Publie.net

  • C'est

    Michel Brosseau

    Parution : 24 Septembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'écriture de la série s'est effectuée après lecture du C'était, de Joachim Séné, paru initialement pendant un an sur le blog d'écriture collaborative Le convoi des glossolales, puis repris sous forme d'ouvrage papier aux éditions publie.net. Reprise de la même contrainte formelle, une série d'observations démarrant par une même formule, et concernant le travail, publiées au fil des semaines sur mon site, sans périodicité définie. Le chantier s'est poursuivi pendant presque deux années scolaires, alimenté de réflexions désordonnées et d'images qui se proposaient sur le quotidien du métier d'enseignant. La transcription d'une expérience, d'un vécu au travail.- Michel Brosseau

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  • Caravaggio, le dernier jour

    Bona Mangangu

    Parution : 13 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Écrire, donner du sens, dire sa vie et la raconter, pour savoir, soi, ce qu'on a vécu, pour comprendre le sens de son passage dans le monde coloré et mouvementé, impétueux aussi, pour saisir en soi et dans les autres l'humanité, pour écouter le son qu'elle rend quand elle est parvenue aussi loin qu'il est possible dans l'existence. Seul le récit qu'on en fait permettra de reculer d'un pas, et de comprendre, et de transmettre sa compréhension. Caravaggio est parvenu à ce qu'il est convenu d'appeler le soir de sa vie ; ce soir déploie ses ombres et ses clairs-obscurs, ses derniers éclats de lumière aussi dans le texte. Il s'est placé dans un étrange lieu d'où parler, d'où s'adresser aux hommes, lui qui bientôt ne sera plus de ce monde. Il n'est pas tout à fait dans un autre monde, il est sur le seuil de ce monde. Tel, quand on est sur le départ, on se retourne une dernière fois et on ajoute quelques phrases encore. Il nous dit ce qu'il lui est essentiel de livrer sur son art, sur le lien intime entre lui et le monde, par quoi la singularité d'un artiste est universelle. Car en elle, humanité et création s'entrelacent et tissent un lien profond avec le monde complexe dans lequel nous sommes tous. Son regard est déjà fixé au loin mais il discerne encore des détails qui rendent toute la scène intensément vivante. Bona Mangangu tient cette note tout au long du livre, dans un monologue essentiel et d'un seul souffle. Comme chanté.Isabelle Pariente-Butterlin

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  • MacGuffin

    Anne-Sophie Barreau

    Parution : 25 Novembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le principe du MacGuffin, élément moteur qui fait avancer une histoire en entraînant les personnages dans ses péripéties, presque toujours un objet, généralement mystérieux, date des débuts du cinéma, mais l'expression est le plus souvent associée au cinéaste Alfred Hitchcock. Dans le livre d'Anne­-Sophie Barreau, cet objet est un téléphone, son iPhone perdu à San Francisco, le jour de son anniversaire, lors d'un voyage effectué avec son compagnon en Californie.Qu'est­-ce que l'on perd au juste quand on égare son téléphone portable ? Des images, des souvenirs, des contacts ? Les souvenirs refont surface peu à peu dans le désordre du surgissement des images, le labyrinthe qu'elles décrivent en nous, en même temps que certaines disparaissent à jamais. L'auteur se rappelle des photographies qu'elle n'a pas prises. Le livre s'apparente alors à une enquête en forme de quête, permettant à l'auteur de sauver certaines images de son voyage faisant apparaître en creux des souvenirs plus lointains, enfouis, comme révélés par les images perdues, disparues, ravies, et d'assembler ainsi, dans ce périple à travers l'Amérique et de son parcours personnel, ce qui est au fond le propre de toute histoire, un tissu rapiécé, un pêle-mêle.Odradek est un nom inventé par Kafka dans sa nouvelle inachevée « Le souci du père de famille ». Objet de toutes les interprétations et les détournements imaginaires possibles, il est à la fois une poupée et un prodige tombé du ciel, une mécanique de l'horreur et une étoile, une figure du disparate et un microcosme ; en somme, le modèle réduit de toutes les ambiguïtés d'échelle de l'imaginaire. Ce livre d'Anne­-Sophie Barreau est une fiction sur le pouvoir de l'image, l'imaginaire des voyages, la versatilité de notre mémoire à l'ère du numérique et la capacité de l'art à nous permettre de retenir le temps. Comme l'Odradek, MacGuffin est la forme que prennent les choses oubliées.MacGuffin existe aussi sur le web...

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  • La partie

    Jean-Pierre Suaudeau

    Parution : 30 Juin 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le ballon rond en littérature... peut-être que la meilleure manière de regarder un match c'est encore de le lire !Qu'est-ce qui traverse l'esprit d'un joueur de football quand il est sur le terrain ou dans les vestiaires ? Quand il loupe, quand il réussit, quand il a froid, quand il court, quand il se bat ? C'est ce que Jean-Pierre Suaudeau explore en six parties : approche, échauffement, première mi-temps, mi-temps, deuxième mi-temps, fin de partie, le tout pour une lecture d'1h30 environ, soit la durée d'un match (vous voyez comme il a bien pensé les choses). Une équipe de football comme un régiment qui part en guerre, dans le froid et dans la boue : c'est bien plus que taper dans un ballon, et les combattants qui attendent chaque semaine le nouveau coup de sifflet de l'arbitre, ne le font finalement peut-être pas pour la victoire mais pour la bataille...

