• Changer de société, refaire de la sociologie

    Bruno Latour

    Parution : 16 Janvier 2014 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Il faut désormais se faire à l'idée que la notion de société, à son tour, est devenue l'ennemie de toute pensée du politique. Ce n'est pas une raison pour se décourager, mais l'occasion de refaire de la sociologie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)
    " Il faut changer de société ", dit-on souvent et on a bien raison, car celle où nous vivons est souvent irrespirable. Mais, pour y parvenir, il faut peut-être d'abord s'efforcer de changer la notion même de société. Et d'abord distinguer deux définitions du social. La première, devenue dominante dans la sociologie, présente le social comme l'ombre projetée par la société sur d'autres activités, par exemple l'économie, le droit, la science, etc. La seconde préfère considérer le social comme l'association nouvelle entre des êtres surprenants qui viennent briser la certitude confortable d'appartenir au même monde commun. Dans ce deuxième sens, le social se modifie constamment. Pour le suivre, il faut d'autres méthodes d'enquête, d'autres exigences, d'autres terrains.
    C'est à retracer le social comme association que s'attache depuis trente ans ce qu'on a appelle la " sociologie de l'acteur-réseau " et que Bruno Latour présente dans ce livre. Sa proposition est simple : entre la société et la sociologie, il faut choisir. De la même manière que la notion de " nature " rend la politique impossible, il faut maintenant se faire à l'idée que la notion de société, à son tour, est devenue l'ennemie de toute pensée du politique. Ce n'est pas une raison pour se décourager, mais l'occasion de refaire de la sociologie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

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  • Une immersion passionnante dans l'univers méconnu du bâtiment. L'implication physique de l'auteur dans son enquête permet une restitution fine des situations rencontrées. Prix " La ville à lire " 2009 décerné par France culture et Télérama.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)
    Le secteur de la construction a souvent défrayé la chronique économique ou judiciaire, mais le quotidien des chantiers demeure obscur. C'est ce quotidien qu'explore ce livre. L'auteur, qui s'est immergé durant une année dans le monde du béton armé parisien, en tant qu'ouvrier, retrace ici l'itinéraire de son enquête. Au fil des expériences et des rencontres, il expose les conditions d'emploi et de travail liées au recours croissant à la sous-traitance et à l'intérim : division des collectifs ouvriers, infériorisation et culpabilisation des sous-traitants et des intérimaires, pratiques illégales d'employeurs, contradictions pesant sur la sécurité au travail, recours massif à une main-d'oeuvre étrangère fragilisée et parfois sans papiers, racisme et discriminations...
    L'enquête ébranle au passage certaines idées reçues et témoigne également des résistances des travailleurs concernés. S'ils s'affrontent rarement à leurs employeurs, ils entretiennent en revanche une révolte souterraine qui peut menacer à l'occasion les constructions et contraindre les employeurs à mettre en oeuvre des aménagements. L'implication physique de l'auteur dans son enquête permet une restitution fine des situations rencontrées et offre une immersion impressionnante dans cet univers méconnu du bâtiment.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

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  • A quoi sert la sociologie ?

    Bernard Lahire

    Parution : 16 Janvier 2014 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Des sociologues réunis autour de Bernard Lahire interrogent la légitimité de leur discipline.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2004.)
    " À quoi sert la sociologie ? " La question est tout à la fois naïve et provocatrice. La sociologie doit-elle nécessairement servir à quelque chose ? Ou, pour le dire autrement, à quoi ne doit-elle surtout pas servir ? Et si la sociologie doit avoir une quelconque utilité, quelle doit en être la nature : politique (sociologue-expert, sociologue-conseiller du prince, sociologue au service des luttes des dominés), thérapeutique (la sociologie comme socio-analyse et moyen de diminuer ses souffrances grâce à la compréhension du monde social), cognitive (la sociologie comme savoir n'ayant d'autre objectif que d'être le plus scientifique possible) ?
    C'est à cet ensemble de questionnements que les auteurs de cet ouvrage ont accepté de se confronter. À l'heure où les politiques sont parfois tentés de dénoncer le " sociologisme ", notamment en matière de sécurité, l'actualité nous rappelle que la sociologie est une discipline académiquement moins " légitime " que d'autres, une science particulièrement exposée aux demandes de justification ou aux remises en question de ses résultats. Mais si la situation (sociale, académique et cognitive) singulière de la sociologie la met dans une situation inconfortable, dans le même temps, cette demande de réflexivité peut se révéler très productive.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2004.)

