchant à cerner le territoire de l'expérience poétique (en entier dans l'extrait en lecture libre). Écrires est une suite de textes brefs résultant de cette expérience, dans la tension d'entre le mental et le monde phrases interrompues, mises en parenthèses comme d'élision du mouvement même d'écrire... Hommage à Patrick Cahuzac d'avoir pris le premier le risque de cette publication, dont il nous semble important d'assurer la permanence.
    C'est pourtant Joseph K. qui est là, référence à Kafka explicite dès le titre, pourquoi ? C'est le Journal de Kafka qu'on interroge : sa façon obstinée de reprendre l'écriture jour après jour. Et, quand on n'a pas de prise sur le monde, ou sur le récit, qu'on n'a pas visage ou matière, c'est de cette difficulté à écrire qu'on se saisit : Jean-Philippe Cazier s'assigne cette écriture permanente au même point, et s'y mêlent alors les autres strates du Journal de Kafka. On sait qu'une grande partie des personnes qu'il cite, à commencer par ses soeurs, disparaîtront dans la honte d'Auschwitz. Comment l'écriture alors pourrait se déprendre de ce qu'on porte chacun, après Auschwitz, de judaïté ? C'est toute l'étrangeté de ce texte, entre récit, mémoire, expérience d'écriture, et le portrait en filigrane, de plus en plus insistant à mesure qu'on avance, de Franz Kafka.
    Le silence du monde : non plus l'écriture de poésie, mais écriture de ce qu'on lit, travaille, apprend, hérite. Une longue accumulation de très denses fragments sur la poésie et son dehors, sur la voix et le silence, sur l'affrontement du monde et l'absolu de l'écriture. À la fois un bagage théorique qui a valeur d'essai autonome, à la fois une exploration littéraire en soi-même, vers Lévinas ou Blanchot, ou Deleuze...Je remercie de vive façon Jean-Philippe Cazier de nous confier ces trois textes pour une parution simultanée où chacun intervient sur la lecture des deux autres.Passer dès à présent sur son blog, où on trouvera une mine de chemins frontières de la poésie.FBJean-Philippe CazierNé en 1966Etudes de Philosophie.Membre du comité de rédaction de la revue Chimères ; directeur de publication aux Editions Sils Maria. Cf. sur Wikipedia.Par l'intermédiaire de Gilles Deleuze j'ai publié mes 1ers textes dans les revues L'Autre Journal et Chimères. Depuis, publications dans diverses revues (Inventaire/Invention, Chaoïd, Concepts, Inculte, etc.) et ouvrages collectifs (cf. page sur Wikipedia).Publications :
    Voix sans voix, Sils Maria, 2002.
    Ecrires précédé de Poémonder, Inventaire/invention, 2004.
    Désert ce que tu murmures, La Cinquième Roue, 2006. Cdrom : PANOPTIC Un panorama de la poésie contemporaine (textes et lectures publiques de : Pierre Alferi, Jean-Philippe Cazier, Antoine Emaz, J.M. Espitallier, Christophe Fiat, Nathalie Quintane, etc.), Inventaire/Invention, 2004. Une fiction disponible sur le site des éditions Leo Scheer : La ville indienne.Direction d'ouvrages :
    Abécédaire de Pierre Bourdieu, Sils Maria, 2007.
    Abécédaire de Claude Lévi-Strauss, Sils Maria/Vrin, 2008.
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  • Ce n´est que le début

