Publie.net

  • C'est

    Michel Brosseau

    Parution : 24 Septembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'écriture de la série s'est effectuée après lecture du C'était, de Joachim Séné, paru initialement pendant un an sur le blog d'écriture collaborative Le convoi des glossolales, puis repris sous forme d'ouvrage papier aux éditions publie.net. Reprise de la même contrainte formelle, une série d'observations démarrant par une même formule, et concernant le travail, publiées au fil des semaines sur mon site, sans périodicité définie. Le chantier s'est poursuivi pendant presque deux années scolaires, alimenté de réflexions désordonnées et d'images qui se proposaient sur le quotidien du métier d'enseignant. La transcription d'une expérience, d'un vécu au travail.- Michel Brosseau

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  • Caravaggio, le dernier jour

    Bona Mangangu

    Parution : 13 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Écrire, donner du sens, dire sa vie et la raconter, pour savoir, soi, ce qu'on a vécu, pour comprendre le sens de son passage dans le monde coloré et mouvementé, impétueux aussi, pour saisir en soi et dans les autres l'humanité, pour écouter le son qu'elle rend quand elle est parvenue aussi loin qu'il est possible dans l'existence. Seul le récit qu'on en fait permettra de reculer d'un pas, et de comprendre, et de transmettre sa compréhension. Caravaggio est parvenu à ce qu'il est convenu d'appeler le soir de sa vie ; ce soir déploie ses ombres et ses clairs-obscurs, ses derniers éclats de lumière aussi dans le texte. Il s'est placé dans un étrange lieu d'où parler, d'où s'adresser aux hommes, lui qui bientôt ne sera plus de ce monde. Il n'est pas tout à fait dans un autre monde, il est sur le seuil de ce monde. Tel, quand on est sur le départ, on se retourne une dernière fois et on ajoute quelques phrases encore. Il nous dit ce qu'il lui est essentiel de livrer sur son art, sur le lien intime entre lui et le monde, par quoi la singularité d'un artiste est universelle. Car en elle, humanité et création s'entrelacent et tissent un lien profond avec le monde complexe dans lequel nous sommes tous. Son regard est déjà fixé au loin mais il discerne encore des détails qui rendent toute la scène intensément vivante. Bona Mangangu tient cette note tout au long du livre, dans un monologue essentiel et d'un seul souffle. Comme chanté.Isabelle Pariente-Butterlin

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  • La partie

    Jean-Pierre Suaudeau

    Parution : 30 Juin 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le ballon rond en littérature... peut-être que la meilleure manière de regarder un match c'est encore de le lire !Qu'est-ce qui traverse l'esprit d'un joueur de football quand il est sur le terrain ou dans les vestiaires ? Quand il loupe, quand il réussit, quand il a froid, quand il court, quand il se bat ? C'est ce que Jean-Pierre Suaudeau explore en six parties : approche, échauffement, première mi-temps, mi-temps, deuxième mi-temps, fin de partie, le tout pour une lecture d'1h30 environ, soit la durée d'un match (vous voyez comme il a bien pensé les choses). Une équipe de football comme un régiment qui part en guerre, dans le froid et dans la boue : c'est bien plus que taper dans un ballon, et les combattants qui attendent chaque semaine le nouveau coup de sifflet de l'arbitre, ne le font finalement peut-être pas pour la victoire mais pour la bataille...

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  • MacGuffin

    Anne-Sophie Barreau

    Parution : 25 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le principe du MacGuffin, élément moteur qui fait avancer une histoire en entraînant les personnages dans ses péripéties, presque toujours un objet, généralement mystérieux, date des débuts du cinéma, mais l'expression est le plus souvent associée au cinéaste Alfred Hitchcock. Dans le livre d'Anne­-Sophie Barreau, cet objet est un téléphone, son iPhone perdu à San Francisco, le jour de son anniversaire, lors d'un voyage effectué avec son compagnon en Californie.Qu'est­-ce que l'on perd au juste quand on égare son téléphone portable ? Des images, des souvenirs, des contacts ? Les souvenirs refont surface peu à peu dans le désordre du surgissement des images, le labyrinthe qu'elles décrivent en nous, en même temps que certaines disparaissent à jamais. L'auteur se rappelle des photographies qu'elle n'a pas prises. Le livre s'apparente alors à une enquête en forme de quête, permettant à l'auteur de sauver certaines images de son voyage faisant apparaître en creux des souvenirs plus lointains, enfouis, comme révélés par les images perdues, disparues, ravies, et d'assembler ainsi, dans ce périple à travers l'Amérique et de son parcours personnel, ce qui est au fond le propre de toute histoire, un tissu rapiécé, un pêle-mêle.Odradek est un nom inventé par Kafka dans sa nouvelle inachevée « Le souci du père de famille ». Objet de toutes les interprétations et les détournements imaginaires possibles, il est à la fois une poupée et un prodige tombé du ciel, une mécanique de l'horreur et une étoile, une figure du disparate et un microcosme ; en somme, le modèle réduit de toutes les ambiguïtés d'échelle de l'imaginaire. Ce livre d'Anne­-Sophie Barreau est une fiction sur le pouvoir de l'image, l'imaginaire des voyages, la versatilité de notre mémoire à l'ère du numérique et la capacité de l'art à nous permettre de retenir le temps. Comme l'Odradek, MacGuffin est la forme que prennent les choses oubliées.MacGuffin existe aussi sur le web...

