• Comètes et perdrix

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Mars 2021 - Entrée pnb : 27 Février 2021

    Comète et Perdrix est le récit d'une histoire incroyable, celle du kidnapping de deux enfants juifs, Robert et Gérald Finaly, par une résistante catholique, Antoinette Brun qui les a cachés jusqu'en 1953.

    Il s'agit pour Marie Cosnay à la fois de s'approcher de la vérité au moyen de la littérature et d'explorer les mécanismes qui ont conduit à cette situation. Car cette histoire en convoque d'autres, celles de la frontière, le col de Perdrix, et celles de ceux qui la traversent, et avec elles toute une constellation de personnages dont les décisions, convictions ont mené à ce kidnapping. En explorant cette affaire par le biais de la constellation de personnages qui y sont liés, Marie fait de cette matière historique une enquête et un passionnant roman d'espionnage.

    Marie Cosnay (née en 1965 à Bayonne) est professeure de Lettres classiques, traductrice de textes antiques, écrivaine et activiste pour l'accueil des migrants. Elle vit à Bayonne.
    Elle a récemment publié Voir venir (avec Mathieu Potte-Bonneville, Stock, 2019) et Les Enfants de l'aurore (Fayard 2019). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015) Aquerò (2017), Épopée (2018) et If (2020), ainsi que sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (2017).

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  • If

    Marie Cosnay

    Parution : 16 Janvier 2020 - Entrée pnb : 14 Janvier 2020

    "J'avais dix ans, je lisais Le Comte de Monte Cristo, il y était question des fils qui payent pour les pères, des fils qui payent éternellement, les fils des pères qui avaient fait les salauds payaient, tout jeunes les fils pouvaient en mourir, c'est ce qui arrivait au petit Villefort, il mourait empoisonné, les familles s'empoisonnaient"

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le Pays basque, est écrivaine, traductrice de textes antiques, et tient des chroniques sur le blog Médiapart. Elle à récemment publié Éléphantesque (Cheyne, 2018) et Les enfants de l'aurore (Fayard 2018). Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre (2015), Aquerò (2017) et Épopée (2018).
    Elle a reçu le Prix Nelly Sachs et le Prix Bernard Hoepffner pour sa traduction remarquée des Métamorphoses d'Ovide (Ogre, 2017).

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  • épopée

    Marie Cosnay

    Parution : 20 Décembre 2018 - Entrée pnb : 18 Décembre 2018

    C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se juche les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud c'est qu'on se tient au chaud.

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le Pays basque, elle est écrivaine et traductrice de textes antiques. Elle a récemment publié Vie de HB, Sanza Lettere, et Le Fils de Judith. Les Éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre en 2015 et Aquerò en 2017. Elle a consacré plus de dix ans à une traduction des Métamorphoses d'Ovide (Ogre 2017) qui à été récompensée par deux grand prix de traduction : le Prix Nelly Sachs et le prix Bernard Hoepffner.

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  • Cordélia la Guerre

    Marie Cosnay

    Parution : 22 Juillet 2020 - Entrée pnb : 21 Juillet 2020

    « Elle est soleil et pluie et autre chose, c'est la toute-puissante Cordelia qui réunit la pluie que porte les héros sur leurs épaules (qu'on voit, par exemple, enfourcher des chevaux blancs et galoper dans les nuits d'inondation) et le soleil que portent les mêmes une autre fois (canicule, fardeau saignant et adoré), elle est la toute-puissante qu'on ne regarde ni de face ni de près, elle est celle qui ne dit mot puis pleure puis dit père, comme un caillou.
    Qui rencontre des hiboux poignardés dans les forêts aux troncs des arbres.
    Il y a autre chose.
    Elle dit autre chose.
    Elle dit : femmes, femmes, mes soeurs.
    Elle est toute blonde, porte un corsage décolleté et une robe blanche, Cordelia qui avance dans les forêts touffues accompagnée d'hommes d'armes, quand elle pleure ses larmes sont des diamants et ses sourires des perles ; une douleur comme la sienne. La femme sans honte et toute blanche dans la forêt qui bruit des armes des hommes soldats. La femme homme-soldat. »

    Marie Cosnay est née en 1965 à Bayonne. Elle est professeure de lettres classiques, traductrice de textes antiques, et écrivaine.

