Littérature générale

  • C'est

    Michel Brosseau

    Parution : 24 Septembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'écriture de la série s'est effectuée après lecture du C'était, de Joachim Séné, paru initialement pendant un an sur le blog d'écriture collaborative Le convoi des glossolales, puis repris sous forme d'ouvrage papier aux éditions publie.net. Reprise de la même contrainte formelle, une série d'observations démarrant par une même formule, et concernant le travail, publiées au fil des semaines sur mon site, sans périodicité définie. Le chantier s'est poursuivi pendant presque deux années scolaires, alimenté de réflexions désordonnées et d'images qui se proposaient sur le quotidien du métier d'enseignant. La transcription d'une expérience, d'un vécu au travail.- Michel Brosseau

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  • La partie

    Jean-Pierre Suaudeau

    Parution : 30 Juin 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le ballon rond en littérature... peut-être que la meilleure manière de regarder un match c'est encore de le lire !Qu'est-ce qui traverse l'esprit d'un joueur de football quand il est sur le terrain ou dans les vestiaires ? Quand il loupe, quand il réussit, quand il a froid, quand il court, quand il se bat ? C'est ce que Jean-Pierre Suaudeau explore en six parties : approche, échauffement, première mi-temps, mi-temps, deuxième mi-temps, fin de partie, le tout pour une lecture d'1h30 environ, soit la durée d'un match (vous voyez comme il a bien pensé les choses). Une équipe de football comme un régiment qui part en guerre, dans le froid et dans la boue : c'est bien plus que taper dans un ballon, et les combattants qui attendent chaque semaine le nouveau coup de sifflet de l'arbitre, ne le font finalement peut-être pas pour la victoire mais pour la bataille...

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  • MacGuffin

    Anne-Sophie Barreau

    Parution : 25 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le principe du MacGuffin, élément moteur qui fait avancer une histoire en entraînant les personnages dans ses péripéties, presque toujours un objet, généralement mystérieux, date des débuts du cinéma, mais l'expression est le plus souvent associée au cinéaste Alfred Hitchcock. Dans le livre d'Anne­-Sophie Barreau, cet objet est un téléphone, son iPhone perdu à San Francisco, le jour de son anniversaire, lors d'un voyage effectué avec son compagnon en Californie.Qu'est­-ce que l'on perd au juste quand on égare son téléphone portable ? Des images, des souvenirs, des contacts ? Les souvenirs refont surface peu à peu dans le désordre du surgissement des images, le labyrinthe qu'elles décrivent en nous, en même temps que certaines disparaissent à jamais. L'auteur se rappelle des photographies qu'elle n'a pas prises. Le livre s'apparente alors à une enquête en forme de quête, permettant à l'auteur de sauver certaines images de son voyage faisant apparaître en creux des souvenirs plus lointains, enfouis, comme révélés par les images perdues, disparues, ravies, et d'assembler ainsi, dans ce périple à travers l'Amérique et de son parcours personnel, ce qui est au fond le propre de toute histoire, un tissu rapiécé, un pêle-mêle.Odradek est un nom inventé par Kafka dans sa nouvelle inachevée « Le souci du père de famille ». Objet de toutes les interprétations et les détournements imaginaires possibles, il est à la fois une poupée et un prodige tombé du ciel, une mécanique de l'horreur et une étoile, une figure du disparate et un microcosme ; en somme, le modèle réduit de toutes les ambiguïtés d'échelle de l'imaginaire. Ce livre d'Anne­-Sophie Barreau est une fiction sur le pouvoir de l'image, l'imaginaire des voyages, la versatilité de notre mémoire à l'ère du numérique et la capacité de l'art à nous permettre de retenir le temps. Comme l'Odradek, MacGuffin est la forme que prennent les choses oubliées.MacGuffin existe aussi sur le web...