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  • Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après

    Laurent Grisel

    Parution : 7 Mai 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « Le 22 juillet, un groupe de 20 inconnus a ouvert le feu avec des armes de gros calibre contre les installations de Radio Universidad. La radio universitaire, gérée par le mouvement, est devenue un formidable instrument d'information et de mobilisation sociale. Le même jour, plusieurs inconnus ont jeté des cocktails Molotov contre la maison de Enrique Rueda Pacheco, secrétaire général [du syndicat des instituteurs en grève]. Quelques jours plus tard, des cocktails Molotov ont été lancés contre le domicile de Alejandro Cruz, dirigeant des Organisations indiennes pour les droits humains (Organizaciones Indias por los Derechos Humanos). »Tout a commencé par une grève des instituteurs pour des augmentations de salaire.Avec ce premier tome d'un journal tenu au jour le jour depuis le 5 janvier 2006, Laurent Grisel explore ces années noires de crise planétaire. Se confrontant aux sources les plus diverses, presse internationale, agences financières, fils d'information des associations de solidarité, blogues, publications de chercheurs indépendants, il trie et décrypte le flot continu des nouvelles désorientantes.Politiques d'extrême droite non dissimulées, crimes de guerre, licenciements massifs et manipulations financières, brouillages sémantiques, c'est par un subtil entrelacement des causes et conséquences qu'il explore et éclaire peu à peu le changement de civilisation en cours, dans toutes ses dimensions. Ses analyses combattent mot à mot la propagande qui assourdit, qui martèle ces discours pourtant usés. À ses côtés, on envisage les ressorts des affrontements en cours, des attaques contre notre existence même, et l'affirmation de nos vies en est d'autant plus forte.Un ouvrage d'une clarté remarquable. Un livre d'écrivain, assurément.

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  • Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après t.2 ; 2007

    Laurent Grisel

    Parution : 30 Novembre 2016 - Entrée pnb : 1 Décembre 2016


    « Ce qui est aigu, dans le moment que nous vivons (...), c'est la conjonction de trois crises : financière, écologique, géopolitique. »

    Entamé début 2006, dans un deuxième tome qui peut tout aussi bien être lu indépendamment du précédent, le journal de Laurent Grisel nous fait entendre le bruit sourd des faillites et des férocités qui annoncent et préparent ce que les médias nommeront « la crise de 2008 ». Très documenté, toujours limpide malgré la complexité des mécanismes qu'il décrypte, le Journal déjoue les manipulations médiatiques à l'oeuvre dans les discours politiques et économiques qui continuent d'avoir cours aujourd'hui. Banqueroutes, mais aussi élection d'un président d'extrême droite en France, découverte de l'ampleur de l'économie invisible (celle des produits dérivés et de la spéculation) et de son emprise sur l'économie visible, assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan, luttes et désespoirs ouvriers, conséquences des dérèglements climatiques sur la vie humaine et non humaine, autant de fils qui sont suivis et noués au cours de cette année charnière. L'écriture du journal, fine, régulière, dont l'objet n'est rien de moins que la compréhension d'un monde en fusion, recèle des moments plus sereins de vie personnelle : voyage au Japon, notes prises le long de l'écriture de livres en gestation, parmi lesquels le Journal lui-même dont l'architecture commence à prendre forme. Un geste politique, sensible, littéraire et citoyen.

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  • Magma

    Lionel-Edouard Martin

    Parution : 12 Janvier 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Lionel-Édouard Martin est très précis: c'est le 25 mai 2012, à 8 heures, dans un café, que lui vient cette phrase. "Touts les villes se ressemblent, oui, de plaine ou de montagne, construites à l'aplomb du magma qui palpite, profond, dans le coeur de la terre."
    Alors c'est un martèlement de question. Et celui qu'on connaît principalement comme poète ouvre (mais c'est oeuvre encore de poète) un charroi violent et dur, qui va les questionner toutes, les villes parcourues, et la langue qui les dit, et les mots qu'on y a mis. Alors c'est la langue qu'on creuse, et soi-même - ses tentatives d'écriture, et le travail même d'écrire. Et les visages qui vinrent auprès, et sa langue, la langue d'elle.
    Un texte foisonnant aussi, où on traverse les heures, où on ramasse ce qui traîne, les livres, les verres vides et l'Aspirine. Et l'enquête, à mesure qu'elle cherche l'épreuve - ou la chaleur, la secousse et ce qui tremble - du "magma" tout au fond va elle-même devenir comme liquide et proche de l'explosion, croiser les morts, avant de retrouver d'autres villes et maisons, et enfances - juste une beauté plus nue de la langue que, nous lecteurs, traverserons comme un roman, un monde d'histoires qui pourraient aussi bien être les nôtres.
    Ajouter que le poète latin Catulle fait partie du voyage, et que la mer sera toujours là vers où ici on va.
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    Lionel-Édouard Martin est né en 1956 dans la Vienne. Nombreux et longs séjours hors de France. Son site lionel-edouard-martin.net.

