• Cantique de la paranoïa

    Daniel Bourrion

    Parution : 5 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    [TEXTE COURT]
    Caméras de vidéo-surveillance partout, et tellement de choses bizarres : se méfier de qui vous offre à boire sans payer, ne pas approcher des piscines sans bord, attention à qui piste vos téléphones portables ou vous espionne via tant d'autres traces, et même vos radios et IRM, bien ranger et ne pas disséminer ses photos de famille, ne pas trop en dire à la boulangère, regarder les dates de péremption des boîtes de conserve - et même vos rêves, êtes-vous si sûr que vos rêves ne sont pas surveillés ou contaminés ?
    En une trentaine de blocs chacun au marteau-piqueur sur la société contemporaine, c'est un nouveau Daniel Bourrion qu'on découvre, plus proche des colères de Michaux, et du grand rire noir et édenté, à tous les âges, qu'est la littérature pour échapper à la mesquinerie et la bêtise de son époque, chaque époque d'ailleurs.
    Mais ici, on vous le propose sous forme d'un mode d'emploi exhaustif, et çe ne se manque pas !
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  • Légendes

    Daniel Bourrion

    Parution : 14 Juillet 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015


    Dans ce décor je ne parle pas, je n'écris pas, je reste là à me garder de moi glissant de toute ma prudence dans l'aine blanche du silence en l'espoir vain que tous m'oublient, ma langue de guingois, et puis ma terre, et puis mes morts.

    La mémoire : une collection d'éclats de verre, de bris épars composés de moments, de tons, de timbres. Et l'écriture comme texture pour les lier entre eux. Dans ces récits brefs rassemblés au sein de ce recueil, il est question de remonter à l'origine des choses. De la langue qui est (ou n'est pas tout à fait) la nôtre. De ces parenthèses dans le présent où le passé prend appui pour nous saisir. Des instantanés de nos vies ou de celles qui nous ont précédés, veillant sur nous (ou le contraire). D'un livre qui fut pour nous peut-être l'étincelle menant vers tous les autres. Des scrupules qu'on peut avoir à vouloir renouer avec le passé. Auteur d'une oeuvre sensible en tumulte constant, Daniel Bourrion s'écrit et s'inscrit dans le temps. Ces éclats de verre sont ses constellations.
    Ce recueil contient les textes : Langue, Litanie, La petite fille à la robe claire, 19 francs, Trois quatre-vingts.

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  • Cette ville n'existe pas

    Daniel Bourrion

    Parution : 16 Août 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous nous formons par la ville. Et nous échafaudons notre compréhension de la ville depuis les ruptures, depuis ce que nous n'en comprenons pas. C'est le travail mené intuitivement par Balzac puis Baudelaire dans l'accession de Paris au statut de ville moderne, c'est les grands élans de Dickens (dans le Magasin d'antiquités la traversée tout droit de la petite fille et du grand-père quittant Londres radialement, dans la Maison d'Âpre-Vent la géographie administrative de la justice se superposant au plan topographique de la ville, dans la Petite Doritt la façon dont la prison recompose une ville laboratoire dans la ville, etc...). Puis, sur ce fait arbitraire de la rupture littéraire, viennent les théoriques : le travail de fond de Walter Benjamin dans les Passages et son essai sur Baudelaire, et tous ces livres qu'on accumule, de Michel de Certeau à Rem Koolhas.La donnée nouvelle : là où nous pensons nos villes, le modèle inauguré par le surgissement des rocades et des tours, dans les années 70, la recomposition globale du territoire qui a suivi, échappent au modèle de la ville se reconstruisant sur elle-même, inauguré par Haussmann, n'explique plus ce que le développement urbain contemporain fait de nous, jusque dans nos perceptions, nos utopies, nos constructions imaginaires nécessaires pour s'approprier le présent. Il faut réinventer le connu dans nos vieilles rues, nos coutumes de vieux pays : l'écart de la ville neuve, de la langue devenue inconnue, en est le chemin quasi obligé.Oublier tout cela. Compte l'écriture. Que, face au nouveau, nous réagissions par des mots que nous ne pouvons rayer, parce que nés de cette confrontation neuve. Et, dans notre façon d'écrire-lire le réel, qu'on puisse le documenter à mesure par l'image, et qu'ici s'établit le campement d'écriture.New York incarne forcément de façon privilégiée cette rupture génératrice d'écriture - voir le mot-clé New York sur publie.net, avec mon propre Hoboken avec Jérôme Schlomoff, ou Michèle Dujardin, ou Laurent Herrou avec jeanpierre Paringaux, ou le Los Angeles de Frank Smith.Daniel Bourrion rapporte de New York des questions. L'impression que le choc langagier, la distorsion des images, ce n'est pas la posture fétiche et pourtant dominante de l'auteur questionnant le réel qu'il se soumet, c'est en quoi le réel neuf vient nous questionner nous, en retour. Travail en nous depuis le récif ville, ce qu'il contient d'utopies niées, de fantasmes amplifiés, d'expérience évidemment décalée du proche.Et si la ville est partout liée, dans notre pratique même, au fait qu'on utilise Internet pour la rejoindre, s'y repérer, s'y renseigner, comment cela n'ouvrirait pas à la littérature une piste neuve, si l'écriture surgit d'emblée pour la forme numérique ?