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  • Magma

    Lionel-Edouard Martin

    Parution : 12 Janvier 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Lionel-Édouard Martin est très précis: c'est le 25 mai 2012, à 8 heures, dans un café, que lui vient cette phrase. "Touts les villes se ressemblent, oui, de plaine ou de montagne, construites à l'aplomb du magma qui palpite, profond, dans le coeur de la terre."
    Alors c'est un martèlement de question. Et celui qu'on connaît principalement comme poète ouvre (mais c'est oeuvre encore de poète) un charroi violent et dur, qui va les questionner toutes, les villes parcourues, et la langue qui les dit, et les mots qu'on y a mis. Alors c'est la langue qu'on creuse, et soi-même - ses tentatives d'écriture, et le travail même d'écrire. Et les visages qui vinrent auprès, et sa langue, la langue d'elle.
    Un texte foisonnant aussi, où on traverse les heures, où on ramasse ce qui traîne, les livres, les verres vides et l'Aspirine. Et l'enquête, à mesure qu'elle cherche l'épreuve - ou la chaleur, la secousse et ce qui tremble - du "magma" tout au fond va elle-même devenir comme liquide et proche de l'explosion, croiser les morts, avant de retrouver d'autres villes et maisons, et enfances - juste une beauté plus nue de la langue que, nous lecteurs, traverserons comme un roman, un monde d'histoires qui pourraient aussi bien être les nôtres.
    Ajouter que le poète latin Catulle fait partie du voyage, et que la mer sera toujours là vers où ici on va.
    FB
    Lionel-Édouard Martin est né en 1956 dans la Vienne. Nombreux et longs séjours hors de France. Son site lionel-edouard-martin.net.

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  • Nous aurions dormi vingt ans

    Béatrice Rilos

    Parution : 17 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    À moins de 30 ans, Béatrice RIlos est une auteure confirmée : après "On fera silence" au Seuil en 2008, puis "Is this love" sur aux éditions Le mot et le reste, plusieurs publications numériques, et sans cesser un travail plastique commencé sous les auspices de Christian Boltanski et Paul-Armand Gette, elle doit affronter la mort annoncée et brutale de sa mère. J'en parle aussi crûment, parce que la mère de l'auteur était loin d'avoir mon propre âge, et je sais que l'auteur, à ce moment-là, payait son toit et son pain en travaillant de nuit dans un centre d'appel téléphonique pour personnes en détresse. Et cela n'a rien à voir avec l'écriture. Le deuil est personnel, le deuil se tait. Seulement, dans cette trouée du noir absolu, une suite de textes magnifiques et déchirants est venue s'inscrire sur le site de Béatrice Rilos : elle les appelle des rêves éveillés, ce sont plutôt des sculptures, ou des lames aiguisées. Rien qui fasse écho à la situation biographique, mais écrit tout entier vers l'absente et pour elle. Des textes que Béatrice Rilos date par années, et envoie comme à distance résonner dans ce qui est désormais un passé définitif. Elle dit : "Faire de mes souvenirs des rêves éveillés pour celle qui ne dort plus. Celle qui ne dort plus c'est ma mère, celle qui ne vit plus. Trouver en ces rêves la force et le courage de se projeter dans l'avenir. Ces vingt années avec elle, celles qui restent encore à vivre sans elle. Reconstituer une chronologie, les années charnières. Y trouver le réconfort de sa présence. Faire face aux années à venir. Ce souvenir donc d'un passé cristallisé, le réactiver par l'absence." Les photographies qui accompagnent le texte sont celles qu'a choisies Béatrice Rilos.
    François Bon, publie.net