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  • Nous aurions dormi vingt ans

    Béatrice Rilos

    Parution : 17 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    À moins de 30 ans, Béatrice RIlos est une auteure confirmée : après "On fera silence" au Seuil en 2008, puis "Is this love" sur aux éditions Le mot et le reste, plusieurs publications numériques, et sans cesser un travail plastique commencé sous les auspices de Christian Boltanski et Paul-Armand Gette, elle doit affronter la mort annoncée et brutale de sa mère. J'en parle aussi crûment, parce que la mère de l'auteur était loin d'avoir mon propre âge, et je sais que l'auteur, à ce moment-là, payait son toit et son pain en travaillant de nuit dans un centre d'appel téléphonique pour personnes en détresse. Et cela n'a rien à voir avec l'écriture. Le deuil est personnel, le deuil se tait. Seulement, dans cette trouée du noir absolu, une suite de textes magnifiques et déchirants est venue s'inscrire sur le site de Béatrice Rilos : elle les appelle des rêves éveillés, ce sont plutôt des sculptures, ou des lames aiguisées. Rien qui fasse écho à la situation biographique, mais écrit tout entier vers l'absente et pour elle. Des textes que Béatrice Rilos date par années, et envoie comme à distance résonner dans ce qui est désormais un passé définitif. Elle dit : "Faire de mes souvenirs des rêves éveillés pour celle qui ne dort plus. Celle qui ne dort plus c'est ma mère, celle qui ne vit plus. Trouver en ces rêves la force et le courage de se projeter dans l'avenir. Ces vingt années avec elle, celles qui restent encore à vivre sans elle. Reconstituer une chronologie, les années charnières. Y trouver le réconfort de sa présence. Faire face aux années à venir. Ce souvenir donc d'un passé cristallisé, le réactiver par l'absence." Les photographies qui accompagnent le texte sont celles qu'a choisies Béatrice Rilos.
    François Bon, publie.net

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  • Une ville vide

    Ellingsen-B

    Parution : 6 Mai 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une ville du nord, entre la montagne et la mer. Une ville moderne, avec ses autoroutes, ses usines et ses bureaux open-space, ses lieux de loisirs et aussi ses cimetières et ses ruines.
    Le narrateur appartient à cette communauté répartie tout autour du monde, dans des villes semblables, avec au moins un parent venu de l'Asie, à la génération précédente. Les jeux vidéo, l'Internet, mais aussi le fitness ou les voyages les font disparaître dans l'anonymat de tant de gens comme eux.
    C'est ce qu'a décidé de rompre le narrateur: une brusque démission de son travail, et le voilà qui doit remplacer le temps contraint et réglé par une aventure à la rencontre de soi-même.
    Berit Ellingsen est norvégienne, mais écrit directement en anglais et a publié aux USA l'an dernier ce premier roman, "The Empty City", qui ne peut laisser aucun de nous indifférent. "Une exploration du silence", avait-elle choisi pour sous-titre: 76 fragments qui sont chacun une aventure intérieure, dans et par les figures de la ville, une ville qui pourrait être la nôtre, si ce n'étaient ces ciels des pays du nord.
    Traduction: François Bon.