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  • Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après

    Laurent Grisel

    Parution : 7 Mai 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « Le 22 juillet, un groupe de 20 inconnus a ouvert le feu avec des armes de gros calibre contre les installations de Radio Universidad. La radio universitaire, gérée par le mouvement, est devenue un formidable instrument d'information et de mobilisation sociale. Le même jour, plusieurs inconnus ont jeté des cocktails Molotov contre la maison de Enrique Rueda Pacheco, secrétaire général [du syndicat des instituteurs en grève]. Quelques jours plus tard, des cocktails Molotov ont été lancés contre le domicile de Alejandro Cruz, dirigeant des Organisations indiennes pour les droits humains (Organizaciones Indias por los Derechos Humanos). »Tout a commencé par une grève des instituteurs pour des augmentations de salaire.Avec ce premier tome d'un journal tenu au jour le jour depuis le 5 janvier 2006, Laurent Grisel explore ces années noires de crise planétaire. Se confrontant aux sources les plus diverses, presse internationale, agences financières, fils d'information des associations de solidarité, blogues, publications de chercheurs indépendants, il trie et décrypte le flot continu des nouvelles désorientantes.Politiques d'extrême droite non dissimulées, crimes de guerre, licenciements massifs et manipulations financières, brouillages sémantiques, c'est par un subtil entrelacement des causes et conséquences qu'il explore et éclaire peu à peu le changement de civilisation en cours, dans toutes ses dimensions. Ses analyses combattent mot à mot la propagande qui assourdit, qui martèle ces discours pourtant usés. À ses côtés, on envisage les ressorts des affrontements en cours, des attaques contre notre existence même, et l'affirmation de nos vies en est d'autant plus forte.Un ouvrage d'une clarté remarquable. Un livre d'écrivain, assurément.

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  • Journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après t.2 ; 2007

    Laurent Grisel

    Parution : 30 Novembre 2016 - Entrée pnb : 1 Décembre 2016


    « Ce qui est aigu, dans le moment que nous vivons (...), c'est la conjonction de trois crises : financière, écologique, géopolitique. »

    Entamé début 2006, dans un deuxième tome qui peut tout aussi bien être lu indépendamment du précédent, le journal de Laurent Grisel nous fait entendre le bruit sourd des faillites et des férocités qui annoncent et préparent ce que les médias nommeront « la crise de 2008 ». Très documenté, toujours limpide malgré la complexité des mécanismes qu'il décrypte, le Journal déjoue les manipulations médiatiques à l'oeuvre dans les discours politiques et économiques qui continuent d'avoir cours aujourd'hui. Banqueroutes, mais aussi élection d'un président d'extrême droite en France, découverte de l'ampleur de l'économie invisible (celle des produits dérivés et de la spéculation) et de son emprise sur l'économie visible, assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan, luttes et désespoirs ouvriers, conséquences des dérèglements climatiques sur la vie humaine et non humaine, autant de fils qui sont suivis et noués au cours de cette année charnière. L'écriture du journal, fine, régulière, dont l'objet n'est rien de moins que la compréhension d'un monde en fusion, recèle des moments plus sereins de vie personnelle : voyage au Japon, notes prises le long de l'écriture de livres en gestation, parmi lesquels le Journal lui-même dont l'architecture commence à prendre forme. Un geste politique, sensible, littéraire et citoyen.

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  • Nous aurions dormi vingt ans

    Béatrice Rilos

    Parution : 17 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    À moins de 30 ans, Béatrice RIlos est une auteure confirmée : après "On fera silence" au Seuil en 2008, puis "Is this love" sur aux éditions Le mot et le reste, plusieurs publications numériques, et sans cesser un travail plastique commencé sous les auspices de Christian Boltanski et Paul-Armand Gette, elle doit affronter la mort annoncée et brutale de sa mère. J'en parle aussi crûment, parce que la mère de l'auteur était loin d'avoir mon propre âge, et je sais que l'auteur, à ce moment-là, payait son toit et son pain en travaillant de nuit dans un centre d'appel téléphonique pour personnes en détresse. Et cela n'a rien à voir avec l'écriture. Le deuil est personnel, le deuil se tait. Seulement, dans cette trouée du noir absolu, une suite de textes magnifiques et déchirants est venue s'inscrire sur le site de Béatrice Rilos : elle les appelle des rêves éveillés, ce sont plutôt des sculptures, ou des lames aiguisées. Rien qui fasse écho à la situation biographique, mais écrit tout entier vers l'absente et pour elle. Des textes que Béatrice Rilos date par années, et envoie comme à distance résonner dans ce qui est désormais un passé définitif. Elle dit : "Faire de mes souvenirs des rêves éveillés pour celle qui ne dort plus. Celle qui ne dort plus c'est ma mère, celle qui ne vit plus. Trouver en ces rêves la force et le courage de se projeter dans l'avenir. Ces vingt années avec elle, celles qui restent encore à vivre sans elle. Reconstituer une chronologie, les années charnières. Y trouver le réconfort de sa présence. Faire face aux années à venir. Ce souvenir donc d'un passé cristallisé, le réactiver par l'absence." Les photographies qui accompagnent le texte sont celles qu'a choisies Béatrice Rilos.
    François Bon, publie.net

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  • Une ville vide

    Ellingsen-B

    Parution : 6 Mai 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une ville du nord, entre la montagne et la mer. Une ville moderne, avec ses autoroutes, ses usines et ses bureaux open-space, ses lieux de loisirs et aussi ses cimetières et ses ruines.
    Le narrateur appartient à cette communauté répartie tout autour du monde, dans des villes semblables, avec au moins un parent venu de l'Asie, à la génération précédente. Les jeux vidéo, l'Internet, mais aussi le fitness ou les voyages les font disparaître dans l'anonymat de tant de gens comme eux.
    C'est ce qu'a décidé de rompre le narrateur: une brusque démission de son travail, et le voilà qui doit remplacer le temps contraint et réglé par une aventure à la rencontre de soi-même.
    Berit Ellingsen est norvégienne, mais écrit directement en anglais et a publié aux USA l'an dernier ce premier roman, "The Empty City", qui ne peut laisser aucun de nous indifférent. "Une exploration du silence", avait-elle choisi pour sous-titre: 76 fragments qui sont chacun une aventure intérieure, dans et par les figures de la ville, une ville qui pourrait être la nôtre, si ce n'étaient ces ciels des pays du nord.
    Traduction: François Bon.