    Emmanuel Adely

    Parution : 1 Juin 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Ce n'est que le début. Ce n'est que le soleil.Balbutiement, bégaiement du début... et comment peu à peu ça se met en branle, comment la parole démarre, et comment peu à peu la langue s'échauffe, tourne, roule, déroule... comme langage parlé, les pensées discursives échouent, se suivent, se font, se défont, tel les vagues, dans le silence de tête... commentCette tentative, cette entame « juste pour voir c'est pour comprendre comment ça marche la vie »... Génèse ?Cette avancée, progressive, ce glissement « ce n'est que par rapport à par rapport à par rapport aux mots ce n'est que ça le soleil ce n'est que ça la chaleur l'amour la vie ce n'est que ça »... ce glissement de la parole balbutiante à ce qui la "chauffe", la réchauffe, à ce qu'elle porte de tendresse, à ce que la tendresse porte en elle de mots« les bras de l'autre »Et puis soudain, au détour, dans l'avancée, « il y a un moment où on peut atteindre les choses », et l'on y entend Tarkos (in Processe - éd. Ulysse fin de siècle)« Il existe un moment où tu es là à réfléchir. Des choses prennent un peu de la lumière, comme les pages, pour être visibles. Les choses visibles se baladent, depuis longtemps ; elles tombent en cascades. Elles se reposent. Elles ont pris un peu de lumière, depuis se promènent, il existe un moment où tu es là à réfléchir au milieu des choses qui, d'avoir pris un peu de lumière, sont visibles. Elles tombaient en été. Elles traversent l'hiver, elles pleuvent, elles continuent à pleuvoir. Elles sont comme de petites images. Il existe un moment où tu penses aux petites images qui se baladent sans tristesse. Il existe un moment où tu es, les images autour, en train de penser les choses ont un sens, et tu te promènes. »Poème qui nous a nous aussi profondément marqué, car il y a dans cette parole qui capte, qui sent, qui éprouve, ce moment où l'on atteint, touche. Où l'on voit.Ce n'est que le début a été édité une première fois pas par Inventaire/Invention.Emmanuel Adely (son site) est né en 1962. Il a publié, notamment, Les Cintres (Minuit, 1993), Dix-sept Fragments de désir (Fata Morgana, 1999), Agar-agar (Stock, 1999), Jeanne, Jeanne, Jeanne (Stock, 2000), Fanfare (Stock, 2002), Mad about the boy (Joëlle Losfeld, 2003), Mon amour (Joëlle Losfeld, 2005), j'achète et édition limitée (Inventaire/Invention, 2007), Genèse (Seuil, 2008), Cinq suites pour violence sexuelle et Sommes (Argol, 2008).bio/biblio complète sur son site.Ecoutez aussi Adely, dans cet entretien vidéo. Il nous parle de son écriture, de Duras, de Thomas Bernhard, de ponctuation... ça s'écoute facile, profond.

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  • C´est encore l´hiver

    Eric Dubois

    Parution : 2 Mars 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La plus grande difficulté de la poésie est de se risquer dans les zones très simples de notre contact au monde - et que la tension des mots, le sentiment de présence du réel, de la ville même dans ses signes les plus contemporains, recréent au lieu même de cette présence une respiration, un écart. On l'entend, étrangement, dans les poèmes que Rilke a écrit directement en français.« J'ai écrit ces textes pendant l'hiver 2008-2009 les yeux à la fois sur l'écran de mon ordinateur et sur ce que ma fenêtre donnait à voir ou à sentir : pluie, gel, neige, brume, froid, humidité, chaleur du cocon, arbres décharnés, incertitude des sentiments, rigidité des comportements, fuite du temps, mélancolie, attente, désespoir, état dépressif.. Et j'ai préféré la forme du distique mais à la syntaxe brisée pour une lecture plus lente et plus attentive. »Ces distiques donnent l'élan, l'immobilité nécessaire à cette lecture où il nous semble tout reconnaître.FB

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  • Tendre les liens

    Virginie Poitrasson

    Parution : 5 Février 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Je ne connaissais pas Virginie Poitrasson, avant de découvrir son travail par son blog.
    Écrivain, traductrice de poésie contemporaine américaine (Michael Palmer, Lyn Hejinian, Charles Bernstein...), éditrice, plasticienne, tout cela associé à de fréquentes publications en revues et la réalisation de non moins nombreuses performances, souvent avec danse et vidéo.J'ai d'abord découvert tout de suite un équilibre, d'espace blanc et de signaux noirs... un subtil jeu trait-texte... et équilibre d'une phrase "sur la ligne"... entre transparence de la voix et insistance d'une langue...
    « Les lignes, les lignes, comme des rayures sur la peau, des mots distendus relançant la blancheur des propos. Une fonte des neiges en bouche (...) »Et puis ce texte la pluie, qui m'a touché, impacté, tout en douceur, avec interactions de ces quelques traits, comme écriture eux aussi, signes et signaux, aériens. Qui sont comme une équivalence d'une langue écrite, en légèreté, poèmes en soi.
    Est dit d'ailleurs « l'ombre a achevé son travail de dissolution, le frôlement reprend, le velouté réagit à nouveau aux ondes de lumière, il émane de l'air, les fuseaux passant au travers constamment et c'est cette insécurité quotidienne de l'éclaircie, une part du ciel qui s'empare de la main, un certain déliement de la langue en vertu des actes prismatiques. Dans cette trouée irisée, une force grandit : y demeurer plus longtemps. Vers les miroitements. »
    Et puis, avant : « Comme la pluie, comme la pluie. Être dans les courbes de la langue. »
    Me rappelle cette phrase de Duras « comme on marche dans la ville, sous la pluie, écrire sans s'arrêter, sans trop penser. »Il s'est imposé alors que cette série Tendre les liens devait être donnée à lire, sous une forme plus rassemblée, moins parcellaire peut-être que sous la forme de blog. D'où sans doute la pertinence de ce travail d'édition numérique, qui permet de rassembler un corpus poétique en un immatériel objet.fred griot

