Fayard

  • La technique et le temps

    Bernard Stiegler

    Parution : 17 Octobre 2018 - Entrée pnb : 17 Novembre 2018

    1. La Faute d'Épiméthée - 2. La Désorientation
    - 3. Le Temps du cinéma et la question du mal-être
     suivis de
      Le nouveau conflit des facultés et des fonctions
    dans l'Anthropocène
     
    L'objet de cet ouvrage est la technique appréhendée comme horizon de toute possibilitéà venir et de toute possibilité d'avenir. La technique constitue ce que l'on a pris l'habitude d'appeler l'humanité- et cependant, tout aussi bien et tout aussi constamment, la technique destitue cette humanité« trop humaine », ne lui donnant son temps qu'en le lui retirant.
      Cette question paraissait encore seconde lorsque Bernard Stiegler en esquissa les premières formulations à l'aube des années 1980. Aujourd'hui, elle traverse tous les débats qui se tiennent anxieusement dans l'Anthropocène, quant au changement climatique, quant au transhumanisme, etc. Son énormités'impose à tous.
    Le temps présent est emporté dans les tourbillons de processus dont les principes dynamiques et les tendances demeurent obscurs, et qu'il faut s'efforcer de rendre intelligibles - en vue aussi d'une « nouvelle sensibilité». L'emportement du temps est d'autant plus paradoxal que, tandis qu'il devrait ouvrir à l'évidence d'un avenir, jamais l'imminence d'une impossibilitéà venir n'a semblé si grande.
    Le système technique mondial repose désormais intégralement sur les technologies numériques, qui marquent une immense rupture - et rouvrent la question de l'ubris : celle de la démesure - en ce que ces technologies permettent une exploitation systématique de la mémoire, des comportements, des processus de décision, bref de la conscience individuelle et collective. Le fait historique qu'il s'agit de penser est celui de l'industrialisation de l'esprit.
    C'est à introduire une pensée nouvelle de ces transformations - inspirée autant par l'archéologie et l'histoire des techniques que par la phénoménologie et sa déconstruction - qu'auront été consacrés les trois premiers tomes de La technique et le temps.
    Penser la technique est une tâche de longue haleine, dont il faut avertir de la difficulté et de la nécessité : à son origine même et jusqu'à maintenant, la philosophie a refouléla technique comme objet de pensée. La technique est l'impensé.
    Penser la technique, c'est requalifier le projet philosophique en son entier, et par voie de conséquence, les rapports à la technique de toutes les formes de savoirs.
     
    De La technique et le temps, Jacques Derrida avait annoncé : «  Voici une thèse qui fera date. »
     

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  • La société automatique

    Bernard Stiegler

    Parution : 18 Mars 2015 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Le 19 juillet 2014, le journal Le Soir révélait à Bruxelles que selon des estimations américaines, britanniques et belges, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Italie, la Pologne et les États-Unis pourraient perdre entre 43 et 50 % de leurs emplois dans les dix à quinze prochaines années. Trois mois plus tard, le Journal du dimanche soutenait que trois millions d'emplois seraient condamnés à disparaître en France au cours des dix prochaines années.
    L'automatisation intégrée est le principal résultat de ce que l'on appelle « l'économie des data». Organisant des boucles de rétroactions à la vitesse de la lumière (à travers les réseaux sociaux, objets communicants, puces RFID, capteurs, actionneurs, calcul intensif sur données massives appelées big data, smart cities et robots en tout genre) entre consommation, marketing, production, logistique et distribution, la réticulation généralisée conduit à une régression drastique de l'emploi dans tous les secteurs - de l'avocat au chauffeur routier, du médecin au manutentionnaire - et dans tous les pays.
    Pourquoi le rapport remis en juin 2014 au président de la République française par Jean Pisani-Ferry occulte-t-il ces prévisions ? Pourquoi le gouvernement n'ouvre-t-il pas un débat sur l'avenir de la France et de l'Europe dans ce nouveau contexte ?
    L'automatisation intégrale et généralisée fut anticipée de longue date - notamment par Karl Marx en 1857, par John Maynard Keynes en 1930, par Norbert Wiener et Georges Friedmann en 1950, et par Georges Elgozy en 1967. Tous ces penseurs y voyaient la nécessité d'un changement économique, politique et culturel radical.
    Le temps de ce changement est venu, et le présent ouvrage est consacréà en analyser les fondements, à en décrire les enjeux et à préconiser des mesures à la hauteur d'une situation exceptionnelle à tous égards - où il se pourrait que commence véritablement le temps du travail.
    Bernard Stiegler, philosophe, est notamment l'auteur de la Technique et le Temps, Mécréance et discrédit, Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle. Depuis 2006, il dirige l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) et préside l'association Ars Industrialis, Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit.
     