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  • We are under attack

    Frédéric Dumond

    Parution : 28 Avril 2008 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Frédéric Dumond | We are under attackCela commencerait (ou presque) ainsi :le monde est sale
    tous les jours
    le monde est sale dangereux laidaujourd'hui
    le monde est encore plus laid, encore plus sale
    tellement sale tellement laid
    et, demain, le monde est encore plus sale
    encore plusc'est terrible
    c'est terrifiant
    c'est horribleon ne peut pas y échapper
    on ne doit pas y échapper
    il ne faut pas l'oublier
    on n'a pas le droit
    on n'a pas le droit
    le monde est méchant méchant
    le monde est laid
    on n'a pas le droit de l'oublier
    jamaisC'est probablement dit très vite, les occurrences reviennent par série, un changement impalpable, mais chaque thème vient à son tour émerger sans casser le flux rythmique :ce qui arrive est terrible
    ce qui arrive c'est terrifiant
    partout, tout autour
    c'est comme ça
    c'est ce qui arrive
    c'est terrible
    on n'a pas le choix
    il faut changer d'homme, de femme, de chien
    de vêtements, de lunettes
    bien sûr
    on n'a aucun choix
    on ne peut rien y faire
    rien y faire
    non, rien
    évidemment, il n'y a rien à faire
    rienon ne peut pas y échapper
    on ne peut pas
    c'est comme ça
    comme ça
    il faut bouger, bouger
    on n'y échappe pas
    il n'y a rien à faire
    rien d'autre
    rien du tout
    we are under attackemergency response
    move
    move
    bougeC'est la qualité concrète qui détermine la prise du texte sur le monde. Dans cette énergie, ce qui en lui nous parasite s'éloigne un instant à distance, presque par l'incantation. Alors cette insolence est salutaire. On dirait presque : hygiénique. Dans la masse de ce qui pèse, comme dans le fameux je rame de Michaux, c'est de nommer qui peut se charger du pouvoir d'éloigner.C'est la force de ces formes brèves qui sont déjà les pages les plus visitées de ce site : on peut essayer, se donner le plaisir de crier un bon coup, de boxer si on veut.Mais c'est sans doute plus au fond aussi : ils sont nombreux, les auteurs de la génération de Frédéric Dumond, à travailler dans ces formes où la performance orale, les lois scéniques conditionnent la forme. Qui requiert la profération, la prise de parole, mais lui permettent l'adresse, la renverse sur le monde. J'aurais un stage théâtre à mener, je leur donnerais ce texte et on irait le donner dans une galerie commerciale, un samedi après-midi.Je souhaite que ce site, publie.net, témoigne de la santé de cette langue d'aujourd'hui, et qu'elle ne craint pas le vieux monde. Qu'elle s'en moque. Qu'elle en jongle.Voici donc quarante pages de Frédéric Dumond, une seule variation, avec temps fort. Et que ça fait du bien à l'ensemble des autres textes, ça nous détermine un terrain.FBUn autre texte de Frédéric Dumond sur publie.net : Ad hominem. On trouvera sur cette page des précisions supplémentaires sur l'auteur et son parcours, avec liens.sur we are under attack
    Ce texte a été créé au Quai, à Angers, en novembre 2007 pour Doggy Bag, spectacle de cirque contemporain, monté par la compagnie Non Nova de Philippe Ménard (dans une coproduction Le Quai Angers, et le CRAC Cherbourg-Octeville)description salutaire du monde vrai2008-04-28résumé court de l'ouvragepublienet_DUMOND01publie.net

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  • Légendes

    Daniel Bourrion

    Parution : 14 Juillet 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015


    Dans ce décor je ne parle pas, je n'écris pas, je reste là à me garder de moi glissant de toute ma prudence dans l'aine blanche du silence en l'espoir vain que tous m'oublient, ma langue de guingois, et puis ma terre, et puis mes morts.

    La mémoire : une collection d'éclats de verre, de bris épars composés de moments, de tons, de timbres. Et l'écriture comme texture pour les lier entre eux. Dans ces récits brefs rassemblés au sein de ce recueil, il est question de remonter à l'origine des choses. De la langue qui est (ou n'est pas tout à fait) la nôtre. De ces parenthèses dans le présent où le passé prend appui pour nous saisir. Des instantanés de nos vies ou de celles qui nous ont précédés, veillant sur nous (ou le contraire). D'un livre qui fut pour nous peut-être l'étincelle menant vers tous les autres. Des scrupules qu'on peut avoir à vouloir renouer avec le passé. Auteur d'une oeuvre sensible en tumulte constant, Daniel Bourrion s'écrit et s'inscrit dans le temps. Ces éclats de verre sont ses constellations.
    Ce recueil contient les textes : Langue, Litanie, La petite fille à la robe claire, 19 francs, Trois quatre-vingts.