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  • We are under attack

    Frédéric Dumond

    Parution : 28 Avril 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Frédéric Dumond | We are under attackCela commencerait (ou presque) ainsi :le monde est sale
    tous les jours
    le monde est sale dangereux laidaujourd'hui
    le monde est encore plus laid, encore plus sale
    tellement sale tellement laid
    et, demain, le monde est encore plus sale
    encore plusc'est terrible
    c'est terrifiant
    c'est horribleon ne peut pas y échapper
    on ne doit pas y échapper
    il ne faut pas l'oublier
    on n'a pas le droit
    on n'a pas le droit
    le monde est méchant méchant
    le monde est laid
    on n'a pas le droit de l'oublier
    jamaisC'est probablement dit très vite, les occurrences reviennent par série, un changement impalpable, mais chaque thème vient à son tour émerger sans casser le flux rythmique :ce qui arrive est terrible
    ce qui arrive c'est terrifiant
    partout, tout autour
    c'est comme ça
    c'est ce qui arrive
    c'est terrible
    on n'a pas le choix
    il faut changer d'homme, de femme, de chien
    de vêtements, de lunettes
    bien sûr
    on n'a aucun choix
    on ne peut rien y faire
    rien y faire
    non, rien
    évidemment, il n'y a rien à faire
    rienon ne peut pas y échapper
    on ne peut pas
    c'est comme ça
    comme ça
    il faut bouger, bouger
    on n'y échappe pas
    il n'y a rien à faire
    rien d'autre
    rien du tout
    we are under attackemergency response
    move
    move
    bougeC'est la qualité concrète qui détermine la prise du texte sur le monde. Dans cette énergie, ce qui en lui nous parasite s'éloigne un instant à distance, presque par l'incantation. Alors cette insolence est salutaire. On dirait presque : hygiénique. Dans la masse de ce qui pèse, comme dans le fameux je rame de Michaux, c'est de nommer qui peut se charger du pouvoir d'éloigner.C'est la force de ces formes brèves qui sont déjà les pages les plus visitées de ce site : on peut essayer, se donner le plaisir de crier un bon coup, de boxer si on veut.Mais c'est sans doute plus au fond aussi : ils sont nombreux, les auteurs de la génération de Frédéric Dumond, à travailler dans ces formes où la performance orale, les lois scéniques conditionnent la forme. Qui requiert la profération, la prise de parole, mais lui permettent l'adresse, la renverse sur le monde. J'aurais un stage théâtre à mener, je leur donnerais ce texte et on irait le donner dans une galerie commerciale, un samedi après-midi.Je souhaite que ce site, publie.net, témoigne de la santé de cette langue d'aujourd'hui, et qu'elle ne craint pas le vieux monde. Qu'elle s'en moque. Qu'elle en jongle.Voici donc quarante pages de Frédéric Dumond, une seule variation, avec temps fort. Et que ça fait du bien à l'ensemble des autres textes, ça nous détermine un terrain.FBUn autre texte de Frédéric Dumond sur publie.net : Ad hominem. On trouvera sur cette page des précisions supplémentaires sur l'auteur et son parcours, avec liens.sur we are under attack
    Ce texte a été créé au Quai, à Angers, en novembre 2007 pour Doggy Bag, spectacle de cirque contemporain, monté par la compagnie Non Nova de Philippe Ménard (dans une coproduction Le Quai Angers, et le CRAC Cherbourg-Octeville)description salutaire du monde vrai2008-04-28résumé court de l'ouvragepublienet_DUMOND01publie.net

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  • Le cahier de transmissions

    Martin Winckler

    Parution : 19 Septembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015



    Martin Winckler s'en explique dans le préambule : dès l'adolescence, il est un lecteur passionné de science-fiction et de nouvelles. Et l'année qu'il passe aux USA juste après son bac l'ancre encore plus dans cette idée : la nouvelle, c'est l'atelier de l'écrivain.


    « Les nouvelles y sont indispensables à l'écrivain de fiction, tout comme les formes courtes pour le compositeur, et les petits formats pour le peintre. Ne pas en écrire (et ne pas en lire) n'est pas seulement une faute de goût, c'est quasiment une faute professionnelle... » nous prévient-il.


    C'est ce plaisir, y compris dans sa dimension virtuose, qu'on ressent chez Winckler nouvelliste. La même complexité, le même regard, la même force à se saisir de son prochain par le corps et l'âme, que dans ses romans - qu'on repense à l'âpre « Vacation » des débuts, ou à cette magnifique épopée du médecin généraliste qu'est « La maladie de Sachs ».


    Pour Martin Winckler, l'écriture de la nouvelle c'est se jeter dans un genre, ceux qui vous secouent ou vous attirent le plus en tant que lecteur, la science-fiction, les vieux Conan Doyle. Mais c'est une manière aussi d'ouvrir les pans secrets de la biographie : « Les recettes d'Auschwitz » sont explicitement dédiées à une tante qui y a disparu, et avec « Le cahier de transmissions » qui donne son titre au livre, on retrouve en transparence le portrait du père, le secret des livres, des premières écritures, et de la bibliothèque.


    Maintenant, y a-t-il un Winckler médecin et romancier, et un Winckler nouvelliste qui prend distance ? Les cinq récits présentés ici sont liés en profondeur à la veine la plus centrale de son engagement. L'euthanasie : alors imaginons qu'Holmes demande à Watson de lui donner la mort. L'avortement : et si on reprenait le thème du Petit Poucet, l'enfant volontairement perdu, mais dans les rudes labyrinthes urbains du présent. La médecine et la vie : résonnera longtemps, pour celui qui l'a accompli, la vie qu'on suspend au bout d'un coma, quand c'est au proche qu'on demande de « débrancher ».


    En même temps que paraît aux éditions POL, ce mois d'octobre 2012, « En souvenir d'André », l'invitation de Martin Winckler à visiter son atelier d'écrivain, médecin, raconteur.