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  • On n'ignorait pas le racisme, mais on découvre combien les discriminations raciales, dans l'emploi, le logement et à l'école, face à la police et à la justice, structurent des inégalités sociales. Un passionnant collectif d'auteurs, à l'heure des nombreux débats sur les statistiques ethniques.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)
    Aujourd'hui, la question raciale vient apporter un démenti aux discours qui se réclament de l'universalisme républicain ; mais elle ne permet pas davantage de représenter la société exclusivement en termes de classes. À l'ombre des émeutes urbaines de l'automne 2005, c'est la représentation d'une France racialisée qui depuis s'est imposée dans le débat public. On n'ignorait pas le racisme ; on découvre combien les discriminations raciales, dans l'emploi, le logement et à l'école, face à la police et à la justice, structurent des inégalités sociales. En retour, se font jour des identifications ainsi que des tensions dans le langage politique de la race, naguère encore interdit de cité. Faut-il donc parler de races, ou pas ? Comment nommer ces réalités sans stigmatiser les groupes qu'elles désignent ? Doit-on se réjouir que les discriminations raciales soient enfin révélées, ou bien se méfier d'un consensus trompeur qui occulterait des inégalités économiques ? D'ailleurs, en a-t-on vraiment fini avec le déni du racisme ?
    Les études réunies dans ce livre composent un éloge de la complexité, autour d'un engagement problématisé : comment articuler, plutôt que d'opposer, question sociale et question raciale ? Une nouvelle préface vient confirmer les déplacements repérés trois ans plus tôt : l'émergence d'une " question raciale " - et plus seulement " raciste " - ou " immigrée ", qui croise la " question sociale " sans s'y réduire, interroge désormais l'ensemble des paradigmes qui sous-tendent les représentations de la société française.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2009.)

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  • 80% au bac... et apres ?

    Stéphane Beaud

    Parution : 19 Décembre 2013 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    " 80 % d'une génération au bac " : ce slogan a nourri les espoirs de promotion sociale pour les enfants de familles populaires, dans un contexte d'insécurité économique et sociale. S. Beaud raconte, à travers le portrait de jeunes d'un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et désillusions des " enfants de la démocratisation scolaire " engagés dans la voie incertaine des études longues.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2003.)
    " 80 % d'une génération au bac " : ce mot d'ordre, lancé en 1985 comme objectif de l'enseignement secondaire français, fait l'objet d'un consensus politique, satisfaisant le progressisme de la gauche enseignante et le pragmatisme des gouvernements qui ont vu là un moyen de juguler le chômage de masse des jeunes. Ce slogan a nourri les espoirs d'une possible promotion sociale pour les enfants de familles populaires, en particulier immigrées, dans un contexte d'insécurité économique et sociale croissante. Dans ce livre nourri d'une enquête de dix années, Stéphane Beaud raconte, à travers les portraits de jeunes d'un quartier HLM à forte composante immigrée, les illusions et les désillusions de ces " enfants de la démocratisation scolaire ", engagés dans la voie incertaine des études longues. Il montre comment ils ont dû déchanter alors qu'ils se voyaient peu à peu relégués dans les filières dévalorisées du lycée et du premier cycle universitaire. L'auteur met ainsi en lumière l'ambivalence de la politique volontariste de démocratisation scolaire : d'un côté, une élévation globale du niveau de formation et une forme de promotion sociale pour certains et, de l'autre, un coût moral et psychologique important, voire dramatique, pour ceux qui se retrouvent fragilisés par leur échec universitaire et confrontés au déclassement social.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2003.)

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  • Parias urbains ; ghettos, banlieues, état

    Loïc Wacquant

    Parution : 16 Janvier 2014 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Quel est le sens des émeutes urbaines qui s'intensifient depuis quinze ans ? Une analyse engagée des logiques de ségrégation urbaine dans les démocraties occidentales. Rompant avec le biais exotisant des discours médiatique et politique, ce livre emmène le lecteur au sein du ghetto de Chicago et d'une cité déshéritée de la banlieue industrielle de Paris.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)
    Rompant avec le biais exotisant des discours politique et médiatique, ce livre emmène le lecteur au sein du ghetto de Chicago et d'une cité déshéritée de la banlieue industrielle de Paris. Où l'on découvre que la marginalité urbaine n'est pas partout tissée de la même étoffe. Mêlant observations de terrain, données statistiques et rappels historiques, Loïc Wacquant montre que l'implosion du coeur noir de la métropole étasunienne s'explique par le retrait de l'économie salariale et de l'État-providence favorisé par des politiques publiques de ségrégation et d'abandon urbain. Quant à la prolifération des " quartiers à problèmes " au pourtour des villes européennes, elle n'annonce pas la formation de ghettos à l'américaine, mais traduit la décomposition des territoires ouvriers sous l'effet conjoint de la désindustrialisation, de la précarisation du travail, et du brassage ethnique de populations jusque-là cloisonnées.
    Le travail de comparaison souligne le rôle-clef de l'État dans l'articulation des inégali-tés de classe, de lieu et d'origine des deux côtés de l'Atlantique. Elle révèle aussi l'émergence d'un nouveau régime de marginalité nourri par l'instabilité du salariat, le recul de l'État social et la concentration, dans des districts mal famés, de catégories dépourvues d'un langage collectif leur permettant de se forger une identité et des revendications collectives. En éclairant d'un jour nouveau le mélange détonant entre la misère, l'opulence et la violence dans les métropoles du Premier monde, Parias urbains offre des outils précieux pour revigorer le débat public sur les inégalités sociales et la citoyenneté.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