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  • Le cahier de transmissions

    Martin Winckler

    Parution : 19 Septembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015



    Martin Winckler s'en explique dans le préambule : dès l'adolescence, il est un lecteur passionné de science-fiction et de nouvelles. Et l'année qu'il passe aux USA juste après son bac l'ancre encore plus dans cette idée : la nouvelle, c'est l'atelier de l'écrivain.


    « Les nouvelles y sont indispensables à l'écrivain de fiction, tout comme les formes courtes pour le compositeur, et les petits formats pour le peintre. Ne pas en écrire (et ne pas en lire) n'est pas seulement une faute de goût, c'est quasiment une faute professionnelle... » nous prévient-il.


    C'est ce plaisir, y compris dans sa dimension virtuose, qu'on ressent chez Winckler nouvelliste. La même complexité, le même regard, la même force à se saisir de son prochain par le corps et l'âme, que dans ses romans - qu'on repense à l'âpre « Vacation » des débuts, ou à cette magnifique épopée du médecin généraliste qu'est « La maladie de Sachs ».


    Pour Martin Winckler, l'écriture de la nouvelle c'est se jeter dans un genre, ceux qui vous secouent ou vous attirent le plus en tant que lecteur, la science-fiction, les vieux Conan Doyle. Mais c'est une manière aussi d'ouvrir les pans secrets de la biographie : « Les recettes d'Auschwitz » sont explicitement dédiées à une tante qui y a disparu, et avec « Le cahier de transmissions » qui donne son titre au livre, on retrouve en transparence le portrait du père, le secret des livres, des premières écritures, et de la bibliothèque.


    Maintenant, y a-t-il un Winckler médecin et romancier, et un Winckler nouvelliste qui prend distance ? Les cinq récits présentés ici sont liés en profondeur à la veine la plus centrale de son engagement. L'euthanasie : alors imaginons qu'Holmes demande à Watson de lui donner la mort. L'avortement : et si on reprenait le thème du Petit Poucet, l'enfant volontairement perdu, mais dans les rudes labyrinthes urbains du présent. La médecine et la vie : résonnera longtemps, pour celui qui l'a accompli, la vie qu'on suspend au bout d'un coma, quand c'est au proche qu'on demande de « débrancher ».


    En même temps que paraît aux éditions POL, ce mois d'octobre 2012, « En souvenir d'André », l'invitation de Martin Winckler à visiter son atelier d'écrivain, médecin, raconteur.


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  • Introduction au sommeil de Beckett

    Édith Msika

    Parution : 22 Avril 2013 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le "À qui ?" est important, il existe depuis longtemps, il m'accompagne continûment, c'est une vraie question : à qui dire les choses ?
    Très récemment, bien après avoir écrit ce texte, j'ai rencontré le "À qui ?" chez Virginia Woolf, que je n'avais jamais lue. J'avais des méfiances. "Mrs. Dalloway" en dissipe certaines.
    Pour le "À qui ?", bien sûr, il y aurait la mère, le psychanalyste, le fils, les amis, le père, les frères, et puis les murs, certains murs en briques et chaux avec coulures de peinture bordeaux, vivants tellement vivants, ceux-là, et d'autres, en béton brut, d'Auguste Perret, au Havre, dans la reconstruction des ruines de l'après-guerre, que l'écriture jouxterait comme son ombre le chat.
    Et puis l'économie, liée à la ménagerie, comme est liée la condition qui nous lie à nous-mêmes, la petite domesticité, la restriction, l'étiage. Et puis, lié aussi au sujet parlant rêvant, le statut du génitif en français, comme "Le désir du psychanalyste", chez Lacan.
    Ruines. Liaisons. Réversibilités.
    N'en rien conclure jamais - comme sur un mur Ne travailler jamais, revisité infinitif plus calme, moins dogmatique, plus flânant -.
    L'insistance du "À qui ?" s'adresse infiniment à l'Autre en qui le personnage put distinguer la haute silhouette de Beckett, pour autant que de sa distinction il déduise l'idéal du "À qui ?"... et s'imagine devoir lui parler, depuis son sommeil.
    Pour le reste, "Malone meurt", peut-être.
    Édith Msika

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  • Cantique de la paranoïa

    Daniel Bourrion

    Parution : 5 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]
    Caméras de vidéo-surveillance partout, et tellement de choses bizarres : se méfier de qui vous offre à boire sans payer, ne pas approcher des piscines sans bord, attention à qui piste vos téléphones portables ou vous espionne via tant d'autres traces, et même vos radios et IRM, bien ranger et ne pas disséminer ses photos de famille, ne pas trop en dire à la boulangère, regarder les dates de péremption des boîtes de conserve - et même vos rêves, êtes-vous si sûr que vos rêves ne sont pas surveillés ou contaminés ?
    En une trentaine de blocs chacun au marteau-piqueur sur la société contemporaine, c'est un nouveau Daniel Bourrion qu'on découvre, plus proche des colères de Michaux, et du grand rire noir et édenté, à tous les âges, qu'est la littérature pour échapper à la mesquinerie et la bêtise de son époque, chaque époque d'ailleurs.
    Mais ici, on vous le propose sous forme d'un mode d'emploi exhaustif, et çe ne se manque pas !
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  • Dialogues des morts