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  • Cantique de la paranoïa

    Daniel Bourrion

    Parution : 5 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]
    Caméras de vidéo-surveillance partout, et tellement de choses bizarres : se méfier de qui vous offre à boire sans payer, ne pas approcher des piscines sans bord, attention à qui piste vos téléphones portables ou vous espionne via tant d'autres traces, et même vos radios et IRM, bien ranger et ne pas disséminer ses photos de famille, ne pas trop en dire à la boulangère, regarder les dates de péremption des boîtes de conserve - et même vos rêves, êtes-vous si sûr que vos rêves ne sont pas surveillés ou contaminés ?
    En une trentaine de blocs chacun au marteau-piqueur sur la société contemporaine, c'est un nouveau Daniel Bourrion qu'on découvre, plus proche des colères de Michaux, et du grand rire noir et édenté, à tous les âges, qu'est la littérature pour échapper à la mesquinerie et la bêtise de son époque, chaque époque d'ailleurs.
    Mais ici, on vous le propose sous forme d'un mode d'emploi exhaustif, et çe ne se manque pas !
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  • La traversée

    Jérémy Liron

    Parution : 5 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Un récit en caméra subjective. "Sans dialogue, aux contours flous", dit Jérémy Liron. Un condensé d'impressions, mais que peu à peu les haltes, les paysages structurent, et qui laisse affleurer avec d'autant plus de présence les trois personnages, l'histoire d'amour qui surgit prégnante, avec les trajets et voyages, avec les messages qu'on efface du portable, et la mémoire de tous les films qu'on a vus.
    Artiste plasticien, Jérémy Liron travaille souvent au plus près du réel urbain, via un matériau photographique repris ensuite dans des peintures à l'huile où cette notion de présence, dans la ville ordinaire, passe avant tout le reste - voir son site lironjeremy.com et son blog les pasperdus.blogspot.fr - c'est un peu de cette façon qu'il nous embarque dans ce récit, roman dense et bref où le décalage d'un prénom suffit à faire basculer tous les repères.
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  • Dialogues des morts

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'engagement dans la langue, même dans le travail le plus contemporain, s'enracine dans ses strates profondes. Elles sont assez nombreuses pour chacun y trouve ses affinités, ses ateliers.
    Marie Cosnay, outre d'être l'écrivain qu'on connaît, traduit du grec et du latin. C'est là probablement que sa langue prend force, dans ces heures où on se confronte aux vieux rythmes, aux grands mythes.
    A preuve qu'ici, il ne s'agit pas de proposer une ou des traductions. Le texte qui s'ancre dans "Les Phéniciennes" d'Euripide a pour titre "Pour du discours manqué". Le texte qui s'ancre dans "L'Énéide" de Virgine a pour titre "Pour du discours amoureux". Et le fragment traduit du "Roi Lear" de Shakespeare a pour titre "Pour le discours des fous".
    Alors, en présentant une traduction exigeante, commentée, d'Euripide, Virgile et Shakespeare, Marie Cosnay y inclut sa propre lecture. Ce qu'elle y cherche, ce qu'elle y trouve, et comment cela s'articule ou cogne au présent. Dans Euripide, de prendre une ville et d'y imposr des lois. Dans Virgile, ce récit mère/fils, et ce qui s'y dit de la ville et des rêves. Et dans Shakespeare, l'ombre de la guerre.
    Ainsi la littérature semble un instant dévoiler, dans ce travail sur ces racines, les grandes directions et les grands rêves qui lui confèrent son excès pour le présent, nous ouvrent à notre propre écriture.
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  • À notre humanité

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Les noms qu'ici on prononce sont les noms de révoltés, ou du moins qui n'ont pas hésité à l'opposition individuelle à un système qu'ils jugeaient coercitif.
    On suit Courbet à sa sortie de prison, et on regarde quelle toile il peint. On est avec Jacques Reclus, qui eut dix-sept enfants, dont Élisée et Élie Reclus,
    Mais on est aussi dans le sud-ouest français au temps de la guerre d'Espagne. Et on revient à la fin de la Commune, au mur des Fédérés.
    À sa manière, et dans la force habituelle de sa prose, Marie Cosnay investit en romancière des instants précis du temps historique. On est sur les barricades, ou cachés au Père-Lachaise. Ce microscope, qui nous redonne les êtres tout entiers, permet qu'on glisse sur des personnages interpoés, qu'on passe presque sans rupture à la fiction.
    Ce texte magnifique est d'une actualité immédiate : pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Que devons-nous à ceux qui, avant nous, se sont révoltés ?
    Paru en mai 2012 aux éditions Quidam, voici sa première édition numérique. Un grand texte pour dire notre présent.
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  • Couturière