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  • Devenir anorexique ; une approche sociologique

    Muriel Darmon

    Parution : 16 Janvier 2014 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    En se tenant au plus près de l'expérience des personnes concernées par la maladie, de leurs propriétés sociales et culturelles, ce livre renouvelle en profondeur l'approche de l'anorexie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)
    Comment devient-on anorexique ? La sociologie a-t-elle quelque chose à dire à ce sujet ? On invoque fréquemment la " dictature de la minceur ", les représentations médiatiques du corps féminin, les transformations des comportements alimentaires, pour expliquer la multiplication des cas d'anorexie chez les adolescentes. Plus généralement, l'anorexie est très souvent étudiée à travers les discours médicaux, psychanalytiques ou journalistiques qui détiennent sur ce sujet une sorte de " monopole de la parole légitime ". Muriel Darmon a choisi, au contraire, de se tenir au plus près de l'expérience des personnes concernées par la maladie, de leurs propriétés sociales et culturelles, et s'efforce de reconstituer précisément les conduites et les processus qui font que des adolescentes peuvent en venir à être diagnostiquées comme anorexiques. À partir d'entretiens avec des jeunes filles anorexiques hospitalisées ou non, avec leurs enseignants et avec des adolescentes du même âge, cet ouvrage appréhende l'anorexie du point de vue de ses pratiques : pratiques alimentaires, corporelles, mais aussi scolaires, qui trouvent des conditions de possibilité, nécessaires - bien que non suffisantes -; dans l'origine sociale, le sexe et l'âge des patientes. Dans ce livre qui renouvelle en profondeur l'approche de cette maladie, Muriel Darmon montre que l'anorexie peut être décrite comme un véritable " travail ", une entreprise de transformation de soi qui requiert des dispositions spécifiques et qui s'organise en différentes phases composant une " carrière " anorexique, depuis l'engagement dans un régime jusqu'aux effets de l'hospitalisation et à la sortie de la maladie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2008.)

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  • écrits sur le corps et l'esprit

    Immanuel Kant

    Parution : 13 Septembre 2011 - Entrée pnb : 21 Février 2014

    De ses cours de « psychologie rationnelle » jusqu´à ses réflexions sur les phénomènes psychosomatiques, Kant n´a cessé de s´interroger sur les rapports entre corps et âme, ou entre corps et esprit. Rompant avec les interrogations métaphysiques classiques, il explore plusieurs voies originales dont celle d´une « médecine philosophique du corps » qui permettrait de soigner le corps par l´esprit. Kant explora longuement ce dernier domaine, comme en témoignent, outre son dialogue avec le docteur Hufeland, fondateur de la macrobiotique, plusieurs textes pour la première fois traduits en français, dont « La médecine du corps qui est du ressort des philosophes » et le « Manuscrit sur la diététique ». Les « Réflexions sur l´inoculation » portent quant à elle sur le caractère moral de cet ancêtre de la vaccination. Description des maladies des gens de lettres, analyses de la folie et de l´hypocondrie, prescription de régimes philosophiques... Ces écrits font apparaître un pan méconnu de la philosophie de Kant : une diététique philosophique propre à former le sujet éthique, pour ainsi dire des exercices corporels de philosophie moderne.

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    1 autre édition :

  • La sociologie pour les nuls

    Jay Gabler

    Parution : 24 Janvier 2013 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    La vie en société, mode d'emploi
    La société est en permanente évolution, et ce sont ces éternels changements dans notre quotidien qui font de la sociologie une discipline si cruciale. Étude des interactions sociales, la sociologie traite de tous ces sujets qui touchent notre vie courante, tels que la ville, la religion, la race, le genre, la culture...
    Offrant un vaste panorama des nombreuses théories de la sociologie, de ses concepts clés, de ses controverses et plus généralement de son application et de son importance dans notre vie de tous les jours, La Sociologie pour les Nuls nous permet d'avoir une meilleure compréhension des mécanismes sociaux ; pour mieux concevoir la société dans laquelle nous vivons, et la place que nous y occupons.
    Découvrez :
    - Le B.A.-BA de la sociologie
    - La société à travers les yeux du sociologue
    - Égalité et inégalité au sein d'un monde divers
    - Les arcanes de l'organisation sociale
    - La sociologie dans votre vie
    - Dix mythes sur la société déboulonnés par la sociologie

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  • L'atelier de Marcel Mauss ; un anthropologue paradoxal