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'engagement dans la langue, même dans le travail le plus contemporain, s'enracine dans ses strates profondes. Elles sont assez nombreuses pour chacun y trouve ses affinités, ses ateliers.
    Marie Cosnay, outre d'être l'écrivain qu'on connaît, traduit du grec et du latin. C'est là probablement que sa langue prend force, dans ces heures où on se confronte aux vieux rythmes, aux grands mythes.
    A preuve qu'ici, il ne s'agit pas de proposer une ou des traductions. Le texte qui s'ancre dans "Les Phéniciennes" d'Euripide a pour titre "Pour du discours manqué". Le texte qui s'ancre dans "L'Énéide" de Virgine a pour titre "Pour du discours amoureux". Et le fragment traduit du "Roi Lear" de Shakespeare a pour titre "Pour le discours des fous".
    Alors, en présentant une traduction exigeante, commentée, d'Euripide, Virgile et Shakespeare, Marie Cosnay y inclut sa propre lecture. Ce qu'elle y cherche, ce qu'elle y trouve, et comment cela s'articule ou cogne au présent. Dans Euripide, de prendre une ville et d'y imposr des lois. Dans Virgile, ce récit mère/fils, et ce qui s'y dit de la ville et des rêves. Et dans Shakespeare, l'ombre de la guerre.
    Ainsi la littérature semble un instant dévoiler, dans ce travail sur ces racines, les grandes directions et les grands rêves qui lui confèrent son excès pour le présent, nous ouvrent à notre propre écriture.
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  • À notre humanité

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Les noms qu'ici on prononce sont les noms de révoltés, ou du moins qui n'ont pas hésité à l'opposition individuelle à un système qu'ils jugeaient coercitif.
    On suit Courbet à sa sortie de prison, et on regarde quelle toile il peint. On est avec Jacques Reclus, qui eut dix-sept enfants, dont Élisée et Élie Reclus,
    Mais on est aussi dans le sud-ouest français au temps de la guerre d'Espagne. Et on revient à la fin de la Commune, au mur des Fédérés.
    À sa manière, et dans la force habituelle de sa prose, Marie Cosnay investit en romancière des instants précis du temps historique. On est sur les barricades, ou cachés au Père-Lachaise. Ce microscope, qui nous redonne les êtres tout entiers, permet qu'on glisse sur des personnages interpoés, qu'on passe presque sans rupture à la fiction.
    Ce texte magnifique est d'une actualité immédiate : pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Que devons-nous à ceux qui, avant nous, se sont révoltés ?
    Paru en mai 2012 aux éditions Quidam, voici sa première édition numérique. Un grand texte pour dire notre présent.
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  • Couturière

    Martine Sonnet

    Parution : 11 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    « LA COUTURIÈRE. Oui, quand j'y repense, j'en ai habillé des événements dans les vies de mes clientes ! »
    En quatre essayages, les mêmes personnages mais à des temps très précis, qui nous renvoient dans la guerre d'Algérie ou la grande secousse des années 70, puis le bord de notre présent, Martine Sonnet plonge dans l'intime : une couturière à domicile et l'une de ses clientes discutent ont ce genre de conversation de chez-le-coiffeur, où se disent le futile et l'essentiel en même temps.
    Et la beauté de ce vocabulaire des tissus et des boutons, d'un artisanat millénaire et respectueux - la langue danse à l'arrière-plan, de tout ce que nous avons perdu, mais reconnaissons.
    Quatre périodes de vie en quatre temps, avec une vue directe sur l'intérieur, la télé (Télé-Cagnotte, « 1 franc dans le monnayeur, une heure de programme »), un vocabulaire déjà enfui, mécanographe, loden, popeline, instamatic - le temps a passé si vite - des naissances, le divorce, les modifications du quotidien... Et un arrière-fond politique qui donne des résonances de fresque bien plus large.
    Et ce que ça raconte nous ressemble, c'est la beauté de la petite histoire des anonymes de venir nous chercher par le bout des détails perdus. Lisez quatre pans de vie de femmes, comme quatre petits vestiges, gracieux et graves, qu'on aurait retrouvés dans une boîte à bijoux, un carton, un grenier, ou la boîte à ouvrage d'une Couturière.
    À la fois historienne, spécialiste du XVIIIe siècle et des questions touchant au travail des femmes, Marinte Sonnet est la romancière de "Atelier 62" et de "Montparnasse monde", voir son site.
    Christine Jeanney & François Bon

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  • La traversée

    Jérémy Liron

    Parution : 5 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Un récit en caméra subjective. "Sans dialogue, aux contours flous", dit Jérémy Liron. Un condensé d'impressions, mais que peu à peu les haltes, les paysages structurent, et qui laisse affleurer avec d'autant plus de présence les trois personnages, l'histoire d'amour qui surgit prégnante, avec les trajets et voyages, avec les messages qu'on efface du portable, et la mémoire de tous les films qu'on a vus.
    Artiste plasticien, Jérémy Liron travaille souvent au plus près du réel urbain, via un matériau photographique repris ensuite dans des peintures à l'huile où cette notion de présence, dans la ville ordinaire, passe avant tout le reste - voir son site lironjeremy.com et son blog les pasperdus.blogspot.fr - c'est un peu de cette façon qu'il nous embarque dans ce récit, roman dense et bref où le décalage d'un prénom suffit à faire basculer tous les repères.
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  • L'Infini