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  • Une ville vide

    Ellingsen-B

    Parution : 6 Mai 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une ville du nord, entre la montagne et la mer. Une ville moderne, avec ses autoroutes, ses usines et ses bureaux open-space, ses lieux de loisirs et aussi ses cimetières et ses ruines.
    Le narrateur appartient à cette communauté répartie tout autour du monde, dans des villes semblables, avec au moins un parent venu de l'Asie, à la génération précédente. Les jeux vidéo, l'Internet, mais aussi le fitness ou les voyages les font disparaître dans l'anonymat de tant de gens comme eux.
    C'est ce qu'a décidé de rompre le narrateur: une brusque démission de son travail, et le voilà qui doit remplacer le temps contraint et réglé par une aventure à la rencontre de soi-même.
    Berit Ellingsen est norvégienne, mais écrit directement en anglais et a publié aux USA l'an dernier ce premier roman, "The Empty City", qui ne peut laisser aucun de nous indifférent. "Une exploration du silence", avait-elle choisi pour sous-titre: 76 fragments qui sont chacun une aventure intérieure, dans et par les figures de la ville, une ville qui pourrait être la nôtre, si ce n'étaient ces ciels des pays du nord.
    Traduction: François Bon.

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  • We are under attack

    Frédéric Dumond

    Parution : 28 Avril 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Frédéric Dumond | We are under attackCela commencerait (ou presque) ainsi :le monde est sale
    tous les jours
    le monde est sale dangereux laidaujourd'hui
    le monde est encore plus laid, encore plus sale
    tellement sale tellement laid
    et, demain, le monde est encore plus sale
    encore plusc'est terrible
    c'est terrifiant
    c'est horribleon ne peut pas y échapper
    on ne doit pas y échapper
    il ne faut pas l'oublier
    on n'a pas le droit
    on n'a pas le droit
    le monde est méchant méchant
    le monde est laid
    on n'a pas le droit de l'oublier
    jamaisC'est probablement dit très vite, les occurrences reviennent par série, un changement impalpable, mais chaque thème vient à son tour émerger sans casser le flux rythmique :ce qui arrive est terrible
    ce qui arrive c'est terrifiant
    partout, tout autour
    c'est comme ça
    c'est ce qui arrive
    c'est terrible
    on n'a pas le choix
    il faut changer d'homme, de femme, de chien
    de vêtements, de lunettes
    bien sûr
    on n'a aucun choix
    on ne peut rien y faire
    rien y faire
    non, rien
    évidemment, il n'y a rien à faire
    rienon ne peut pas y échapper
    on ne peut pas
    c'est comme ça
    comme ça
    il faut bouger, bouger
    on n'y échappe pas
    il n'y a rien à faire
    rien d'autre
    rien du tout
    we are under attackemergency response
    move
    move
    bougeC'est la qualité concrète qui détermine la prise du texte sur le monde. Dans cette énergie, ce qui en lui nous parasite s'éloigne un instant à distance, presque par l'incantation. Alors cette insolence est salutaire. On dirait presque : hygiénique. Dans la masse de ce qui pèse, comme dans le fameux je rame de Michaux, c'est de nommer qui peut se charger du pouvoir d'éloigner.C'est la force de ces formes brèves qui sont déjà les pages les plus visitées de ce site : on peut essayer, se donner le plaisir de crier un bon coup, de boxer si on veut.Mais c'est sans doute plus au fond aussi : ils sont nombreux, les auteurs de la génération de Frédéric Dumond, à travailler dans ces formes où la performance orale, les lois scéniques conditionnent la forme. Qui requiert la profération, la prise de parole, mais lui permettent l'adresse, la renverse sur le monde. J'aurais un stage théâtre à mener, je leur donnerais ce texte et on irait le donner dans une galerie commerciale, un samedi après-midi.Je souhaite que ce site, publie.net, témoigne de la santé de cette langue d'aujourd'hui, et qu'elle ne craint pas le vieux monde. Qu'elle s'en moque. Qu'elle en jongle.Voici donc quarante pages de Frédéric Dumond, une seule variation, avec temps fort. Et que ça fait du bien à l'ensemble des autres textes, ça nous détermine un terrain.FBUn autre texte de Frédéric Dumond sur publie.net : Ad hominem. On trouvera sur cette page des précisions supplémentaires sur l'auteur et son parcours, avec liens.sur we are under attack
    Ce texte a été créé au Quai, à Angers, en novembre 2007 pour Doggy Bag, spectacle de cirque contemporain, monté par la compagnie Non Nova de Philippe Ménard (dans une coproduction Le Quai Angers, et le CRAC Cherbourg-Octeville)description salutaire du monde vrai2008-04-28résumé court de l'ouvragepublienet_DUMOND01publie.net