    Jean-François Bert

    Parution : 7 Décembre 2012 - Entrée pnb : 16 Juillet 2014

    C'est Marcel Mauss au travail que nous présente Jean-François Bert, au terme d'une enquête fondée sur les archives de l'anthropologue : saisi sur le vif dans la rédaction de ses comptes rendus pour L'Année sociologique, ses lectures en bibliothèque, l'édition posthume de ses collègues comme Henri Hubert ou Robert Hertz, ou encore la mise en forme de son fichier. Autant de pratiques savantes mobilisées dans la production, la diffusion et la réception d'un savoir, celui des sciences sociales alors en constitution. Le lecteur suit les traces des activités de l'anthropologue au croisement de la sociologie, de l'anthropologie et de la philologie. Les grandes étapes de sa vie, son travail quotidien à L'Année sociologique, ses candidatures au Collège de France, la rédaction de ses articles les plus importants ou ses rapports avec son oncle Émile Durkheim sont ici revisitées à partir d'une attention portée aux manières de faire, aux faits et gestes du savant, mais aussi aux rites et aux genres du savoir de la fin du XIX¬ ¬e et du début du XX¬¬e siècle. L'atelier de Marcel Mauss nous fait découvrir l'image d'un chercheur plus contrastée que celle donnée par les biographies classiques. Un atelier, surtout, qui permet de mieux comprendre l'apport de l'anthropologue à une science en devenir.

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  • Les engagements des travailleurs sociaux sont cependant mis à mal par la restriction des moyens dont ils disposent. Comment expliquer la pérennité des vocations et la persistance des investissements ? Comment font-ils pour tenir ? Tel est l'objet de ce livre, fruit d'une enquête ethnographique de longue durée.
    En dépit d'une faible reconnaissance scientifique et de rétributions économiques moyennes, le travail social, aujourd'hui accusé de favoriser l'assistanat, continue d'attirer de nouvelles recrues. Venir en aide, insérer socialement, diminuer les souffrances, agir sur leurs causes, sinon changer le monde, restent des objectifs mobilisateurs. Les engagements des travailleurs sociaux sont cependant mis à mal par la restriction des moyens dont ils disposent.
    Comment expliquer la pérennité des vocations et la persistance des investissements ? Comment font-ils pour tenir ? Tel est l'objet de ce livre, fruit d'une enquête ethnographique de longue durée. Prenant au sérieux les pratiques, même les plus triviales, elle a mis en évidence les différents modes de présentation qu'adoptent les travailleurs sociaux et les registres qu'ils mobilisent pour rendre compte de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font. Elle a conduit à dégager trois pôles : les travailleurs sociaux cliniques trouvent leur énergie dans l'atténuation de la souffrance des usagers, les travailleurs sociaux militants dans le travail politique qu'ils entreprennent et les travailleurs sociaux normatifs dans la sensibilisation au respect des règles, perçu comme facteur d'intégration.
    Parce que le sens attribué à l'engagement est sans cesse questionné et parce que le désenchantement les guette, le livre montre les ajustements et réajustements qui ponctuent leur carrière et influent sur leurs " raisons d'être ".

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  • Critique de la raison utilitaire

    Alain Caillé

    Parution : 26 Septembre 2013 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    Paru en 1989, ce petit texte pédagogique a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l'anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2 e édition de 2003)
    Paru en 1989, ce petit texte pédagogique qui présentait le travail de pensée accompli par la Revue du MAUSS, a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l'anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. C'est que l'objectif premier du MAUSS -; " Montrer que l'obstacle principal sur lequel bute la pensée moderne est celui de l'économisme, [...] que c'est lui qui souffle l'essentiel des réponses et qui limite abusivement le champ du possible et du concevable " -; est devenu chaque jour plus actuel. Aujourd'hui, nous y sommes en plein. Ce n'est plus seulement la pensée qui se dissout dans l'économisme, c'est le rapport social lui-même qui se dilue dans le marché. D'où la nécessité urgente de chercher des ressources théoriques et pratiques qui permettent de sauvegarder l'essentiel, la civilité ordinaire et le goût de ce qui fait sens par soi-même, à commencer par celui de la démocratie. Épuisé depuis plusieurs années, ce livre est réédité avec un avant-propos et une postface inédits qui permettent également d'introduire le lecteur aux analyses ultérieures du MAUSS sur la genèse de l'utilitarisme (et donc de l'économisme) et sur le paradigme du don.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la 2e édition de 2003)

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  • Pour un regard-monde ; entretiens avec Michel Sénécal

    Armand Mattelart

    Parution : 14 Avril 2011 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    Conjuguer théorie et pratique, passé et présent, dimension locale et dimension supranationale, l'histoire inscrite dans la pluralité des cultures, tels sont les point cardinaux de cet intellectuel hors norme, qui revient ici sur son parcours.
    Armand Mattelart a consacré une grande partie de sa vie à penser la mondialisation de la communication et de la culture. Son oeuvre se révèle incontournable, tant elle est originale et multiple - preuve en est la traduction en de nombreuses langues dont elle a fait l'objet. Ce livre d'entretiens retrace la trajectoire de ce chercheur, en la replaçant dans les différents contextes sociaux et géopolitiques qui l'ont façonnée. En même temps que les idées en mouvement, on y découvre l'état des rapports de forces internationaux et la complexité du jeu des acteurs sociopolitiques dans les sociétés au sein desquelles Armand Mattelart a été appelé à vivre et à travailler.
    Explicitant des aspects relativement peu connus de ses recherches, il montre comment et pourquoi son parcours personnel est partie intégrante d'itinéraires collectifs. Pour lui, le défi qu'affronte tout projet de construction de l'histoire des modes de production et de circulation des dispositifs de communication et d'information est de conjuguer théorie et pratique, passé et présent, dimension lo-cale et dimension supranationale. C'est ce qui fait que cette histoire est inscrite dans la pluralité des cultures. La démarche généalogique qui caractérise si bien les ouvrages de cet intellectuel hétérodoxe est ici mise à contribution pour décrypter l'émergence d'un " regard-monde ".