    Martine Sonnet

    Parution : 11 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « LA COUTURIÈRE. Oui, quand j'y repense, j'en ai habillé des événements dans les vies de mes clientes ! »
    En quatre essayages, les mêmes personnages mais à des temps très précis, qui nous renvoient dans la guerre d'Algérie ou la grande secousse des années 70, puis le bord de notre présent, Martine Sonnet plonge dans l'intime : une couturière à domicile et l'une de ses clientes discutent ont ce genre de conversation de chez-le-coiffeur, où se disent le futile et l'essentiel en même temps.
    Et la beauté de ce vocabulaire des tissus et des boutons, d'un artisanat millénaire et respectueux - la langue danse à l'arrière-plan, de tout ce que nous avons perdu, mais reconnaissons.
    Quatre périodes de vie en quatre temps, avec une vue directe sur l'intérieur, la télé (Télé-Cagnotte, « 1 franc dans le monnayeur, une heure de programme »), un vocabulaire déjà enfui, mécanographe, loden, popeline, instamatic - le temps a passé si vite - des naissances, le divorce, les modifications du quotidien... Et un arrière-fond politique qui donne des résonances de fresque bien plus large.
    Et ce que ça raconte nous ressemble, c'est la beauté de la petite histoire des anonymes de venir nous chercher par le bout des détails perdus. Lisez quatre pans de vie de femmes, comme quatre petits vestiges, gracieux et graves, qu'on aurait retrouvés dans une boîte à bijoux, un carton, un grenier, ou la boîte à ouvrage d'une Couturière.
    À la fois historienne, spécialiste du XVIIIe siècle et des questions touchant au travail des femmes, Marinte Sonnet est la romancière de "Atelier 62" et de "Montparnasse monde", voir son site.
    Christine Jeanney & François Bon

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  • L'Infini

    Isabelle Pariente-Butterlin

    Parution : 17 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'infini, c'est par définition ce qui n'a pas de limite, qui nous déborde. Et nous sommes forcément, dans nos vies, nos villes, dans nos trajets, nos relations, dans des bornes qui en sont l'opposé. Nous restent la parole, le rêve, le désir. Alors on se porte au lieu même de la friction, de la frontière. Et c'est là tout auprès, juste où touche la main, où le regard se porte sur la ligne de fuite, sur l'horizon. Ce texte est un peu le texte fondateur de la démarche désormais bien identifiée d'Isabelle Pariente-Butterlin, celle qu'elle développe dans son site Au bord des mondes, entre philosophie, chroniques, réflexion acharnée sur le web et la pensée, et tout simplement cette oeuvre multe-forme qui naît par l'espace même du web. Il faut un ancrage, une figure qui guide, et force sans cesse au débord, à aller plus loin. Ici ce sera celle d'Ulysse et son voyage. Un Ulysse qu'on apostrophe et tutoie. Le premier chapitre s'intitule "Trouver une oblique", il est simplement question de la lumière qu'un instant réverbère une vague. L'infini présent avant même que le texte s'ouvre...
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  • Légendes

    Daniel Bourrion

    Parution : 14 Juillet 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015


    Dans ce décor je ne parle pas, je n'écris pas, je reste là à me garder de moi glissant de toute ma prudence dans l'aine blanche du silence en l'espoir vain que tous m'oublient, ma langue de guingois, et puis ma terre, et puis mes morts.

    La mémoire : une collection d'éclats de verre, de bris épars composés de moments, de tons, de timbres. Et l'écriture comme texture pour les lier entre eux. Dans ces récits brefs rassemblés au sein de ce recueil, il est question de remonter à l'origine des choses. De la langue qui est (ou n'est pas tout à fait) la nôtre. De ces parenthèses dans le présent où le passé prend appui pour nous saisir. Des instantanés de nos vies ou de celles qui nous ont précédés, veillant sur nous (ou le contraire). D'un livre qui fut pour nous peut-être l'étincelle menant vers tous les autres. Des scrupules qu'on peut avoir à vouloir renouer avec le passé. Auteur d'une oeuvre sensible en tumulte constant, Daniel Bourrion s'écrit et s'inscrit dans le temps. Ces éclats de verre sont ses constellations.
    Ce recueil contient les textes : Langue, Litanie, La petite fille à la robe claire, 19 francs, Trois quatre-vingts.

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  • Introduction au sommeil de Beckett

    Édith Msika

    Parution : 22 Avril 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le "À qui ?" est important, il existe depuis longtemps, il m'accompagne continûment, c'est une vraie question : à qui dire les choses ?
    Très récemment, bien après avoir écrit ce texte, j'ai rencontré le "À qui ?" chez Virginia Woolf, que je n'avais jamais lue. J'avais des méfiances. "Mrs. Dalloway" en dissipe certaines.
    Pour le "À qui ?", bien sûr, il y aurait la mère, le psychanalyste, le fils, les amis, le père, les frères, et puis les murs, certains murs en briques et chaux avec coulures de peinture bordeaux, vivants tellement vivants, ceux-là, et d'autres, en béton brut, d'Auguste Perret, au Havre, dans la reconstruction des ruines de l'après-guerre, que l'écriture jouxterait comme son ombre le chat.
    Et puis l'économie, liée à la ménagerie, comme est liée la condition qui nous lie à nous-mêmes, la petite domesticité, la restriction, l'étiage. Et puis, lié aussi au sujet parlant rêvant, le statut du génitif en français, comme "Le désir du psychanalyste", chez Lacan.
    Ruines. Liaisons. Réversibilités.
    N'en rien conclure jamais - comme sur un mur Ne travailler jamais, revisité infinitif plus calme, moins dogmatique, plus flânant -.
    L'insistance du "À qui ?" s'adresse infiniment à l'Autre en qui le personnage put distinguer la haute silhouette de Beckett, pour autant que de sa distinction il déduise l'idéal du "À qui ?"... et s'imagine devoir lui parler, depuis son sommeil.
    Pour le reste, "Malone meurt", peut-être.
    Édith Msika