    Isabelle Pariente-Butterlin

    Parution : 17 Décembre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'infini, c'est par définition ce qui n'a pas de limite, qui nous déborde. Et nous sommes forcément, dans nos vies, nos villes, dans nos trajets, nos relations, dans des bornes qui en sont l'opposé. Nous restent la parole, le rêve, le désir. Alors on se porte au lieu même de la friction, de la frontière. Et c'est là tout auprès, juste où touche la main, où le regard se porte sur la ligne de fuite, sur l'horizon. Ce texte est un peu le texte fondateur de la démarche désormais bien identifiée d'Isabelle Pariente-Butterlin, celle qu'elle développe dans son site Au bord des mondes, entre philosophie, chroniques, réflexion acharnée sur le web et la pensée, et tout simplement cette oeuvre multe-forme qui naît par l'espace même du web. Il faut un ancrage, une figure qui guide, et force sans cesse au débord, à aller plus loin. Ici ce sera celle d'Ulysse et son voyage. Un Ulysse qu'on apostrophe et tutoie. Le premier chapitre s'intitule "Trouver une oblique", il est simplement question de la lumière qu'un instant réverbère une vague. L'infini présent avant même que le texte s'ouvre...
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  • Refuge sacré

    Cathie Barreau

    Parution : 11 Avril 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Cathie Barreau mène depuis longtemps son oeuvre d'écrivain en parallèle d'une forte implication dans le domaine des ateliers d'écriture (c'est elle qui avait fondé et a dirigé plus de 10 ans la Maison Gueffier à la Roche-sur-Yon). Une résidence d'écrivain, c'est avant tout un partage. Un fragment complexe de réel, avec toutes ses contradictions humaines et ses émotions, et l'intervention de l'auteur, le jeu permanent de miroir qu'induisent ses textes, déstabilise la donne. Pour l'écrivain, en retour, littéralement une mise au monde : son expérience dans la langue est au travail dans ce réel même, invisible sinon.Pour chaque auteur, ce sont des rendez-vous importants, à échelle de sa vie. On ne les renouvelle pas à volonté. Celles et ceux qui ont lu sur publie.net "Résonnent les voix des hommes", témoignant par la fiction d'une expérience d'écriture en prison, savent avec quelle intensité et respect Cathie Barreau mène ces expériences. Sachant que c'est d'abord soi-même qu'on observe, ce qui s'y dérange.Ville-Évrard est un des plus grands établissements psychiatriques de l'île de France. Il a accueilli quelques patients célèbres, dont Camille Claudel et Antonin Artaud bien sûr. L'équipe de soignants y a déjà accueilli, ces dernières années, d'autres écrivains.Dès le départ de cette résidence proposée par le service livre du Conseil général de Seine Saint-Denis, Cathie Barreau annonce sa forme : un journal de voyages. Le voyage qu'elle fait de Nantes à l'hôpital. Le voyage qui s'établit, de visite en viste, entre elle et les patients qui écrivent. Journal qui mêle le retour sur soi à l'observation directe, des paysages, des lieux, des choses. Et bien sûr les paroles, le trouble des paroles, l'intensité des relations mises en travail, côté patients, côté accompagnants, côté soignants.Et que tout ça, on doit l'annuler : la littérature, le théâtre, la fable ne se déterminent pas selon les personnes qui les requièrent, de quelque abîme qu'ils y surgissent. On le sait depuis longtemps au pays de l'anti-psychiatrie, mais au pays aussi où c'est de la clinique du docteur Blanche que Nerval a puisé son "Aurélia". Pas de différence pour l'écrivain si on aborde le "Journal secret de Natalia Gontcharova" (éditions Laurence Teper, 2008), et celui qui demande soudain : "C'est quoi, un rêve ?" - le récit qui s'ébauche ici, c'est l'enquête de Cathie Barreau sur elle-même, sur sa place, sur sa parole, elle s'appuie d'Hélène CIxous, de Michèle Desbordes contre celui qui vient dire : "La poésie, c'est pour les filles."Le terme du livre, et du voyage, sera ainsi ce choeur étrange et sauvage, si humainement juste, où les voix des patients, des soignants et celle de l'écrivain même resurgissent dans le lieu même qui les a fait sourdre. Il s'agit bien, il s'agit seulement, de littérature. Celle qui nous ouvre au monde, là où les mots n'étaient pas encore. Elle est chemin, expérience, assaut.Ce n'est pas ici une mise en ligne ordinaire : c'est l'expérience même, qu'on voudrait prolonger en l'offrant au média numérique. FBPréparation éditoriale et conception epub: Roxane Lecomte.

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  • Une ville (13 boucles)

    Emmanuel Delabranche

    Parution : 6 Mars 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]Il ne faudrait pas, pour parler de ce que ce texte apporte de neuf à l'écriture de la ville, commencer par dire que l'auteur est architecte, spécialiste de Le Corbusier photographe, et parallèlement enseignant dans une école d'architure.Parce que ce n'est pas cela qui aide à écrire, ou plutôt inventer une écriture.D'ailleurs, le texte ne parle pas de celui qui écrit, à quel moment, en quels lieux, à quelle heure - à suivre son blog "à peine perdue", on devine les voyages, les chantiers, les soirs d'hôtel, les rumeurs de ville.Peut-être est-ce ce permanent décalage, peut-être est-ce le geste même de toucher à la ville en tant que paysage, parce qu'on la modifie, qu'on l'écrit - si l'architecture écrit par ses signes et bâtiments - que les mots ici en appellent aux souvenirs d'enfance, d'adolescence, aux dérives, pour revenir à la ville imaginée, la ville intérieurement reconstruite.On découvrira qu'elle inclut le vis-à-vis avec la mer. Qu'elle inclut le souvenir de la guerre. Qu'elle inclut ses étages, niveaux, escaliers, perspectives. Qu'elle inclut les mots et graffitis qui sont sa peau d'écriture.Il y a ici construction. Le mot "boucle" n'est pas au hasard : comme les cercles de Dante, chacun ne mène qu'à lui-même, on retraverse toujours depuis le point de départ, et tout s'assemble en se superposant. Ainsi va naître notre rêve de lecteur.Il y a de l'abstrait, mais il surgit à ce dessin si net et précis en chaque figure de mot. Un livre intérieur. Et qui pour cela se confie tout entier aux figures géométriques, mais si habitées, de la ville.FB