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  • La société des victimes

    Guillaume Erner

    Parution : 28 Novembre 2013 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Dans nos sociétés compassionnelles, la charité aspire à remplacer la solidarité, l'exception se substitue à la règle et l'émotion prend le pas sur la raison. Comment la cause de la victime en est-elle donc venue à servir l'injustice ?
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)
    Que resterait-il de l'actualité s'il n'y avait plus de victimes ? Il suffit de jeter un coup d'oeil à la télévision pour s'en rendre compte : du journal télévisé aux émissions de divertissement, la souffrance fascine et occupe le devant de la scène. Pourtant, on aurait tort de réduire cette omniprésence à une simple mode médiatique. Car c'est le signe d'une évolution profonde de nos sociétés démocratiques : autrefois, les victimes avaient honte de leur condition, aujourd'hui la reconnaissance de ce statut est devenue un enjeu, donnant naissance à une nouvelle catégorie sociale. Autour des victimes, un consensus compassionnel s'est mis en place, par lequel les médias, les politiques, les ONG et certains intellectuels apportent à une opinion publique consentante son lot quotidien de souffrances. C'est cette alliance objective qui façonne notre " société des victimes ". Pourquoi un monde qui n'a jamais semblé aussi inégalitaire, individualiste et cruel se soucie-t-il autant des victimes ? C'est ce paradoxe que propose d'explorer cet ouvrage incisif. Au sein du consensus compassionnel, la charité aspire à remplacer la solidarité, l'exception se substitue à la règle, l'émotion prend le pas sur la raison et l'instrumentalisation de la souffrance se traduit de multiples manières : des enjeux politiques biaisés et pervertis, une justice kidnappée par la victime, une rivalité mimétique incessante entre les communautés... La cause de la victime en est venue à servir l'injustice. Et le victimisme menace désormais l'humanisme.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

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  • L'intelligence sociale en danger

    Michel Chauvière

    Parution : 7 Juin 2012 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    Notre héritage juridique, institutionnel, professionnel et cognitif, loin d'être la cause d'inutiles dépenses publiques et d'un assistanat chronique, constitue une ressource incontournable pour apporter une réponse solidaire et globale à la question sociale, qui nous interpelle tous.
    Au cours du XXe siècle, un modèle social s'est imposé en France au prix de luttes parfois dures et longues. Beaucoup d'intelligence et de pugnacité ont été nécessaires pour penser et mettre en oeuvre une architecture pertinente, à la hauteur des enjeux. Celle-ci repose notamment sur quatre principaux registres interdépendants : les droits, les institutions, les savoirs et les actes de métier.
    Or les politiques mises en oeuvre ces dernières années opèrent une dislocation de ces différents registres, au nom du pragmatisme, de l'individualisation ou de la performance. En outre, la recherche effrénée d'économies s'accompagne d'un lot de publicités mensongères (qualité, libre choix, droit opposable...). Un intense travail de remise en cause des représentations du social et des valeurs de solidarité est passé par là, contribuant à affaiblir les pratiques de terrain et la culture politique propres au champ social, malgré la remontée préoccupante des inégalités. Comment y résister collectivement ?
    Poursuivant la réflexion entamée dans Trop de gestion tue le social (La Découverte, nouvelle éd. 2010), Michel Chauvière montre ici que notre héritage juridique, institutionnel, cognitif et professionnel, loin d'être la cause d'inutiles dépenses publiques et d'un assistanat chronique, constitue au contraire une ressource incontournable pour apporter une réponse solidaire et globale à la question sociale qui nous interpelle tous.

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  • Noirs d'encre

    Dominic Thomas

    Parution : 7 Février 2013 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    À partir d'une étude comparatiste d'oeuvres littéraires d'écrivains africains, français ou antillais contemporains, une analyse des bouleversements qui ont résulté, en France, de la domination coloniale et postcoloniale, de l'affaiblissement de l'État-nation et de l'émergence de générations de jeunes exclus.
    Dans cet ouvrage original à plus d'un titre, Dominic Thomas explore les bouleversements qui ont résulté de la domination coloniale et postcoloniale, et les impacts sur les sociétés et populations africaines de la dissolution partielle des structures d'États-nations modernes en faveur de mécanismes supranationaux. L'auteur s'appuie sur une étude comparatiste d'oeuvres littéraires et donne à voir les circonscriptions transnationales issues du colonialisme et de l'immigration. Ainsi que l'émergence d'une littérature " afro-française ", qui rafle les prix littéraires internationaux et fait connaître la la+ngue, plus profondément sans doute que ne le peuvent les institutions de la francophonie.
    En mobilisant les apports de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, études francophones, Gender Studies, études sur les diasporas, études postcoloniales), Noirs d'encre souligne l'importance pour la société française de valoriser une nouvelle histoire de France qui ferait clairement comprendre que les diasporas noires se trouvent au coeur de l'ouverture de la France au monde, au coeur même de sa modernité.