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  • Chemins

    Daniel Bourrion; Olivier Toussaint

    Parution : 22 Mai 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le chemin est depuis si longtemps une image de l'écriture qu'elle s'efface souvent sous le prétexte qui l'a fait naître : mais lorsque des auteurs s'emparent littéralement de ce mot pour en faire une forme même de la narration ou de l'incantation, et c'est en retour tout ce qui fonde le chemin comme écriture qui renouvelle notre perception du geste même de nommer, de raconter ; ce mouvement d'appel au monde dans le geste qui voudrait s'en approprier la distance et ce qui la réduit : l'approche du réel.Chez Gracq, Simon, Michaux, pour citer des désirs radicalement différents de se constituer en cette image, le chemin est convoqué dans sa force de propulsion, en-avant décisif qui emporte : au-devant le monde avalé par la route sous le pas. Sans doute y-a-t-il, dans cette image, le dépôt du vieux mot de vers - le versus, sillon sur lequel passer et repasser ; et en lui interroger ce mystère où le creuset vertical du sol se fait dans l'avancée horizontale du monde.Chez le photographe Olivier Toussaint, dans les montagnes qu'il arpente, le chemin surgit en ligne de crête, se fraie comme des rides sous la main, sans logique véritable, sans direction sûre : seulement dans le tracé qu'on devine, c'est toute la possibilité d'un horizon ou du sens qui se déploie, difficilement, menacée par l'effacement de tout un paysage - âpreté du chemin seulement dessiné par les marcheurs, et parfois, dans l'abstraction de la photographie qui se pose sur un détail, c'est la pierre même qui se change en chemin, la nature sauvage qui oriente le regard.Quand s'en saisit Daniel Bourrion, qui travaille sur son site Terres une langue elle-même élaborée en route (et sur son site, on peut d'ailleurs lire les textes comme ils ont été écrits, avec retours, corrections, lettre après lettre, à l'avancée qui la produit), c'est naturel que la photographie et le chemin sont appréhendés d'un seul mouvement, de quelques mots jetés comme la jambe sur la pente. L'articulation de l'écriture et de l'image se situerait bien dans cette tension : se frayer une voie entre deux espaces immenses de solitudes sur un chemin qui en serait à la fois le terme de séparation et ce qui les relie, à gauche et à droite : et au-devant de soi, toute une fin des choses qui s'élancent et qu'on ne cesse pas de ne jamais rejoindre.Arnaud Maïsetti Olivier Toussaint est né en 1969 à Strasbourg. A l'issue des l'école des Gobelins (photographie), il travaille dans l'image publicitaire puis gère un gîte de montagne avant de partir explorer le monde en voilier durant une année pour réaliser le documentaire « Des milles et des sens ». Revenu sur la terre ferme, il se consacre à présent exclusivement à la photographie.
    - le suivre sur son site.Né en 1967 en Lorraine, Daniel Bourrion a publié en revues, en recueils, par actions et par omissions. Après les publications d'Une paupière à la fenêtre aux éditions de l'Estocade en 1998, Pose(s) Café, réalisé en collaboration avec Olivier Toussaint et Jean-Christophe Diedrich en 2000, Répons co-écrit avec le poète Saïd Dib pour les éditions de la Dragonne en 2003, ou encore Chemins du vagabond publié aux éditions de l'Arbre en 2004, il migre actuellement vers le tout-numérique et, entre autres, assure une permanence sur le Net par ses Terres... qu'il conçoit comme un atelier à ciel ouvert. Ses derniers textes longs (Incipit, 2008 et En ce soir, 2009) sont disponibles sur publie.net.