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  • Cacao

    Michèle Kahn

    Parution : 6 Mars 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    "Chaque roman est riche de son propre roman", écrit Michèle Kahn dans les remerciements, à la toute fin, où elle retrace son enquête.Il y a la grande histoire, des événements, des guerres, des crimes, et celle qui semble s'effacer, trop humble. Celle qui pourtant fait les villes, dessine les noms, les maisons, les vies.Les lecteurs de Saint-Simon savent l'importance que prend au XVIIe siècle, à la cour de Louis XIV, le chocolat, comme symbole et rituel. L'Amérique n'est plus un rêve, mais une conquête. Une concurrence aussi : chargés encore de rêve, eux, les vaisseaux qui rapportent ce qu'on en pille.Après, c'est la magie de la littérature. Prendre la minuscule fève de cacao, bien la frotter, puis la déplier : et l'humble histoire rejoint la grande. Pourquoi Bayonne ? Parce que les Juifs espagnols, chassés par l'inquisition, se sont établis de l'autre côté de la Bidassoa. Pourquoi cette guerre acharnée du chocolat ? Parce qu'ils détiennent depuis bientôt cent ans le secret de sa fabrication.Alors c'est une grande danse qui commence - l'Amérique du Sud, les navigateurs et les vaisseaux, ces villes de Bayonne et Biarritz, la politique, la passion aussi très simple de ces êtres devant la propre merveille de ce monde qui s'ébroue.Michèle Kahn abolit l'immense travail de documentation pour les laisser aller leur destin de personnages et vivre leur roman. Ce qui nous emporte, c'est l'idée même d'aventure. Mais elle est là - et à même le récit surgissent documents d'époques, écrits ou illustrés, comme toute une autre richesse, à nous offerte."Cacao" est paru en 2002, il n'était plus disponible : c'est une chance. On honore bien mieux un texte pareil dans l'aventure numérique !FBPréparation éditoriale et création epub : Roxane Lecomte, avec l'auteur.

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  • Noces de Mantoue

    Marie Cosnay

    Parution : 12 Février 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Texte étrange que ce livre de Marie Cosnay - on attire l'attention sur cette étrangeté en suggérant entre parenthèses qu'il pourrait s'agir d'un « (conte) » - texte fou, aimerais-je dire, au sens où une folie divine, de celles qui inspiraient les suivantes de Dionysos, anime l'héroïne d'un récit éclaté et fragmentaire dont toute la force insolite vient précisément de son inachèvement comme aussi du caractère onirique de la plupart des situations et des actes qui le traversent.Cette héroïne n'a pas de nom, elle est « elle » ; souvent elle est présentée du point de vue de ceux qu'elle croise, qui l'escortent, qu'elle aime dans de fugitives étreintes, ou qui la pourchassent ; mais aussi on l'entend souvent parler en son nom, parler ses rêves, ses angoisses, lâcher par bribes des lambeaux d'une histoire tragique qui l'obsède.
    Elle n'a pas de nom, certes, et pourtant, au tournant d'une phrase [2], l'air de rien, elle est dite « la folle, la Ménade, courant les collines, la région ».
    La référence mythologique, si fréquente chez Cosnay, que les tragiques grecs, qu'elle traduit, hante toujours, apparente bien la fugitive aux Bacchantes, aux suivantes de Dionysos.Et pourtant il y a bien un ancrage dans le réel, un effet de réel, dans ce livre qui suit longtemps la voie conforme d'un roman policier, avec cadavres mutilés, recherches d'indices, commissaire de police, doutes et errance d'une enquête qui n'aboutit pas, dont la coupable présumée est la Ménade, qui toujours échappe ; il donne des dates, inscrit le récit dans le temps, le nôtre, entre 2007 et 2008, précise les lieux, le Palais du Té, les environs de Mantoue, les Alpes proches qu'il a fallu traverser, les lacs, donne des noms propres aux autres acteurs de l'histoire...Il y a bien aussi un passé du personnage, des drames, de ceux que seule une famille peut inventer, incestes, prostitution, tout cet « impardonné impardonnable » [3] qui fonde les interdits et les névroses et sans doute aussi la malédiction, « combien de haines l'une après l'autre calculées(...), pour en arriver là - une famille en somme. » [4] Ces thèmes sont récurrents dans les livres de Cosnay.Cela dit, ces marqueurs banals d'une enquête policière, ces quelques clés discrètes pour une « psychologie » de l'héroïne n'auraient pas de véritable intérêt hors de la dimension fantastique qui donne au livre son identité, sa vraie saveur : les lieux eux-mêmes du reste sont pleins d'étrangeté et d'énigmes, ne serait-ce que ce Palais du Té sur lequel travaille, comme architecte, Remi, l'amant, l'ami, le plus fidèle ; palais construit au début du 16ème siècle sur l'île Tejeto, au milieu d'un lac, avec ses fresques aux scènes mythologiques (banquet olympien, salle des géants, des chevaux), et ses grottes, ses écuries immenses au dehors... Tous contrepoints aux obsessions de la Ménade - à sa démesure, à ce côté inspiré, ou mieux, à son caractère de « femme possédée », comme le dit justement le mot Ménade, son goût immodéré du vin, son physique presque animal, cette manière qu'elle a de courir pieds nus, habitant les bois, les arbres, le bord des lacs, son rapport animal au corps - du dégoût assez souvent - à son propre corps, à celui des autres, aux bêtes, vivant une sorte de « devenir animal », comme dirait Deleuze, mais sans jamais trouver le pli où s'abriter : en fuite, au contraire, toujours vers le dehors, le grand ouvert ...L'écriture de Cosnay trouve dans cet environnement la meilleure chance de satisfaire à sa pente naturelle : à la fois l'éclatement de la forme en brèves séquences discontinues, en tout petits chapitres de deux ou trois pages, en même temps qu'elle inscrit le récit dans ce mouvement de halètement, de reprises, de ressassement plutôt, une poétique de la rupture en quelque sorte, en coïncidence parfaite avec ce qui peut être dit de ce monde étrange où finalement les êtres finissent par se perdre, se dissoudre. Monde qui échappe cependant toujours à la parole, et c'est peut-être l'inquiétude qui mine en toile de fond ce récit, à moins, sombre perspective en vérité, que la voix d'un vieil homme, Elio, se risque à parler, mais comme en pure perte...Il semble qu'on ne puisse en sortir. Sous le foisonnement de ce livre, je sens vibrer la mélancolie, je me dis que c'est elle qui pousse à écrire. Et qui pousse au poème.© Jean-Marie Barnaud sur remue.net. "Noces de Mantoue", de Marie Cosnay, est paru aux éditions Laurence Teper en 2009. La collection REPRINT de publie.net propose aux auteurs la reprise au format numérique de leurs ouvrages indisponibles.