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  • Quand les corps se souviennent

    Didier Fassin

    Parution : 12 Décembre 2013 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Quels sont les enjeux politiques, en Afrique du Sud, de la crise épidémiologique du sida, qui met en cause les discours de la science autant que la gestion du pouvoir ? Un prisme original pour lire l'histoire récente de l'après-apartheid, dans laquelle le passé est intensément présent, à travers la souffrance et le ressentiment. Il s'agit ici de comprendre, de manière littérale, comment les corps se souviennent.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)
    Avec six millions de personnes infectées, l'Afrique du Sud est le pays du monde le plus gravement touché par l'épidémie de sida. Elle est aussi le lieu des débats les plus virulents sur les causes et les traitements de la maladie, des mobilisations les plus spectaculaires et des procès les plus retentissants pour l'accès aux médicaments. Que ces faits surviennent dans le contexte de l'après-apartheid, dans une " nouvelle Afrique du Sud " où la reconstruction d'une " nation arc-en-ciel " affranchie des barrières raciales semblait enfin possible, confère à cette situation une tonalité particulièrement dramatique. En ce sens, la chronique sud-africaine du sida, de ses morts annoncées et de ses polémiques incessantes, forme le contrepoint de la Commission vérité et réconciliation, qui s'est efforcée de solder un héritage douloureux. Fruit de cinq années d'enquête dans les townships et les anciens homelands comme dans les milieux savants et politiques sud-africains, ce livre retrace les enjeux politiques d'une crise épidémiologique qui met en cause les discours de la science autant que la gestion du pouvoir : il montre, à partir des biographies de malades et de l'anatomie des controverses, comment l'histoire de la colonisation et de la ségrégation demeure vivante, dans les inégalités et les violences, dans le racisme et les accusations de racisme. Le passé est intensément présent, se dévoilant sans cesse à travers une politique de la souffrance et une économie du ressentiment. Il s'agit donc ici de comprendre, de la manière la plus littérale, comment les corps se souviennent. Au-delà de la singularité historique de l'Afrique du Sud, l'auteur propose ainsi une réflexion sur la mémoire des afflictions collectives dans les sociétés contemporaines et sur l'anesthésie politique que perpétue notre indifférence à l'égard de ces injustices.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006.)

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  • Les Français face à la culture

    Olivier Donnat

    Parution : 21 Novembre 2013 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    En 1990, la publication des résultats de la dernière enquête sur les pratiques culturelles des Français avait suscité de vives réactions. Certains y avaient trouvé la confirmation de l'inefficacité de la politique culturelle de démocratisation, la preuve que rien n'avait changé ; d'autres, à l'inverse, avaient parlé de révolution culturelle, comme si l'audiovisuel avait définitivement remplacé l'imprimé.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994)
    En 1990, la publication des résultats de la dernière enquête sur les pratiques culturelles des français (La Découverte / La Documentation française) avait suscité de vives réactions. Certains y avaient trouvé la confirmation de l'inefficacité de la politique culturelle de démocratisation, la preuve que rien n'avait changé ; d'autres, à l'inverse, avaient parlé de révolution culturelle, comme si l'audiovisuel avait définitivement remplacé l'imprimé. Ces deux discours, loin d'être incompatible ou antagonistes, doivent être pensés conjointement. C'est ce que tente de faire Olivier Donnat dans ce livre, où il montre comment et pourquoi les transformations récentes des conditions au savoir et aux oeuvres d'art ont développé une " consommation " croissante de culture, sans que les cercles des véritables amateurs de théâtre, de littérature ou d'art contemporain n'augmentent de manière significative. En s'appuyant sur de nombreuses données chiffrées, l'auteur propose une analyse originale de la connaissance que les Français ont du monde des arts et de la culture, de leurs goûts et de leurs comportements, ainsi qu'une description détaillée des principaux " univers culturels " identifiables à l'échelle de la population française. Il revient notamment sur la question de la montée des valeurs juvéniles depuis les années soixante : il souligne l'existence, par-delà les clivages sociaux, de profondes solidarités générationnelles et 'interroge sur les effets de la spectacularisation qu'ont connus certains aspects de la vie culturelle au cours des années quatre-vingt.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994)