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  • Sardinia

    Daniel Bourrion

    Parution : 9 Janvier 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'auteur a traversé les États-Unis avec deux amis durant l'été 2013, un site réalisé en temps réel rend compte de cette expérience : On the Route. Sardinia est un récit qui n'a rien du carnet de voyage, c'est l'histoire de jeunes gens qui ne sont jamais sortis de chez eux, n'ont jamais voyagé, et s'ennuient dans leur insignifiante petite ville, Sardinia, État de New York, États-Unis, « autant dire le trou du cul du monde, autant dire l'enfer où l'on était coincé pour toute l'éternité qu'on se disait sauf à trouver le moyen de partir d'ici. »Daniel Bourrion aborde ce voyage initiatique à travers les États-Unis, de Chicago jusqu'aux rives du Mississipi, sous la forme d'une fiction mouvementée dont la prose spontanée, sans ponctuation, convoque bien évidemment Sur la route, le roman de Jack Kerouac, et son rouleau original. Un road-movie qui se lit sans s'interrompre. D'une traite. L'absence de ponctuation est un choix délibéré de l'auteur, rien à voir avec un exercice de style. Le lecteur avance dans le récit en tâtonnant, hésitant, sans savoir où finit la phrase qu'il vient de commencer, où débute la suivante, avançant ainsi comme sur une route dont on découvre l'itinéraire en cours de chemin, le parcours se dessinant au fil du temps et des paysages traversés. Texte sous forme de partition qui invente sa propre musique, fait résonner le son des mots, l'imbrication des phrases, leurs entrechoquements et leurs dialogues, leurs fulgurances, comme s'il s'agissait d'une composition musicale au rythme d'une chevauchée fantastique. Ruban de prose éruptive, compacte, blocs de mots qui déboulent sur l'écran comme le paysage derrière la vitre du véhicule qui file à vive allure, la fuite en avant de ces personnages, pressés d'échapper au trou perdu qui les a vu naître, son absence de perspective. Cavale que ces mots énoncés sans respiration, d'un souffle mais sans asphyxie, qui appelle la voix pour trouver sa voie, jamais à bout de souffle, nous font sentir de l'intérieur. « ...rouler dedans à l'infini jusqu'à ce que d'un coup encore à nouveau plus rien des arbres des arbres des arbres et la trouée devant dans le ciel bleu d'où on allait tout droit au Sud... » Et nous sommes avec eux dans la voiture, à l'affût de ce qui pourrait leur arriver à chaque virage, à l'aventure, à chaque étape de leur périple, en même temps que fascinés par les paysages qu'ils traversent et qui les transforment peu à peu, à vitesse grand V.

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  • Cahier de désécriture

    Philippe Berthaut

    Parution : 30 Janvier 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Mirages, accidents de son et de sens, altérations volontaires ou fortuites, autant de manifestation de ce que pourrait être la désécriture. Philippe Berthaut, chanteur et poète de son état, la fait fleurir en bon jardinier de la langue. Cette série de poèmes singuliers prend la forme d'un cahier pour mieux cultiver cette désobéissance et élever une langue parallèle au rang de langue propre, vivant le long de nos errances, de nos lapsus, de nos élans de tendresse poétique.Accompagner Berthaut dans cet élan intérieur de vingt-deux jours, ce journal qui serpente, c'est le suivre en nous-mêmes. Quelle est cette langue qui nous porte et que le plus souvent nous ne savons pas dire ? À l'économie, parfois jusqu'à la rareté du son, la finesse de son nerf, il s'agit de confronter, à la lecture, à l'écriture, cette matière lunaire qui se saisit des cordes vocales pour les faire vaciller. C'est à la fois en nos corps et au-delà car, souvenons-nous, « c'est trop étroit une peau » disait Emaz. C'est sa finesse, aussi, qui nous permet de voir au-dedans, sous la gorge, la langue en construction, les hauts fourneaux du dire.Guillaume Vissac

