Sciences humaines & sociales

  • Marcher ; éloge des chemins et de la lenteur

    David Le Breton

    Parution : 5 Avril 2012 - Entrée pnb : 21 Mars 2020

    « Marcher de nos jours, et surtout de nos jours, ce n'est pas revenir aux temps néolithiques, mais bien plutôt être prophète », écrivait Jacques Lacarrière.
    Revisitant une réflexion menée il y a une dizaine d'années, David Le Breton constate que le statut de marcheur a beaucoup changé. Aujourd'hui la marche s'impose comme une activité de loisir.
    L'imaginaire contemporain se réfère plutôt à l'idée de disponibilité et à la nécessité pratique d'entretenir son corps.
    L'auteur refonde ici son récit dans les témoignages et les philosophies de la marche, il redit avec bonheur que marcher est avant tout un long voyage à ciel ouvert dans le plein vent du monde et dans la disponibilité à ce qui advient, que tout chemin est enfoui en soi avant de se décliner sous nos pas et que la marche ouvre à chaque fois à une expérience et à une transformation heureuse de soi.

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  • Ethnologie de la porte

    Pascal Dibie

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 21 Mars 2020


    Qu'est-ce qu'une porte ?

    Dans sa définition même elle implique l'existence d'un "dehors", autrement dit de ce qui est "hors de la porte". Nous y sommes : la porte est d'abord vue de l'intérieur de la maison par celui qui s'y inscrit... A partir de là tout est à penser : le dedans, le dehors, l'ouvert, le fermé, le bien-être, le danger, et c'est pour elle que nous nous sommes institués, nous les hommes, en grands paranoïaques autant qu'en dieux et en techniciens ! Pas un lieu où nous avons voulu dormir que nous n'avons barricadé, pas un champ que nous n'avons borné, pas un temple que nous n'avons chargé, pas une famille ni une ville que nous n'avons protégées. Nos portes sont partout, issues étroites ou portes monumentales.
    Des Magdaléniens d'Etiolles à la porte d'Ishtar à Babylone quelle folie nous a prise? Portiques grecs, arcs de triomphe romains, Jésus qui prêche aux portes, L'enfer qui s'en invente, notre imaginaire de la porte se construit petit à petit. On arme les châteaux de pont-levis et de symboles, on enclot les femmes et puis on fait des Entrées solennelles, on s'invente des étiquettes autant pour les hommes que pour les livres. On dresse partout des barrières jusqu'à inventer les frontières. La ville s'avance, la société se discipline, se numérote, s'invente des règles qu'elle affiche aux portes: prestige, convenances, mort, on peut tout lire à la porte de nos vies. Le folklore s'est emparé des seuils, a nourri nos croyances et nos étranges rites de passage. Nos semblables d'un ailleurs proche ou lointain n'ont pas fait moins : jnouns et serrures veillent en Afrique pendant qu'en Chine on calcule encore l'orientation des ouvertures et qu'à chaque porte se joue l'équilibre de l'univers entier. En Amazonie la porte est en soi alors qu'en Océanie elle est un long chemin d'alliance.
    La porte est pour chacun un bonheur et une inquiétude quotidiens tout simplement parce que, de tous nos objets du quotidien, elle représente un monde inépuisable de pensées.
    Pascal Dibie est Professeur d'Ethnologie à l'Université Paris Diderot-Paris 7 où il co-dirige le pôle des sciences de la ville. Il est l'auteur d'une ethnologie d'un village de Bourgogne effectuée à 30 années de distance qui fait référence : Le Village retrouvé, ethnologie de l'intérieur (Grasset, 1979) et Le village métamorphosé, révolution dans la France profonde (Plon, 2006).
    Il est également l'auteur de Ethnologie de la chambre à coucher traduit en 15 langues et vendu à 30 000 exemplaires (Grasset, 1987, reprise en Suite Métailié, 2000), La Tribu sacrée, ethnologie des prêtres (Grasset, 1993 reprise en Suite Métailié, 2004), et La Passion du regard, essai contre les sciences froides (Métailié,1998).

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