    Elle a publié des textes dans de nombreuses revues ainsi qu'aux éditions Cheyne, Verdier, Laurence Teper et Quidam. Elle publie également des livres sous la forme numérique chez Publie.net.

    Elle tient un blog sur le site d'information Médiapart qui témoigne de son engagement politique et de son expérience scolaire.

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  • Les enfants de l'aurore ; rhésos, achille, memnon

    Marie Cosnay

    Parution : 6 Mars 2019 - Entrée pnb : 10 Février 2019

    Ils sont deux, Rhésos et Memnon, des gosses encore, qui ont pris la route. Qui se souciera d'eux lorsqu'ils toucheront enfin au but  : Troie, ses rivages et sa plaine où les combats ont lieu, où leur vie débutera enfin, à moins qu'ils ne se précipitent vers leur mort  ? Ils ont arraché un adieu à leurs parents, ils devancent l'oracle qu'ils ont reçu. Troie les appelle. Là-bas, dans l'autre camp, un autre attend, Achille, qui ne veut pas entrer dans le jeu. Ulysse n'y peut rien, ni Nestor.
    Il y a plusieurs versions de l'histoire, qu'il faudra bien raconter. Raconter ces derniers venus, Rhésos, Achille et Memnon, enfants d'Eos, l'aurore, surgis juste avant le dénouement  : la guerre au grand jour.
    Il y a deux nuits, il y a deux camps, il y a un gamin qui veut se battre, Rhésos, et un qui ne veut pas se battre, Achille. Il y a deux bandes d'espions, quelques masques, deux fleuves, des bruits inquiétants, des feux de vigie, deux peaux de bêtes, des chevaux blancs rapides comme le vent.
     
    L'Iliade comme vous ne l'avez jamais lue.
     
     
    Marie Cosnay est écrivain. Elle est l'auteur d'une oeuvre littéraire nombreuse. Elle a donné une nouvelle traduction très remarquée des Métamorphoses d'Ovide (éditions de l'Ogre, 2017). Dernièrement elle a publié Épopée aux éditions de l'Ogre.

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  • Entre chagrin et néant

    Marie Cosnay

    Parution : 29 Septembre 2014 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    >De mai à septembre 2008, Marie Cosnay assiste à des audiences d'étrangers présentés au Juge des Libertés et de la Détention de Bayonne. Juge qui décide de prolonger la rétention de ces étrangers qu'on appelle "sans papiers" dans les Centres de Rétention Administrative. Étrangers venus de pays où ils sont menacés, d'une manière ou d'une autre, et parfois installés en France et en Europe depuis de longues années. Pendant ces audiences, elle note ce qui se passe, ce qui se dit, les faits, les gestes, les paroles. C'est pour affronter le chagrin et le sentiment de néant qui la submergent qu'elle décide d'écrire les récits de ces audiences, de ces moments si particuliers où une personne, saisie dans son rapport avec l'administration et la loi française ou européenne du moment, n'est plus qu'un cas. Marie Cosnay témoigne, de sa place de témoin chagriné, de sa place d'habitante frontalière, de ce qui, en son nom, en notre nom, se poursuit, en Europe et en France.

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  • Dialogues des morts

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    L'engagement dans la langue, même dans le travail le plus contemporain, s'enracine dans ses strates profondes. Elles sont assez nombreuses pour chacun y trouve ses affinités, ses ateliers.
    Marie Cosnay, outre d'être l'écrivain qu'on connaît, traduit du grec et du latin. C'est là probablement que sa langue prend force, dans ces heures où on se confronte aux vieux rythmes, aux grands mythes.
    A preuve qu'ici, il ne s'agit pas de proposer une ou des traductions. Le texte qui s'ancre dans "Les Phéniciennes" d'Euripide a pour titre "Pour du discours manqué". Le texte qui s'ancre dans "L'Énéide" de Virgine a pour titre "Pour du discours amoureux". Et le fragment traduit du "Roi Lear" de Shakespeare a pour titre "Pour le discours des fous".
    Alors, en présentant une traduction exigeante, commentée, d'Euripide, Virgile et Shakespeare, Marie Cosnay y inclut sa propre lecture. Ce qu'elle y cherche, ce qu'elle y trouve, et comment cela s'articule ou cogne au présent. Dans Euripide, de prendre une ville et d'y imposr des lois. Dans Virgile, ce récit mère/fils, et ce qui s'y dit de la ville et des rêves. Et dans Shakespeare, l'ombre de la guerre.
    Ainsi la littérature semble un instant dévoiler, dans ce travail sur ces racines, les grandes directions et les grands rêves qui lui confèrent son excès pour le présent, nous ouvrent à notre propre écriture.
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  • À notre humanité