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  • Trois jours en automne

    Pierre De Gerville

    Parution : 20 Juin 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    À l'occasion du festival Futur en Seine et du rendez-vous Mot(s)dernité organisé par la ville d'Issy-les-Moulineaux qui a lieu en juin 2015, Publie.net s'est associé à la ville d'Issy-les-Moulineaux et à WeLoveWords pour lancer un concours de nouvelles et de poésie.Le pitch en était : Imaginez une nouvelle ou un long poème, entre science-fiction et nouvelles technologies, autour de la question suivante En octobre 2015, l'espace aérien des États-Unis sera ouvert aux drones. Comment sera le ciel de nos villes ?Cette nouvelle de Pierre de Gerville en est la gagnante.Dans un Paris où les Pianobylettes côtoient les Motojazz - qui donnent à ce monde-là un petit goût steampunk -, où les drones distribuent le journal, où les bus volent et où la nourriture se consomme en pastilles, une petite fille et un vieux monsieur vont vivre un bout d'aventure pas banale !

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  • Les héritiers de l'inégalité

    Philippe Ripoll

    Parution : 22 Avril 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Je suis né au coeur de la guerre d'Algérie et je l'ai su très tard.

    Parmi mes frères et soeurs de lait de l'assistance publique, dans notre maison de carton, devant les champs et près de l'église, il n'y avait pas d'Algériens.


    Je ne m'invente pas des frères et soeurs algériens, je les trouve, retrouve, évidents, sur mon passage qui va de demain à hier dans les deux sens. En allant vers eux je vais vers moi bien sûr, et vers cette compagnie qui s'invente par solitude ramifiée.


    Je laisse donc parler mon histoire algérienne en laissant parler la clameur de celles et ceux qui ont dû re-clamer leur existence dans l'égalité non encore faite.À Nanterre, dans la tension de mon écoute de M'hamed et des autres, j'ai réouvert Kateb Yacine, son roman-théâtre. Les conversations et irruptions de paroles ici retranscrites, remâchées, ruminées vont vers ce temps retrouvé.


    Philippe Ripoll

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  • Baleine Paysage

    Maryse Hache

    Parution : 8 Avril 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    C'est le matin.Oh, si l'on savait déplier tout ce qu'il y a dans ce mot, « matin ». Difficile de dire l'émerveillement contenu dans ce recommencement. Chaque jour, savoir dire ce qui se passe, se voit, se sent, s'écoute, devant une fenêtre ouverte. Prendre l'aube. S'appuyer contre « l'épaule éblouissante » du soleil, pour voir. Les branches du tilleul et l'entrée du chat roux, les pépiements virevoltes, les voix. Ce que disent ces voix. Beau ou terrible, mystérieusement tranquille ou implorant, ou sage.Maryse Hache le peut. Le matin elle écrit. Sa chambre donne sur le jardin. Elle entend tout, et les bruits de la veille, et d'autres bruits venus de l'autre bout du monde ou de pays lointains depuis longtemps muets. Elle écrit tout, immobile sur son lit, un peu comme sur une île. Un peu échouée, comme s'échouent les baleines - c'est qu'elle a des griffures, dit-elle, griffures de corps, une santé égratignée. Dans Passée par ici, elle explique ce qu'il faut de batailles, et avec quelle intelligence. Un peu échouée comme une baleine - ce qu'elle dit en riant. Et cela donne un titre aux écrits du matin que vous lirez ici : les baleine paysage. S'échouer dans le paysage, c'est simple pour Maryse qui en a le talent et le bonheur de vivre. Du moins jusqu'en octobre 2012, où un jour elle s'en va - ces griffures qui déchirent et ce genre de bataille qu'on ne peut pas gagner. Elle est « tuée par la mort » - une expression qu'elle a tissée, et qu'on peut lire dans son Abyssal cabaret.Elle inventait des noms de fleurs. Certains matins les voient s'ouvrir ou se faner, d'autres les chantent un temps, ce que vivent les roses. Quelle chance : les matins de Maryse ne se taisent pas, sont immortels d'être passés juste sous sa fenêtre. Cette joie vivace qu'elle nous offre.
    Christine JeanneyCe livre est disponible en numérique et papier >http://www.publie.net/livre/baleine-paysage-maryse-hache/