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  • états de choc

    Bernard Stiegler

    Parution : 1 Février 2012 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    L'impression que la déraison domine désormais les hommes accable chacun d'entre nous. Que la rationalisation qui caractérise les sociétés industrielles conduise à la régression de la raison (comme bêtise ou comme folie), ce n'est pas une question nouvelle : Theodor Adorno et Max Horkheimer nous en avertissaient déjà en 1944 - au moment où Karl Polanyi publiait La Grande Transformation. 
    Cette question a cependant été abandonnée, tandis qu'au tournant des années 1980, la rationalisation de toute activité, rapportée au seul critère de la « performance », était systématiquement et aveuglément orchestrée par la « révolution conservatrice »- imposant le règne de la bêtise et de l'incurie. 
    Tout en mettant en évidence les limites de la philosophie qui inspirait l'École de Francfort, le post-structuralisme laisse aujourd'hui ses héritiers désarmés devant ce qui s'impose comme une guerre économique planétaire et extrêmement ravageuse. 
    Naomi Klein a soutenu que la théorie et la pratique ultralibérales inspirées de Milton Friedman reposaient sur une « stratégie du choc ». L'«état de choc » permanent règne cependant depuis le début de la révolution industrielle - et plus encore depuis le temps où s'applique ce que Joseph Schumpeter décrivit comme une « destruction créatrice », caractéristique du modèle consumériste. 
    À partir des années 1980, sous l'impulsion de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, l'état de choc technologique a été suscité par un marketing planétaire ne rencontrant plus aucune limite, imposant la prolétarisation généralisée, et détruisant l'économie libidinale : ainsi s'est installé le capitalisme pulsionnel où la destruction créatrice est devenue une destruction du monde. 
    L'état de choc est ce que le post-structuralisme n'aura pas pensé, principalement en raison de deux malentendus : 1. quant au sens de la prolétarisation (que Marx pense avant tout comme une perte de savoir induite par un choc machinique), 2. quant à la nature de l'économie libidinale (au sein de laquelle Freud, à partir de 1920, distingue la libido de la pulsion).Bernard Stiegler, philosophe, est notamment l'auteur de La Technique et le Temps, Mécréance et discrédit, Prendre soin. De la jeunesse et des générations et Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. Depuis 2006, il dirige l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) et préside l'association Ars Industrialis, Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit.

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  • Le design de nos existences à l'époque de l'innovation ascendante

    Bernard Stiegler

    Parution : 8 Octobre 2008 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Les 27 et 28 novembre 2007 s'est tenue au centre Pompidou à Paris la première édition des Entretiens du nouveau monde industriel. Cette manifestation, unique en France, a pour objectif d'analyser les tendances caractéristiques de notre époque, par où se transforme très profondément une société industrielle confrontée à de nouvelles limites, mais aussi portée par d'autres dynamiques - situation complexe et contradictoire au sein de laquelle il s'agit d'ouvrir des perspectives. 
    Les Entretiens ont porté sur les enjeux aussi bien de ce que l'on appelle l'innovation ascendante que du façonnage de nos existences par les transformations industrielles à l'heure des technologies numériques (comme technologies cognitives et comme technologies culturelles), et à l'aube des technologies que l'on dit « transformationnelles » (qui sont les biotechnologies et nanotechnologies). 
    Les mutations en cours et les contradictions qu'elles génèrent imposent de repenser les pratiques de la recherche & développement et du design - terme entendu ici dans un sens élargi, et qui s'applique désormais à tous les aspects de nos existences. Quelles en sont les implications politiques, sociales et économiques ? En quoi le modèle industriel lui-même s'en trouve-t-il transformé ? 
    Celui-ci, forgé au XIXe siècle, a conduit après la Seconde Guerre mondiale à la planétarisation de la société de consommation. Or, il semble de nos jours à la fois rencontrer ses limites et ouvrir de nouvelles possibilités en renversant l'opposition producteur/consommateur (en particulier, dans le domaine du numérique) et en conférant à la matière aussi bien qu'au vivant une plasticité jusqu'alors inconcevable. Le design devient de fait une activité de sculpture de l'individu et de la société qui lui ouvre et lui assigne des perspectives et des responsabilités sans précédent - aussi exaltantes qu'écrasantes. 
    Une nouvelle relation entre conception industrielle et pratiques quotidiennes de l'existence est en cours de définition.

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  • L'emploi est mort, vive le travail !

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    Parution : 20 Mai 2015 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    L'automatisation, liée à l'économie des data, va déferler sur tous les secteurs de l'économie mondiale. Dans vingt ans, pas un n'aura étéépargné. Les hommes politiques sont tétanisés par cette transformation imminente, qui va marquer le déclin de l'emploi - et donc du salariat. Faut-il s'en alarmer ? N'est-ce pas aussi une vraie bonne nouvelle ? Et si oui, à quelles conditions ?Dans un dialogue très politique et prospectif avec Ariel Kyrou, Bernard Stiegler s'emploie à penser le phénomène qui, nous entraînant dans un déséquilibre toujours plus grand, nous place au pied du mur. La question de la production de valeur et de sa redistribution hors salaire se pose à neuf : c'est toute notre économie qui est à reconstruire - et c'est l'occasion d'opérer une transition de la société consumériste (la nôtre, celle de la gabegie, de l'exploitation et du chômage) vers une société contributive fondée sur un revenu contributif dont le régime des intermittents du spectacle fournit la matrice.Cela suppose de repenser le travail de fond en comble pour le réinventer - comme production de différences redonnant son vrai sens à la richesse. Dans l'Anthropocène que domine l'entropie, et qui annonce la fin de la planète habitable, le travail réinventé doit annoncer et inaugurer l'ère du Néguanthropocène - où la néguentropie devient le critère de la valeur au service d'une toute autre économie.
     Bernard Stiegler est philosophe. Il vient de faire paraître La Société automatique, 1. L'avenir du travail (Fayard, 2015).Ariel Kyrou est essayiste, rédacteur en chef du site Culture Mobile. Son dernier livre, écrit avec Mounir Fatmi : Ceci n'est pas un blasphème (Dernière Marge/Actes Sud, 2015).

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