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  • 9´32 Pollock

    Armand Dupuy

    Parution : 21 Janvier 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Présentation sous forme de cut-up d'échanges de mails avec l'auteur :Ecrit en 2 jours (16 / 17 novembre 2008)
    Pollock est debout.
    Obsession terrible. Notes notes notes notes pendant deux jours. Au final j'étais minable. La loco : pollock, pollock, pollock.
    Fallu aller au bout pour taire.Alors voilà j'ai essayé froidement, et à peine déjà au bout de 2, 3 pages, j'étais ému à nouveau, comme lors de la première lecture. Quelque chose du geste magique, un geste lâché ?
    Bien sûr c'est Pollock, et pour moi ça cause, mais je ne cherche pas à comprendre : ça me touche, pas grand chose d'autres à en dire.
    Rares sont les livres que je lis d'une traite, mais là j'y suis allé jusqu'au bout, facilement, porté.
    Par exemple, la page, centrale,
    Et c'est versant sa grolle que Pollock se révèle. C'est stupide. Le geste de verser verse Pollock. En versant sa grolle, toute l'usure de sa grolle, Pollock se verse dans mes yeux, c'est simple.C'est Pollock et ce n'est pas tout à fait Pollock...c'est au-delà ou en deçà, dans un dedans de langue qui s'ivre.
    "Pollock", et ce mot se remplit, puis se vide, se pollock encore et bien plus, perd substance comme mot infiniment répété en se remplissant.
    Des sortes de petites "fictions" : soixante-sept."Fictions" car Pollock c'est aussi la somme de toutes les figures qu'il laisse passer par sa figure. Aussi parce que fiction, c'est ce qu'on a de plus vrai, de plus intime et qui nous échappe tout à fait. Pollock est venu foutre un coup de pied dans ce tas-là.
    La fiction, nous n'avons que ça de vie. Nous vivons dans un tissu de scénarios complexes. Des histoires qu'on se raconte, projets, fantasmes, etc. De toute façon, dès qu'on ouvre la bouche, on passe dans la fiction. Voilà, je crois que j'ai pigé pourquoi pendant très très longtemps je n'ai pas parlé. Je ne pouvais pas supporter ce passage.Armand Dupuy, une langue souvent dans la peinture, compagnonnage qui semble dater, voir par exemples son dehors / hors de / horde et son Distances. A rapprocher d'ailleurs, même époque et même mouvement peut-être, du Robert Frank de De Jonckheere ?
    9'32 c'est la durée du film de Namuth en 1951 dans lequel on voit Pollock peindre avec les gestes, et l'énergie, courbé, la tension sur les grands formats au sol, dehors, ou dans les autres films, dans la grange.
    Mais sans tout révéler, c'est aussi le film dans lequel on voit Pollock qui verse sa grolle et de laquelle grolle tombe un truc. Grosse pièce de monnaie ? Ou bout de ferraille ronde qui tourne au sol ou peut-être une toupie, un tournevis, une clé de 12, sa montre à gousset, le capuchon de la caméra de Namuth (on n'arrivait pas à remettre la main dessus), un bouchon d'un petit pot de confiture... un petit bouchon d'un petit pot d'acrylique bon marché pour peintre en bâtiment du dimanche ?Pollock, 1947 : On the floor I am more at ease, I feel nearer, more a part of the painting, since this way I can walk around in it, work from the four sides and be literally in the painting.Armand Dupuy ne l'a pas inventé.Juste ce truc obsédant. C'est là que Pollock est venu faire le boulot.Là le noeud minuscule, l'impulse qui a emmené sur le glissoir d'écrire. Deux jours non stop...
    Allez on écoute, on laisse couler, on prend le temps de laisser "écouler" ce mouvement là. Celui de Pollock ?fred griot

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