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  • Malgré la notoriété de Pierre Bourdieu, bien peu connaissent l'importance, dans son travail théorique ultérieur, de ses premiers travaux empiriques, menés en Algérie dans la seconde moitié des années 1950. D'où l'intérêt de cet ouvrage, où le sociologue algérien Lahouari Addi revisite le corpus théorique de Bourdieu au regard de l'Algérie. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002.)
    L'oeuvre de Pierre Bourdieu, disparu prématurément début 2002, n'a pas fini de marquer la recherche en sciences sociales, tant en France qu'à l'étranger. Mais, malgré sa notoriété, bien peu connaissent l'importance dans son travail théorique ultérieur de ses premiers travaux empiriques, menés en Algérie dans la seconde moitié des années cinquante. D'où l'intérêt de cet ouvrage, où le sociologue algérien Lahouari Addi revisite le corpus théorique de Bourdieu au regard de l'Algérie. Il rappelle d'abord que Bourdieu s'est intéressé à ce pays dans une double perspective, sociologique et anthropologique, analysant d'une part les effets de la domination coloniale sur la société algérienne dans une perspective sociologique (avec Abdelmalek Sayad) et, d'autre part, en étudiant le village kabyle et sa culture dans une perspective anthropologique. Lahouari Addi démontre ensuite, de façon particulièrement éclairante, comment les concepts majeurs de l'oeuvre théorique de Bourdieu (habitus, capital social, violence symbolique...) ont été forgés dans ces recherches fondatrices : pour lui, la Kabylie n'a jamais cessé d'être une référence paradigmatique pour montrer le caractère caché des mécanismes de la domination sociale et le fondement historique de la rationalité du discours économique dans les sociétés occidentales.

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  • Les mariages forcés

    Gérard NEYRAND; Abdelhafid HAMMOUCHE; Sahra MEKBOUL

    Parution : 28 Novembre 2013 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Autrefois pratiqués en France, les mariages forcés perdurent chez certaines familles d'origine étrangère et expriment une réelle difficulté à intérioriser les règles qu'impose le mariage français : autonomie des personnes, égalité des sexes, libre choix du conjoint. Les conflits qui se développent alors entre parents et enfants sont violents, particulièrement pour les jeunes filles. Ils s'appuient sur la contradiction entre les références à des cultures d'origine où la famille tient une place centrale dans le jeu matrimonial et le contexte culturel d'accueil, et renvoient aux écarts de socialisation entre générations. Mais cette contradiction interculturelle s'interprète au sein même des cultures d'origine qui, dans leurs principes et leurs textes de référence, reconnaissent la nécessité du consentement des époux.
    L'enquête réalisée pour rendre compte de ces situations dramatiques s'appuie sur des entretiens avec des jeunes femmes concernées et des représentants institutionnels et associatifs. Elle met en évidence la violence propre à ces situations de conflit mais aussi les déchirements à l'intérieur des familles et des communautés, et la difficulté des institutions à y répondre efficacement. La nouvelle génération d'associations portées par des représentantes de ces communautés a cependant permis d'initier des réponses coordonnées, visant à constituer un dispositif de prise en charge. L'analyse débouche sur quelques recommandations pour aider à l'organisation de ces réponses.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

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  • Géométrie, mesure du monde

    Thierry PAQUOT; Chris YOUNÈS

    Parution : 28 Novembre 2013 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    Aujourd'hui, les architectures " molle ", " sculptée ", " transparente " ou " immatérielle " prétendent se libérer des contraintes géométriques, comme si la géométrie ne revendiquait que la droite et la forme orthogonale ! Certains architectes s'abandonnent aux " hasards " informatiques et construisent des édifices à la géométrie chahutée par un logiciel. Des urbanistes opposent encore le plan radioconcentrique au plan en damier en ce qui concerne l'expansion des villes et, refusant d'imaginer d'autres morphologies, laissent faire la promotion immobilière, les opportunités foncières et le chacun pour soi. La géométrie, dans notre culture marquée par la philosophie grecque, est constitutive de l'architecture comme de l'urbanisme et échappe à toute mainmise d'une envahissante raison en nourrissant en permanence, par le jeu extraordinairement varié de ses agencements, une symbolique amicale. En cela, la géométrie est un langage qui parle à chacun : il lui dit la mesure du monde. Rompre avec la géométrie au nom des technologies nouvelles ou de la liberté du créateur revient en réalité à s'isoler d'autrui, à ne plus dialoguer avec le commun en usant du vocabulaire symbolique de la géométrie. C'est ce rappel qu'il nous faut entendre, comme une invitation à mesurer aussi bien notre corps que le paysage, aussi bien la maison que la ville. Cet ouvrage collectif veut questionner géométriquement et philosophiquement l'urbain contemporain et les architectures qu'il provoque : il tente de saisir à partir de la confrontation entre mathématiciens, géomètres, historiens, architectes, urbanistes, paysagistes, philosophes, l'expérience existentielle de l'espace-temps des lieux.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005.)