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  • En ce soir

    Daniel Bourrion

    Parution : 3 Septembre 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Depuis Répons, La Dragonne, 2003, et Chemins du
    vagabond, L'Arbre, 2004, l'écriture de Daniel Bourrion fixe un
    territoire où on dirait qu'il s'agit d'épurer, faire marcher vers
    le dépouillement la relation qu'on a aux éléments primordiaux, ceux
    où s'organisent à la fois le conflit et la fusion de l'homme avec
    sa propre identité et son devenir.L'atelier de Daniel Bourrion est à ciel ouvert : c'est une
    écriture en ligne, Terres regroupant tentatives et
    expériences, mais gardant ce découpage spatial qui est sa
    marque : routes, villes, ou bien cette très belle série desImmobiles.Ainsi, ce que nous apprennent, ou ce que déplacent, les auteurs
    de la génération de Daniel Bourrion, ce n'est pas un avalement de
    la littérature par le numérique. Son chemin d'écriture il
    l'accomplit comme n'importe quel écrivain des décennies précédentes
    l'a accompli, publications en revues, tentatives qui
    progressivement prennent de l'ampleur, et un travail universitaire
    préalable en chemin parallèle, comme par hasard sur ce grand
    lyrique des éléments et de la violence des hommes qu'est Claude
    Simon.La bascule générationnelle, si elle nous offre au quotidien
    l'atelier de l'auteur via le numérique, ne détourne pas ou ne
    dispense pas de l'affrontement plus large, où c'est seulement de
    phrase qu'il s'agit, et ce qu'on demande au poème, au récit. Ou à
    la façon dont les deux se combinent dans l'élan qui les
    rassemble.Ainsi, ces schémas récurrents d'attaque, un simple jusqu'à ce
    que, en incipit des quinze chants de ce texte, simplement
    signalés premier, deuxième..., et qui suffisent à ce que letemps en soit le matériau principal. Ainsi la récurrence des
    thèmes, ce dépouillement de l'homme dans sa relation aux plus
    proches, corps contre souffrance, corps contre pauvreté, ou
    travail, ou l'animalité du corps, ou parole, voix, silence.Si la vieille terre lorraine ici résonne, dans des schémas
    d'affrontement des hommes qui ne sont pas si loin des Vies
    minuscules de Pierre Michon, ce qu'on écrit n'a pas d'autre
    lieu que notre mémoire commune.Les temps changent : les formes qu'on peut avoir avec un
    auteur changent. L'exercice reste le même. Ici il ne s'agit plus de
    l'expérience poétique que le numérique permet de partager
    avec l'auteur en temps réel. C'est le mouvement par quoi un texte,
    arrivé à sa maturation, ayant gagné sa forme, son épaisseur, se
    détache de son auteur et devient parole de tous.FBA lire aussi, de Danier Bourrion, sur publie.net : Incipit.