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  • André des Ombres

    Marie Cosnay

    Parution : 12 Février 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La généalogie est la querelle de Marie Cosnay, et cela dès son premier livre dont le titre, "Que s'est-il passé", est emblématique, programmatique.Non pas qu'il s'agisse pour elle, au terme d'une enquête, d'éclaircir des chaînes de raisons, de mettre en ordre ou d'aligner des faits et des dates, on s'en doute.
    Le souci est autre : la question qui la travaille et souvent la blesse, comme il arrive aussi à chacun de nous pour peu que nous demeurions inquiets, inquiets de l'altérité, celle des autres, comme peut-être aussi la nôtre..., c'est d'interroger justement la part d'énigme où tout destin et tout être semblent s'abîmer. Et sa méthode, sa pratique plutôt, c'est de tenter cette approche d'une manière qui jamais ne dénature l'énigme, qui, au contraire, la fasse briller comme telle.
    Il faut à l'entreprise, d'une part la compassion, celle que l'héritage grec enseigne à Cosnay, s'il est vrai, comme le montre la dernière partie du livre, que l'enquête que poursuit la narratrice d'André des ombres, titre explicite, coïncide avec une descente aux Enfers, et, d'autre part, la « ferme demeurance », comme le dit Hlderlin, de qui, fidèle aux « lois du temps », ne transigera pas avec je ne sais quelle nécessité de bon sens. Témoin, ce que dit la narratrice, dans la dernière partie du livre, et à propos de Virginie, figure essentielle du récit, première femme de son arrière grand-père André le taiseux, qui abandonne en 1914, on ne sait pourquoi ni comment, en pleine guerre, et leur fils sans prénom connu de nous, et son mari soldat, abandon qui marque le commencement de tout.Elle donne là, et les caractéristiques de la matière qu'elle travaille, ce qu'elle nomme ici l'accroc dans le tissu du réel et de l'histoire individuelle ou collective tissu que l'on voudrait ravauder sans pour autant le priver de ce qui bée, où se loge ce que je nommais l'énigme ; et puis aussi elle dit comment elle écrit, sa marche personnelle, le rythme de cette marche, ce que dit très clairement ici accéléré : sauts, arrêts, reprises, ressassements interminables des mêmes faits et des mêmes postures mystérieuses. Enfin, reprise du souffle.Par moments, longues plages de rêveries méditatives, le temps arrêté, la poésie à l'oeuvre. C'est ce que j'aime dans cette écriture : brusquerie, violence, et tendresse confondues.C'est en fait toute une histoire, toute la généalogie, donc, d'une famille, depuis la fin du 19ème siècle jusqu'au présent où la narratrice...

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  • Déplacements

    Marie Cosnay

    Parution : 2 Mai 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une jeune femme, la narratrice, revient dans son ancienne maison, dans son ancien jardin , prendre des photos. Dans ce jardin où, il y a six ans, elle a surpris une ' scène impossible ' qui reste une énigme pour elle : son petit garçon nu et son mari. Dans ce jardin où, il y a six ans, son mari, avant de s'enfuir en voiture et de se tuer, a tenté de l'étrangler. La narratrice a vu, mais elle ne sait pas ce qu'elle a vu. Alors elle cherche, dans ses souvenirs, dans la mythologie , dans les tragédies antiques. Elle cherche ces scènes tragiques où les enfants sont sacrifiés, brûlés, dévorés. Elle rencontre la violence de l'Histoire qui mutile leurs corps et leurs histoires. Peu à peu, grâce à ces pistes qu'elle suit et qui sont comme autant de réponses possibles, la recherche de la narratrice se fait moins douloureuse, l'étau du piège se desserre, le secret cède la place à la vérité, et la peur à l'apaisement.
    "Déplacements", de Marie Cosnay, est paru aux éditions Laurence Teper en 2007. La collection REPRINT de publie.net propose aux auteurs la reprise au format numérique de leurs ouvrages indisponibles.

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