    Marie Cosnay

    Parution : 4 Octobre 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Les noms qu'ici on prononce sont les noms de révoltés, ou du moins qui n'ont pas hésité à l'opposition individuelle à un système qu'ils jugeaient coercitif.
    On suit Courbet à sa sortie de prison, et on regarde quelle toile il peint. On est avec Jacques Reclus, qui eut dix-sept enfants, dont Élisée et Élie Reclus,
    Mais on est aussi dans le sud-ouest français au temps de la guerre d'Espagne. Et on revient à la fin de la Commune, au mur des Fédérés.
    À sa manière, et dans la force habituelle de sa prose, Marie Cosnay investit en romancière des instants précis du temps historique. On est sur les barricades, ou cachés au Père-Lachaise. Ce microscope, qui nous redonne les êtres tout entiers, permet qu'on glisse sur des personnages interpoés, qu'on passe presque sans rupture à la fiction.
    Ce texte magnifique est d'une actualité immédiate : pourquoi ne nous révoltons-nous pas ? Que devons-nous à ceux qui, avant nous, se sont révoltés ?
    Paru en mai 2012 aux éditions Quidam, voici sa première édition numérique. Un grand texte pour dire notre présent.
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  • L'allée du bout du monde

    Marie Cosnay

    Parution : 30 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    D'abord ce texte pour la beauté de sa prose.Beauté violente. Et tout ce qu'on y reconnaît du monde, le nôtre : la nuit sauvage des villes, les gares quand on en a perdu le nom, les bords d'autoroute et ces discussions face à face quand le lendemain les yeux qu'on revoit n'ont plus de nom ni de visage.J'ai souvent pensé au début du Bruit et la fureur, de Faulkner : Benjy voit et pense dans un temps simultané, juxtaposé, où tout se chavauche. Et qui pour ne pas savoir, même s'il faut s'en défendre pour que tienne la vie au quotidien, qu'il n'y a pas de vraie séparation entre le rêve et le réel ?Et qu'en tout cas c'est ici qu'elle surgit, la littérature, quand elle se saisit à bras le corps des lois du rêve et les contraint à la discipline narrative - on est dans le réel, et pourtant pas. Tout est cohérent à échelle de la phrase qu'on lit, mais s'engouffre à nouveau dans le cauchemar dès qu'on tourne le virage paragraphe.La littérature est hantée de ses fous. On peut les prendre rois, comme Lear, ou leur donner la simplicité de Wladimir et Estragon, dans En attendant Godot - les retours récurrents des personnages ici est la même.Dans ce texte, les lois du rêve contraignent l'errance dans les villes, et le réel. On a échangé ses noms, on a enterré des souvenirs, on porte des amours impossibles, on croise des enterreurs de morts. C'est donc un fou qui voit, qui parle ? Ou bien, ces narrateurs, la prison et la violence, l'exil, les ont-ils condamnés à cette vision décalée, parce qu'eux voient juste, mais qu'ils ne comprennent pas ce qu'a fait d'eux le monde ?Alors qu'on le lise dans l'abandon, ce magnifique texte lyrique de Marie Cosnay. Qu'on le lise pour toutes ce shistoires qui s'enchevêtrent, où on reconnaîtra vite les pistes. Laissons venir à nous la puissance de ces paysages à peine brossés, sitôt remplacés, tout est mobile, comme dans le rêve.Mais penser aussi au titre d'un de ses précédents livres, Déplacements : On a repris les grandes figures, de l'errance, de la violence imposée et subie, du rêve et de la folie, ça c'est le point fixe de la littérature. Mais voyez ce qui se recompose du monde autour de ce point fixe : ces errants dans les trains, ou au fond des villes, ces brûlés dedans qui passent toutes les frontières parce qu'ils ne connaissent plus les leurs, on sait leur existence.Alors le monde qui nous entoure, celui de l'exclusion, celui des trafics, de l'argent et de la violence, se réorganise en lent décor derrière. Il y a les mules...