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  • Incipit

    Daniel Bourrion

    Parution : 5 Juin 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Sur ces feuilles arrachées d'un cahier d'écolier se trouvent des « lignes d'une écriture serrée » qui vont bouleverser les esprits.Nous sommes dans un paysage rural de l'Est, encore marqué par les traces d'une guerre qui reste dans les esprits. Se pose la question de ces lignes et de ce qu'il convient d'en faire. Et c'est un « nous » qui parle, un « nous » communautaire, la voix des habitants de ce village portée par la voix de l'auteur.L'indicible de cette « confession » est au coeur d'Incipit, mais ce roman n'est pas qu'une avancée vers une révélation sur ce que contiendrait le texte retrouvé.Plus largement, c'est la peinture d'un paysage, à travers les portraits des hommes et des femmes qui l'habitent.Portraits de soldats d'abord, visages d'hommes plus ou moins jeunes, happés par la guerre. Portraits de gestes ancestraux, réminiscences, habitudes, instants précis.L'écriture de Daniel Bourrion est large. Elle laisse la phrase s'installer dans toute son ampleur, lui donne la place de s'échapper vers un aparté, un ajout qui lui vient à mesure qu'elle se forme, et fait confiance au lecteur qui reprendra le fil. Ce rythme étiré possède une grande puissance évocatrice.Autour de thèmes comme la mémoire, la filiation, la mort, le récit avance jusqu'à l'arrivée du "je", narrateur, rapporteur, témoin.L'écriture de Daniel Bourrion est singulière, et son souffle rare. À visiter, son atelier en ligne, Face-Ecran.CJ, dans Pages à Pages.Ce livre est disponible en numérique et en papier >http://www.publie.net/livre/incipit-daniel-bourrion/

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  • Lieux

    Daniel Bourrion

    Parution : 7 Mars 2018 - Entrée pnb : 6 Mars 2018

    C'est une illusion, rien de cela n'existe, rien de ces lieux, ces gens, ces histoires n'est réel dans le fond, c'est un château de cartes qu'on a trouvé sur le bord d'une route...Au prétexte d'un trajet en voiture pour retrouver le village familial, Daniel Bourrion réécrit la rêverie qui l'anime à mesure qu'elle se présente à lui : le long de la vitre, comme un décor en formation, en mouvement. Le roman des souvenirs se met alors en marche. Terrains, territoires, frontières et personnages qui le peuplent se proposent de réinventer, par l'écriture, toute une géographie littéraire et poétique. La matière du passé, des morts qui l'ont peuplé, des gestes qui le prolongent encore, prennent la forme d'une lente mélancolie dévoilant à chaque page des trésors de prose poétique. Les lieux dont on garde mémoire, lit-on, sont des îles posées sur la grande mare du temps, ce sont des nénuphars... Claude Simon n'est pas loin. Les feux-follets non plus.

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  • Des étés Camembert

    Daniel Bourrion; Roxane Lecomte

    Parution : 29 Avril 2020 - Entrée pnb : 22 Avril 2020

    J'ai passé deux ou trois étés suant dans une yaourtière géante mais résumé ainsi cela ne veut rien dire et ne nous fera pas d'histoire alors je vais reprendre plus tranquillement manière d'expliquer ça, de ne pas en rester là. Qu'on s'imagine donc.Comment s'opère la rencontre de chacun avec le monde du travail ? Jeune, à quoi se destine-t-on, et qui se voit-on devenir ? Comment se fabrique le camembert industriel ? Vaut-il mieux l'ignorer ? Qui ne s'est jamais dit un jour, et si je travaillais dans une fabrique de camembert ? Personne, assurément.
    Dans ce récit autobiographique aussi fulgurant que décalé, Daniel Bourrion raconte sa découverte du travail à la chaîne et son entrée soudaine dans l'âge adulte.Images de Roxane Lecomte

