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  • L´enfer est vert

    Leslie Kaplan

    Parution : 7 Avril 2009 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Particulièrement fier de mettre en ligne L'enfer est vert.C'est un texte neuf et audacieux. Comme chaque auteur, passée la grande vague d'un livre, se remet au laboratoire, et qu'une piste de recherche peut l'emmener soudain dans une zone neuve, et du territoire découvert s'amorcera une autre conquête.La zone neuve et le territoire découvert, c'est l'arrivée décrite, dès le départ du texte, dans le "nordeste" brésilien, où Leslie Kaplan et Heitor de Macedo se sont souvent impliqués. L'autre conquête, c'est peut-être (elle ne sera probablement pas d'accord) dans le livre récemment paru chez POL : Mon Amérique commence en Pologne.Ce qui est fascinant, dans L'enfer est vert, c'est comment la récurrence de cette phrase très simple, pure perception à l'arrivée au Brésil, parce qu'elle met tout de suite en vis-à-vis de l'exploitation, de la misère, des grandes lois naturelles tellement plus fortes que le destin humain, aussi, va inclure par boucles successives tout ce que ces problématiques convoquent dans le présent immédiat de l'auteur.Ainsi, du même geste, parce qu'il y a violence, parce qu'on traque la parole, la proche banlieue parisienne (Les Lilas), ou l'actualité de notre côté du monde. Mais aussi les lectures, et les figures qui les incarnent (même Bob Dylan et Rimbaud, eux-mêmes opposés comme les étranges saltimbanques de Balad of a thin man) : Leslie Kaplan a écrit (voir Les outils sur Marguerite Duras, sur Maurice Blanchot avec lequel elle a longtemps et densément correspondu, mais, derrière, sont des figures plus tutélaires, emblématiques, Franz Kafka et Hannah Arendt, qui revient toujours, comme si l'hommage ne valait qu'à être mis à l'épreuve, recreusé, dans les textes de Leslie.Et s'amorce un autre glissement : la littérature l'autorise par une autre figure, cette fois-ci originelle : Alice au pays des merveilles, dans la langue anglaise, c'est l'apprentissage d'enfance entre réalité et fiction, et que cette frontière est mouvante, active, joue à la fois sur le réel où on coupe les têtes, et sur le rêve qui y mène. Alors - la première fois ? - la langue anglaise vient travailler le corps du récit, le dédoublant en voix off, mais ce dédoublement est aussi dédoublement d'instance : la façon dont on convoque êtres et lieux n'est pas la même.C'est à ce voyage qu'on vous convie. Leslie Kaplan avait d'abord confié ce texte à la collection Inventaire/Invention de Patrick Cahuzac, et c'est lui rendre hommage que de vouloir, dès maintenant, assurer la continuité d'existence d'un texte nécessaire.Ne vous privez pas de ce voyage. Pour une fois, on insiste.FB

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  • Les mots

    Leslie Kaplan

    Parution : 12 Avril 2011 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    les mots, nous habitons dedans
    mais cela peut toujours être
    comme dans une usine
    ou comme dans une prison
    ou comme dans un asile
    l'ordre du langage est toujours menacé
    il peut toujours être excédé
    par quelque chose
    qui viendrait
    du dehors
    l'anéantir
    en tant que demeure
    humaine
    le langage est fondé
    sur ce qui se passe
    entre les mots
    si cet entre-mots
    tombe
    alors
    désastre
    la violenceVoici trois mots : littérature, écriture, société.La relation entre les trois est complexe, évidemment. On peut les associer par deux, et contourner le troisième : alors tout va bien. Mais il y a des oeuvres qui s'obstinent à vouloir résonner entre ces trois pôles.Oeuvres d'inquiétude, oeuvres de colère, oeuvres en permanent chemin vers le déchiffrement du monde, à force de langue.Le travail de Leslie Kaplan s'insère ici depuis le début, L'excès l'usine (1982) et Le livre des ciels (1984).Et, dans cette tension permanente entre ces trois mots, quand on décide d'y inscrire à la fois son esthétique, et son cheminement narratif, d'autres exigences : la lecture et l'expérience des oeuvres - ici, Hannah Arendt, Franz Kafka, ou le Bartleby de Melville. Et la confrontation directe de la parole au monde : Leslie Kaplan intervient dans la périphérie de Paris, aux Lilas précisément, et les échanges, les images, sédimentent ici.Ainsi, avec ce forage oral vers ces trois mots (nous avons tous entendu Leslie Kaplan avancer dans ces prises de parole où le blanc même, la coupe de la langue, signe la mise en abîme par l'oralité), et les deux autres textes qui suivent, sur la consommation, capable de manger les trois premiers, et sur l'idée de liberté (magnifique déclinaison de figures humaines libres...), c'est bien d'une politique de la littérature qu'il est question : rien de confortable. Mais, dans cette mise en travail qui ne laisse pas indemne, ni son auteur ni son lecteur, mais bien plus profondément la représentation du monde immédiat, pourtant ici dans ses cinétiques, ses cadrages, ses lois de pouvoir et d'argent, la langue se revalide comme horizon, et s'impose (ou ce chemin, ce travail) comme nécessaire.Merci à Leslie Kaplan de nous confier ces textes, déjà proposés dans la magnifique expérience d'édition qu'a été Inventaire/Invention, et où on recroisera où prolongera l'oeuvre publiée chez POL, notamment Le Psychanalyste, Les Outils, Miss Nobody Knows...FB

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