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  • Quand les mots du récit...

    Marie Cosnay

    Parution : 30 Novembre 2010 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Le travail de Marie Cosnay et son implication citoyenne n'ont pas cessé de s'interpénétrer.Mais la littérature, c'est le lieu de l'expérience de la langue. Ce qui est haut, violent, et prfondément humain ici, c'est que la violence faite aux hommes, on se saisit de son instance de langue.Arrêtons, à force de nos propres mots - et ici, on convoquera quelques figures favirables, Foucault, Socrate, Mandelstam, Hannah Arendt - la machine à broyer par la langue, et la machine à dominer les hommes pourrait s'enrayer.Et ce n'est pas une mince machine. Nous vivons des temps sombres. On a osé instituer un ministère de l'identité nationale. On rémunère des fonctionnaires (qui font leur boulot, cette implication individuelle dans les rouages à moudre l'homme, comment se les rend-on supportables, quand on en participe ?), pour aller à la chasse (leur terme) aux hommes et femmes en situtation irrégulière, et les faire passer du centre de rétention à l'avion de la honte.Et on n'est pas à Paris : on est tout au bout de la France. Des Tribunaux comme celui-ci, il y en a dans toutes nos régions. Et les portraits de ces hommes et femmes, quand l'écrivain vient si assidûment aux séances qu'elle connaît par leur nom le responsable de la préfecture, les avocats et le procureur ou la juge, prennent une netteté qui tient seulement à la langue et son usage.L'an dernier, Marie Cosnay a fait paraître aux éditions Laurence Teper Entre chagrin et néant. Audiences d'étrangers, déjà une incursion dans la machinerie judiciaire autour des Centres de rétention. La fin des édition Laurence Teper fait que ce livre n'est plus disponible, alors qu'il nous est nécessaire.Le titre ici, Quand les mots du récit... on en vérifiera la pertinence à ces histoires qui s'échangent pour éviter l'expulsion humiliante, écrasante. Vous apprendrez au passage la différence entre l'OQTF (obligation de quitter le territoire français), et l'APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) - mais les visages qu'ils concernent, vous les oublierez moins vite que les sigles.Nous sommes évidemment fier d'accueillir Marie Cosnay (magnifique aussi était son Déplacements, déjà chez Laurence Teper, mais nous accueillons Quand les mots du récit comme une présence nécessaire, une respiration pour nous-mêmes salubre. Cela s'appelle résister. Faites lire ce texte, largement, aidez-nous.FB

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  • André des Ombres

    Marie Cosnay

    Parution : 12 Février 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    La généalogie est la querelle de Marie Cosnay, et cela dès son premier livre dont le titre, "Que s'est-il passé", est emblématique, programmatique.Non pas qu'il s'agisse pour elle, au terme d'une enquête, d'éclaircir des chaînes de raisons, de mettre en ordre ou d'aligner des faits et des dates, on s'en doute.
    Le souci est autre : la question qui la travaille et souvent la blesse, comme il arrive aussi à chacun de nous pour peu que nous demeurions inquiets, inquiets de l'altérité, celle des autres, comme peut-être aussi la nôtre..., c'est d'interroger justement la part d'énigme où tout destin et tout être semblent s'abîmer. Et sa méthode, sa pratique plutôt, c'est de tenter cette approche d'une manière qui jamais ne dénature l'énigme, qui, au contraire, la fasse briller comme telle.
    Il faut à l'entreprise, d'une part la compassion, celle que l'héritage grec enseigne à Cosnay, s'il est vrai, comme le montre la dernière partie du livre, que l'enquête que poursuit la narratrice d'André des ombres, titre explicite, coïncide avec une descente aux Enfers, et, d'autre part, la « ferme demeurance », comme le dit Hlderlin, de qui, fidèle aux « lois du temps », ne transigera pas avec je ne sais quelle nécessité de bon sens. Témoin, ce que dit la narratrice, dans la dernière partie du livre, et à propos de Virginie, figure essentielle du récit, première femme de son arrière grand-père André le taiseux, qui abandonne en 1914, on ne sait pourquoi ni comment, en pleine guerre, et leur fils sans prénom connu de nous, et son mari soldat, abandon qui marque le commencement de tout.Elle donne là, et les caractéristiques de la matière qu'elle travaille, ce qu'elle nomme ici l'accroc dans le tissu du réel et de l'histoire individuelle ou collective tissu que l'on voudrait ravauder sans pour autant le priver de ce qui bée, où se loge ce que je nommais l'énigme ; et puis aussi elle dit comment elle écrit, sa marche personnelle, le rythme de cette marche, ce que dit très clairement ici accéléré : sauts, arrêts, reprises, ressassements interminables des mêmes faits et des mêmes postures mystérieuses. Enfin, reprise du souffle.Par moments, longues plages de rêveries méditatives, le temps arrêté, la poésie à l'oeuvre. C'est ce que j'aime dans cette écriture : brusquerie, violence, et tendresse confondues.C'est en fait toute une histoire, toute la généalogie, donc, d'une famille, depuis la fin du 19ème siècle jusqu'au présent où la narratrice...