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  • J'ai été Robert Smith

    Daniel Bourrion

    Parution : 20 Janvier 2021 - Entrée pnb : 29 Décembre 2020

    Je n'ai été Robert qu'une seule fois, un soir resté dans mon histoire comme l'histoire des histoires, dont j'ai une nostalgie sans ailes.Les punks annonçaient No Future, et si futur il y eut pourtant, il fut d'abord une nuit peuplée de longues figures aux yeux et aux lèvres noircies, s'avançant telles des ombres sur des scènes enfumées, jouant une musique aux basses lourdes et enivrantes. Nous entrions ainsi dans les années 80, et pour ceux qui étaient alors adolescents, Robert Smith et son groupe semblaient mériter leur nom, une cure à la vacuité apparente de la société : leur musique apportait, sinon un remède au mal-être, le sentiment fort qu'il était partagé.
    Qu'on s'imagine en ce temps-là un jeune homme en Lorraine, qui se rend un samedi soir en boîte de nuit : la tentation est grande, pour un soir au moins, de devenir autre chose que ce qu'on semble lui promettre ; d'être, pour un soir, Robert Smith. Alors, grimé comme lui, le temps d'un trajet en voiture et d'une nuit un peu folle, il le devient réellement, par la force de la pensée magique. Une nuit seulement, mais c'était la nuit alchimique, qui conduira le narrateur de l'adolescence aux lisières de l'âge adulte.BONUS TRACK :
    UNE NOSTALGIE ROBERT

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  • Sardinia

    Daniel Bourrion

    Parution : 9 Janvier 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'auteur a traversé les États-Unis avec deux amis durant l'été 2013, un site réalisé en temps réel rend compte de cette expérience : On the Route. Sardinia est un récit qui n'a rien du carnet de voyage, c'est l'histoire de jeunes gens qui ne sont jamais sortis de chez eux, n'ont jamais voyagé, et s'ennuient dans leur insignifiante petite ville, Sardinia, État de New York, États-Unis, « autant dire le trou du cul du monde, autant dire l'enfer où l'on était coincé pour toute l'éternité qu'on se disait sauf à trouver le moyen de partir d'ici. »Daniel Bourrion aborde ce voyage initiatique à travers les États-Unis, de Chicago jusqu'aux rives du Mississipi, sous la forme d'une fiction mouvementée dont la prose spontanée, sans ponctuation, convoque bien évidemment Sur la route, le roman de Jack Kerouac, et son rouleau original. Un road-movie qui se lit sans s'interrompre. D'une traite. L'absence de ponctuation est un choix délibéré de l'auteur, rien à voir avec un exercice de style. Le lecteur avance dans le récit en tâtonnant, hésitant, sans savoir où finit la phrase qu'il vient de commencer, où débute la suivante, avançant ainsi comme sur une route dont on découvre l'itinéraire en cours de chemin, le parcours se dessinant au fil du temps et des paysages traversés. Texte sous forme de partition qui invente sa propre musique, fait résonner le son des mots, l'imbrication des phrases, leurs entrechoquements et leurs dialogues, leurs fulgurances, comme s'il s'agissait d'une composition musicale au rythme d'une chevauchée fantastique. Ruban de prose éruptive, compacte, blocs de mots qui déboulent sur l'écran comme le paysage derrière la vitre du véhicule qui file à vive allure, la fuite en avant de ces personnages, pressés d'échapper au trou perdu qui les a vu naître, son absence de perspective. Cavale que ces mots énoncés sans respiration, d'un souffle mais sans asphyxie, qui appelle la voix pour trouver sa voie, jamais à bout de souffle, nous font sentir de l'intérieur. « ...rouler dedans à l'infini jusqu'à ce que d'un coup encore à nouveau plus rien des arbres des arbres des arbres et la trouée devant dans le ciel bleu d'où on allait tout droit au Sud... » Et nous sommes avec eux dans la voiture, à l'affût de ce qui pourrait leur arriver à chaque virage, à l'aventure, à chaque étape de leur périple, en même temps que fascinés par les paysages qu'ils traversent et qui les transforment peu à peu, à vitesse grand V.

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