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  • Le profilage des populations

    Armand MATTELART; André VITALIS

    Parution : 9 Janvier 2014 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    La révélation de l'accès aux communications des internautes par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), en juin 2013, est venue nous rappeler l'ampleur du fichage et du traçage numériques. Certes, nous vivons aujourd'hui dans un monde d'hypersurveillance. Mais il n'a plus rien à voir avec le Big Brother totalitaire d'Orwell. Loin d'un modèle disciplinaire, les contrôles, exercés par une diversité d'acteurs publics et privés, y sont invisibles et mobiles, de plus en plus tributaires de la participation involontaire des individus et souvent aux fins d'anticipation de leurs comportements.
    Ce livre vise à cerner l'origine, les contours et la dynamique de cette surveillance post-orwellienne. À partir de la rupture fondamentale introduite au XIXe siècle par le libéralisme et la reconnaissance des droits de l'homme, il retrace l'évolution fluctuante du couple libertés/contrôles. Au gré des crises économiques, sociales et morales, les progrès politiques et des droits civiques ont été accompagnés par de nouveaux agencements des outils d'observation et de profilage. Discriminant tout d'abord des catégories particulières, comme les vagabonds, les ouvriers ou les migrants, ces modalités vont bientôt concerner l'ensemble de la population. À cet égard, l'informatique, mal-gré la volonté proclamée des États d'en limiter les usages liberticides, opère une véritable révolution du contrôle. Cette mutation, qui se poursuit aujourd'hui avec l'appropriation des technologies numériques par des monopoles privés à l'échelle mondiale, va à contresens du projet de libération annoncé voilà plus de deux siècles.

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  • L'esprit du poker

    Lionel ESPARZA

    Parution : 13 Février 2014 - Entrée pnb : 12 Décembre 2014

    La pratique du poker a explosé dans les années 2000. En France, pour le seul poker en ligne, on estimait en 2011 à 1,5 million le nombre de joueurs réguliers ou occasionnels, misant un total de 8 milliards d'euros annuels. Pourquoi un tel engouement ? Un joueur mène l'enquête. Mobilisant des références multiples, Lionel Esparza explique dans ce livre très accessible ce qui fait aujourd'hui la prodigieuse puissance d'attraction d'un jeu pourtant ancien.
    Il raconte comment s'est constitué le poker moderne, dont on suit les pérégrinations depuis les bouges de La Nouvelle Orléans du XIXe siècle jusqu'aux tournois électroniques planétaires d'aujourd'hui. Afin de saisir les raisons de son affinité avec les désirs contemporains, il en analyse aussi les ressorts, la logique interne. La table de poker fonctionne comme un modèle réduit où se résume l'essentiel des obsessions contemporaines : le désir d'argent, le goût pour la compétition effrénée, l'expérience de l'impondérable dans une société dominée par les exigences du calcul prévisionnel, mais aussi le mensonge, le bluff et le spectacle.
    Le poker n'a qu'un dieu, l'argent ; qu'une religion, le capitalisme ; qu'une inspiration, le marché. Il traduit en termes ludiques les impératifs du libéralisme. Il les trans-met ainsi à la façon d'un message subliminal, non comme le feraient un manuel théorique ou une fiction exemplaire, mais à travers une pratique d'autant plus efficace qu'anodine en apparence . Nous sommes entrés dans le stade ludique du capitalisme. L'analyse critique de son jeu-fétiche peut permettre de mieux en saisir l'esprit.

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  • La petite noblesse de l'intelligence

    Wilfried LIGNIER

    Parution : 26 Avril 2012 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    Ce livre s'attache à dissiper le halo de mystère qui entoure la figure de l'enfant " surdoué ". D'où vient-elle historiquement ? Comment est-elle devenue, sous le nom de " précocité intellectuelle ", une question éducative officielle dans l'espace public français ? Dans quelle mesure les psychologues contemporains reconnaissent-ils et pratiquent-ils cette notion ? Et, surtout, qui sont, que veulent et que font les parents qui ont recours à un psychologue pour attester la grande intelligence de leur(s) enfant(s) ?
    Issu d'une enquête approfondie, menée notamment auprès de parents, de psychologues et de militants associatifs, le livre relie l'affirmation de cette petite noblesse de l'intelligence que constituent les enfants surdoués à un double contexte : le développement de pratiques psychologiques privées et l'augmentation de la concurrence scolaire au sein de l'école massifiée. De façon exemplaire, le cas des surdoués illustre comment la psychologie clinique peut fonctionner comme une source légitime de singularisation des enfants dans les secteurs les plus indifférenciés de l'école (de la maternelle au début du collège). Cette singularisation relève pour partie de stratégies de réassurance, de la part de familles qui, bien que plutôt avantagées socialement, sont sujettes à de vives incertitudes éducatives. Mais on ne saurait ignorer, par ailleurs, les conséquences concrètes de l'anoblissement psychologique : les parents cherchent presque toujours à faire valoir à l'école la différence attestée de leur enfant. Et de fait, comme le montre l'enquête, ils parviennent très souvent à obtenir des enseignants ces petits privilèges qu'ils estiment dus à l'intelligence.

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