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  • Noces de Mantoue

    Marie Cosnay

    Parution : 12 Février 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Texte étrange que ce livre de Marie Cosnay - on attire l'attention sur cette étrangeté en suggérant entre parenthèses qu'il pourrait s'agir d'un « (conte) » - texte fou, aimerais-je dire, au sens où une folie divine, de celles qui inspiraient les suivantes de Dionysos, anime l'héroïne d'un récit éclaté et fragmentaire dont toute la force insolite vient précisément de son inachèvement comme aussi du caractère onirique de la plupart des situations et des actes qui le traversent.Cette héroïne n'a pas de nom, elle est « elle » ; souvent elle est présentée du point de vue de ceux qu'elle croise, qui l'escortent, qu'elle aime dans de fugitives étreintes, ou qui la pourchassent ; mais aussi on l'entend souvent parler en son nom, parler ses rêves, ses angoisses, lâcher par bribes des lambeaux d'une histoire tragique qui l'obsède.
    Elle n'a pas de nom, certes, et pourtant, au tournant d'une phrase [2], l'air de rien, elle est dite « la folle, la Ménade, courant les collines, la région ».
    La référence mythologique, si fréquente chez Cosnay, que les tragiques grecs, qu'elle traduit, hante toujours, apparente bien la fugitive aux Bacchantes, aux suivantes de Dionysos.Et pourtant il y a bien un ancrage dans le réel, un effet de réel, dans ce livre qui suit longtemps la voie conforme d'un roman policier, avec cadavres mutilés, recherches d'indices, commissaire de police, doutes et errance d'une enquête qui n'aboutit pas, dont la coupable présumée est la Ménade, qui toujours échappe ; il donne des dates, inscrit le récit dans le temps, le nôtre, entre 2007 et 2008, précise les lieux, le Palais du Té, les environs de Mantoue, les Alpes proches qu'il a fallu traverser, les lacs, donne des noms propres aux autres acteurs de l'histoire...Il y a bien aussi un passé du personnage, des drames, de ceux que seule une famille peut inventer, incestes, prostitution, tout cet « impardonné impardonnable » [3] qui fonde les interdits et les névroses et sans doute aussi la malédiction, « combien de haines l'une après l'autre calculées(...), pour en arriver là - une famille en somme. » [4] Ces thèmes sont récurrents dans les livres de Cosnay.Cela dit, ces marqueurs banals d'une enquête policière, ces quelques clés discrètes pour une « psychologie » de l'héroïne n'auraient pas de véritable intérêt hors de la dimension fantastique qui donne au livre son identité, sa vraie saveur : les lieux eux-mêmes du reste sont pleins d'étrangeté et d'énigmes, ne serait-ce que ce Palais du Té sur lequel travaille, comme architecte, Remi, l'amant, l'ami, le plus fidèle ; palais construit au début du 16ème siècle sur l'île Tejeto, au milieu d'un lac, avec ses fresques aux scènes mythologiques (banquet olympien, salle des géants, des chevaux), et ses grottes, ses écuries immenses au dehors... Tous contrepoints aux obsessions de la Ménade - à sa démesure, à ce côté inspiré, ou mieux, à son caractère de « femme possédée », comme le dit justement le mot Ménade, son goût immodéré du vin, son physique presque animal, cette manière qu'elle a de courir pieds nus, habitant les bois, les arbres, le bord des lacs, son rapport animal au corps - du dégoût assez souvent - à son propre corps, à celui des autres, aux bêtes, vivant une sorte de « devenir animal », comme dirait Deleuze, mais sans jamais trouver le pli où s'abriter : en fuite, au contraire, toujours vers le dehors, le grand ouvert ...L'écriture de Cosnay trouve dans cet environnement la meilleure chance de satisfaire à sa pente naturelle : à la fois l'éclatement de la forme en brèves séquences discontinues, en tout petits chapitres de deux ou trois pages, en même temps qu'elle inscrit le récit dans ce mouvement de halètement, de reprises, de ressassement plutôt, une poétique de la rupture en quelque sorte, en coïncidence parfaite avec ce qui peut être dit de ce monde étrange où finalement les êtres finissent par se perdre, se dissoudre. Monde qui échappe cependant toujours à la parole, et c'est peut-être l'inquiétude qui mine en toile de fond ce récit, à moins, sombre perspective en vérité, que la voix d'un vieil homme, Elio, se risque à parler, mais comme en pure perte...Il semble qu'on ne puisse en sortir. Sous le foisonnement de ce livre, je sens vibrer la mélancolie, je me dis que c'est elle qui pousse à écrire. Et qui pousse au poème.© Jean-Marie Barnaud sur remue.net. "Noces de Mantoue", de Marie Cosnay, est paru aux éditions Laurence Teper en 2009. La collection REPRINT de publie.net propose aux auteurs la reprise au format numérique de leurs ouvrages indisponibles.