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  • Dans le blanc

    Berit Ellingsen

    Parution : 5 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]Sur le continent Antarctique, une équipe scientifique procède à des forages dans l'épaisseur de la glace, plusieurs milliers de mètres au-dessus d'un lac fossile.Dans l'immensité du blanc, un jeune doctorant part à la rencontre de l'inconnu, se trouvera pris par la tempête et la nuit dans le monde glaciaire.De Jules Verne (Le sphynx des glaces) à Lovecraft (Mountains of madness), ou même Edgar Poe (Arthur Gordon Pym), nombreuses les fictions à s'être risquées dans ces limites humaines. Ou de vrais récits, parfois (comme L'expédition Shakkleton).C'est la première fois qu'est traduite en français une jeune auteur norvégienne, qui écrit directement en anglais, Berit Ellingsen, par ailleurs journaliste scientifique. Est-ce cela qui confère à ce texte - une prose poétique extrêmement précise - un imaginaire, concernant l'eau, la glace, la neige, d'une si grande puissance, à nous-mêmes si étrangère ?FB

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  • Dans la rue un soir d'été gare de Lyon où j'étais

    Emmanuel Delabranche

    Parution : 28 Septembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Georges Perec l'avait fait pour le carrefour Saint-Sulpice, dans "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien". Mais combien de fois chacun de nous, depuis que Baudelaire nous y a initiés, ne se laisse-t-il pas prendre à ce brassement infini de la ville ?Et la poésie des gares est inépuisable. Fourmillement, passage.Mais ici, ce n'est pas un exercice. Architecte, spécialiste des photographies de Le Corbusier, lui-même auteur d'un blog étonnant tirant la ville entre texte et photographies, c'est comme retourner la ville sur la langue. Sur ce qu'on fait ici. Sur comment on voit. Sur ce qu'on devrait dire, ce qu'on devrait faire. Et comment le temps se distend ou s'arrête dans le basculement des feux, la vitesse ou l'immobilisation des corps.C'est une leçon qui vaut sans cesse pour nous-mêmes, dans l'attention au dehors, dans le chemin pour plonger en soi-même jusqu'où il n'y a pas de soit-même.Un carrefour, un pylone, du temps, et - en face - la gare de Lyon. Et si c'était cela, écrire aujourd'hui la ville, pour de nouveau s'y inventer ?FB

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  • Il y avait quelqu'un, il y avait personne

    Canan Marasligil

    Parution : 20 Septembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]"Je n'ai pas demandé à avoir une langue maternelle", dit-elle.Canan Marasligil parle turc avec sa mère et sa grand-mère, mais a été élevée à Bruxelles, regardant les films américains sur la télévision néerlandaise, où ils ne sont pas doublés, pendant que son père prend les informations en allemand. Le travail du père, et comment on traite les immigrés turcs. Et le retour en Turquie, le décalage avec celles qui là-bas se voilent, et la grand-mère qu'on retrouve après un deuil...Mais rien de lourd, rien de pesant. Une autre gravité, celle du sensible - un battement de coeur pour un passeport dont la photo est trop vieille, ou comment l'arrivée de la télévision couleur a révélé la détresse du père. Aujourd'hui, Canan (prononcer Djanan...) vit à Amsterdam, écrit en quatre langues et traduit de l'une à l'autre, aborde sa propre route d'écriture. Elle a commencé par la fiction, et puis voilà cette belle formule, "Bir varmis, bir yokmus", l'équivalent de notre "il était une fois" - cela signifie littéralement "il y avait quelqu'un, il y avait personne", et c'est ainsi que commencent les contes, là-bas. C'est dans ce flottement entre conte et réalité que Canan Marasligil ouvre son propre espace de récit, et ose l'ouvrir à une autobiographie insaisissable, impalpable, pour venir plus près des êtres.Une grande fierté à accueillir en tant qu'auteur la maître d'oeuvre de notre revue de littérature contemporaine turque, "Meydan, la Place".FB

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  • Quand les passants font marche arrière ça rembobine