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  • Passée par ici

    Maryse Hache

    Parution : 8 Avril 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Passée par ici, ancré dans la vie et déjà posé sur la mort, n'est pas une chronique mais un récit. Un récit de la traversée des apparences et des réalités de l'hôpital telles que doit les affronter celui ou celle (celle en l'occurrence) qui ne veut abandonner ni l'espoir ni la gouverne de sa propre vie. Car c'est bien de cela dont il est question dans ce récit qui emprunte les formes de la poésie et celles de l'analyse anthropologique : comment maintenir sa dignité quand tout tend à la laminer, au pire, ou à l'ignorer, au mieux.Quand Maryse Hache compose ce récit, pour le Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin, cette odyssée hospitalière, qu'elle vivra à pleines dents comme une aventure, date, pour elle, de deux petites années après qu'un jour du bel automne 2005 elle entende « il faut enlever ce rein ». Opérations, chirurgienne et chirurgiens, infirmières, oncologues, douleurs, attentes, elle entend en être de tout cela complice, voire sujet et surtout pas objet. Ce combat qu'elle mènera jusqu'au bout se joue aussi bien dans les discussions avec les soignants que dans les gestes du quotidien : « pourquoi frapper avant d'entrer si vous n'attendez pas la réponse avant de le faire ? » Mais ce texte n'est pas seulement une narration du quotidien d'un patient, il est aussi, et surtout, un récit poétique des relations humaines qui se tissent dans ce monde où la maladie est la grande régulatrice mais dont il convient cependant de refréner les tentatives d'hégémonie. Il faut parfois travailler au corps et à l'âme ceux qui soignent pour qu'ils le fassent comme elle voulait qu'ils le fassent : avec respect et attention. Alors la poésie couvre de louanges ceux-là qui le font d'emblée ou acceptent enfin de le faire. Et cingle parfois ceux qui ne veulent pas. Jusqu'au bout (elle mourra en octobre 2012) c'est la vie qui a prévalu, la vie et la poésie et l'écriture et les autres. Ce livre est disponible en numérique et papier >http://www.publie.net/livre/passee-par-ici-maryse-hache/

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  • Coup de tête

    Vissac-G

    Parution : 2 Mars 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Ce roman pourrait, comme le site de l'auteur, s'appeler Fuir est une pulsion. Histoire d'un corps adolescent mutilé. Héros narrateur qui parle d'un membre manquant, main droite cramée, explosée, main fantôme, cartilage palpitant, douleur de l'invisible. Phénomène de « désafférentation ». Il se raconte, jour J et suivants, fuyant la maison, errant dans la ville, (sa) voix off, cut up dans le crâne. « J'étais à deux doigts de tirer la languette Flamby. À deux doigts d'ouvrir l'envers du monde... » Déambulation hyperréaliste sous le soleil. Il rencontre d'autres corps et X aux cheveux bleus, le monstre de son enfance. À J + ?, SDF, il arpente la gare, malade, affamé, dégueu. Peut-être prend-il le train, à la poursuite de sa main perdue, à la poursuite de X ? Le roman se termine trois fois. À la troisième fin, comme sa main perdue, il souffre et sent, absent présent. « Quand on sait pas où sont les trucs qu'on a perdus, on se dit que partout peut se trouver la réponse. »
    Lucien Suel, Libération

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