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  • Déplacements

    Marie Cosnay

    Parution : 2 Mai 2012 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Une jeune femme, la narratrice, revient dans son ancienne maison, dans son ancien jardin , prendre des photos. Dans ce jardin où, il y a six ans, elle a surpris une ' scène impossible ' qui reste une énigme pour elle : son petit garçon nu et son mari. Dans ce jardin où, il y a six ans, son mari, avant de s'enfuir en voiture et de se tuer, a tenté de l'étrangler. La narratrice a vu, mais elle ne sait pas ce qu'elle a vu. Alors elle cherche, dans ses souvenirs, dans la mythologie , dans les tragédies antiques. Elle cherche ces scènes tragiques où les enfants sont sacrifiés, brûlés, dévorés. Elle rencontre la violence de l'Histoire qui mutile leurs corps et leurs histoires. Peu à peu, grâce à ces pistes qu'elle suit et qui sont comme autant de réponses possibles, la recherche de la narratrice se fait moins douloureuse, l'étau du piège se desserre, le secret cède la place à la vérité, et la peur à l'apaisement.
    "Déplacements", de Marie Cosnay, est paru aux éditions Laurence Teper en 2007. La collection REPRINT de publie.net propose aux auteurs la reprise au format numérique de leurs ouvrages indisponibles.

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  • #PublieNoël - cadeau dans le cadre de l'opération Publie.Noël - publication le 25 décembreDepuis mai 2013, pratiquement chaque dimanche, un auteur Publie.net répondait aux questions de Christine Jeanney dans la rubrique Un Texte / Une Voix. Une manière de mettre en avant leur travail mais aussi leurs idées et la genèse de leurs livres. Voici l'intégralité de leurs réponses accompagnées des premiers chapitres de leurs livres, compilées dans cet epub. Nous vous souhaitons une bonne lecture, et puisque nous publions ce livre pendant les fêtes de Noël, de joyeuses fêtes de fin d'année également.Avec :Flocoon Paradise / Philippe CarreseLe Shnorrer de la rue des Rosiers / Michèle KahnNe cherchez plus mon coeur / Jean-Michel MaulpoixKill that Marquise / Michel BrosseauPhoto de classe/s / Jean-Pierre SuaudeauUne épidémie / Fabien ClouetteContact / Cécile PortierUn hymne à la paix (16 fois) / Laurent GriselThéorie des orages / Lucien SuelBlasons d'un corps masculin / Régine DetambelÀ notre humanité / Marie CosnayNazis dans le métro / Didier DaeninckxElle, ma Grèce / Michel VolkovitchMusaraignes / Jacques SerenaGuantanamo / Frank SmithRetour Pôle Emploi / Anne-Sophie BarreauLégendes / Daniel BourrionAl Teatro / Stéphanie BensonFilles du calvaire / Annie RiouxSharon Tate ne verra pas Altamont / Marc Villard-------Rendez-vous sur notre blog pour lire en ligne les interviews.