    Christine Jeanney

    Parution : 16 Novembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    " Le 18 juin 2011 j'ai lancé sur Twitter un appel (du 18 juin) à don de photos. "Ma demande est la plus large et la plus vague possible, aucune consigne sur ce qu'elles peuvent représenter ou leur format, parce que j'aime les surprises. C'est justement ce que je cherche, ne pas savoir à l'avance ce qu'il y aura sur la photo qu'on m'enverra."J'enregistre toutes les photos reçues dans un dossier nommé Todo liste. Chaque matin, j'en choisis une, plutôt à l'instinct, sans idée préconçue, parfois sans même avoir regardé la photo trop précisément, je préfère, il y a là-dedans une sorte de logique qui m'échappe."Je me donne ensuite la journée pour écrire une liste de 4 points /occurrences /choses à faire, à dire ou à penser en réaction / réponse / écho à cette photo, ma « Todo liste ». Le résultat est mis en ligne à 00h01 sur le blog tentatives. Parfois, j'écris le texte d'un seul jet, d'autres fois, il me faut la journée entière et je le modifie jusqu'à 23h59."En fait, c'est presque un jeu de déplacement : la photo se déplace vers moi, elle vient de je ne sais où, et moi je me déplace vers elle, un endroit surprenant, ça donne un texte imprévisible, avec des pistes qui partent presque sans moi, que je n'ai qu'à suivre, ou à débusquer."C'est une drôle d'expérience, à la fois sous contrainte et très libre. C'est ça, les Todo listes."Christine Jeanney... et on comprend aisément pourquoi et comment les Todo List de Christine Jeanney sont ainsi devenues en quelques mois un blog culte. Bien sûr il fallait les rassembler, mais ce faisant, l'objet devient tout autre : énigmatique plus de 50 contributeurs pour les images, et une création epub de Roxane Lecomte, voici le tome 2, de 181 à 365.

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  • 50 interviews de Jules Verne

    Jerome Pintoux

    Parution : 9 Novembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La littérature n'avance que par ses coups de folie, ses entreprises excessives. Et, surtout, elle n'avance que lorsqu'elle surgit d'elle-même, s'avale au passage.Ainsi, je ne suis pas sûr que Jérôme Pintoux puisse séparer son itinéraire de lecteur, les auteurs qui sont pour chacun notre bibliothèque, toutes époques, tous pays, de ce que je suppose qu'il a fait si longtemps : faire travailler des classes de lycéens sur les grands noms du passé, mais en secouer l'éventuelle poussière qu'ils ont dans les manuels, et de ce que je sais d'un autre versant de lui : chroniqueur des musiques qui ont changé le monde pour ceux de notre génération.Jérôme Pintoux, je le savais occupé à des travaux qui ne pouvaient être qu'excessifs. Mais je ne savais pas le plus permanent de ce travail : pour chaque auteur lu, dresser un interview imaginaire. Et lorsqu'il s'agit d'auteurs qui le touchent de près, ceux de l'underground américain, les grands noms sombres du fantastique ou de la science-fiction, les interviews se multiplient, se déploient sur tous les pans de l'auteur et de l'oeuvre.Aujourd'hui, Jérôme Pintoux est à la tête d'une foule de ces interviews : 2135 exactement.Et c'est un régal, une excitation formidable. L'intervieweur est tour à tour insolent, rebelle, curieux, il joue de toutes ses armes, y compris l'uchronie (puisqu'il parle depuis notre présent, et l'interviewé du sien). Alors on voit l'oeuvre par les coulisses. Les souvenirs de lecture affluent, vous donnent envie de courir reprendre le livre. Et on est comme tout vexé de ce qu'on ne connaît pas, qu'on a envie de dévorer sans attendre. Mais surtout, à ces conversations qui se suivent dans un rythme rapide, sec, nerveux, c'est bien l'interviewé qui surgit dans sa machine d'écriture, ses petits défauts, sa grande bonhommie. Et cette intuition des géants, qu'ici seulement on aura eu le droit de venir voir tout près.Bon match de catch.FBÉdition augmentée et mise à jour de 13 entretiens concernant Jules Verne :Interview de Michel Butor, à propos du Point suprême et de l'Age d'Or à travers quelques oeuvres de Jules Verne, en 1949Interview de Suzanne Bernard, pour les Poésies d'Arthur Rimbaud (notes de l'édition Garnier), en 1960 (Le Bateau ivre et autres textes)Interview de Marcel Brion, pour Le voyage initiatique (à propos de Jules Verne) en 1966Nouvelle interview de Michel Butor, pour Lectures de l'enfance, en 1966Interview de Michel Serres, pour Géodésiques de la Terre et du ciel, à propos de Jules Verne, en 1966Claude Roy, à propos de Jules Verne, en 1970Interview d'André Lebois, pour Poétique secrète du Tour du monde en quatre-vingt jours, en 1976.Interview de Jean Chesneaux, à propos du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, en 1976Nouvelle interview de Pierre Assouline, Autodictionnaire Proust (Wagner), en 2011Interview d'Henri Scepi, à propos de Vingt mille lieues sous les mers, en 2012 (notes dans la Pléiade)Nouvelle interview d'Henri Scepi, à propos de Vingt mille lieues sous les mers, en 2012 (la bibliothèque de Némo)Interview de Marie-Hélène Nuet, notes sur L'ile mystérieuse de Jules Verne (Pléiade, 2012)Nouvelle interview de Marie-Hélène Huet, à propos de L'île mystérieuse de Jules Verne (la mer des Sargasses), en 2012Interview de Jacques-Rémi Dahan, à propos des Enfants du capitaine Grant (notes dans la Pléiade, 2012)

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