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  • Voir venir ; écrire l'hospitalité

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    Parution : 9 Octobre 2019 - Entrée pnb : 11 Septembre 2019

    « La question des frontières et de l'exil est la question cardinale de notre temps. »M. Potte-Bonneville
    « Il y a comme une addiction de l'accueil. Tu commences, tu ne peux plus arrêter. Parce que c'est immense, ce qu'il y a à faire. Parce que c'est une des conditions de l'hospitalité, l'inconditionnalité, l'immensité, l'illimité. »M. Cosnay
    Cette correspondance entre deux auteurs impliqués à titre personnel depuis plusieurs années dans l'accueil de migrants chez eux (à Paris et à Bayonne) est habitée par le pressentiment que nous sommes en train de vivre une catastrophe : celle d'une Europe « devenue criminelle », déployant une politique aussi absurde que cruelle en matière d'immigration, et laissant mourir des milliers de personnes dans l'indifférence quotidienne.
    Une politique hostile qui semble en contradiction avec les élans de celles et ceux qui, un peu partout, accueillent les personnes exilées sans conditionner leur hospitalité, et finissent par former des réseaux de liens et d'entraide. Une résistance dont il s'agirait aujourd'hui de faire entendre la voix.
    S'il alterne développements philosophiques et discussions politiques avec des passages poétiques et lyriques, ce texte est profondément ancré dans le réel. Les auteurs évoquent le parcours du combattant et les situations administratives kafkaïennes des nouveaux arrivants, mais également les aspects très concrets et pratiques de l'accueil de tous les jours. Y abondent récits, épisodes et anecdotes permettant d'entrevoir le quotidien (les difficultés, les découragements, mais aussi les joies) des accueillants et des accueillis.

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  • Aquero

    Cosnay Marie

    Parution : 23 Juillet 2020 - Entrée pnb : 22 Juillet 2020

    "L'amie à qui j'ai dit : dis donc, je crois bien que j'ai vu quelque chose.
    Quelque chose ? Elle faisait semblant, comme ça. En fait elle comprenait.
    L'amie de confiance a dit : moi aussi j'ai vu, c'était beau.
    C'était qui chez toi ? Le Christ.Mais je suis myope.
    Si ça se trouve,c'était sa mère."

    Marie Cosnay vit à Bayonne dans le pays basque, elle est écrivaine et traductrice de texte antique. Elle a récemment publié Vie de HB, Sanza Lettere, et Le Fils de Judith. Les éditions de l'Ogre ont également publié Cordelia la Guerre en 2015.

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  • Ces nuits sont à toi, Alexis

    ,

    Parution : 17 Mars 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Nous sommes parties au mois de juillet 2014 à Athènes dans le cadre d'une mission Stendhal. Pour Myrto, un retour au pays non natal. Nous avons arpenté la ville, nous avons saisi des images et quelques récits. Nous avons écrit à notre rythme, dans la grande chaleur qui m'allait bien. Au milieu des moustiques de la soirée, sur le balcon. Nous avions un titre en tête, au début : les doigts dans la crise. Myrto a dessiné. Nous avons marché dans les quartiers où les rideaux de fer sont baissés, à louer. Nous sommes allées voir la mer, nous avons lu dans une crique. Nous avons rencontré un épicier pakistanais qui ne connaissait ni week-end ni dimanche. Nous avons parlé à ceux qui ont voulu nous parler, psychiatres, psychologues, enseignants, informaticiens, bibliothécaires, journalistes, poètes. Parfois les langues se nouaient. Nous avons joint nos écrits et les dessins de Myrto. M. C.

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