• Les théories du complot

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 24 Mars 2021 - Entrée pnb : 18 Mars 2021

    Par « théories du complot », on désigne des explications douteuses ou fausses qui s'opposent aux thèses « officielles » et mettent en scène un ou plusieurs groupes agissant en secret pour réaliser un projet de domination ou d'exploitation. Les conspirateurs fantasmés sont supposés être à l'origine de tous nos maux. Le moteur de ces raisonnements ? L'insatisfaction cognitive face à des événements traumatisants. C'est de cette frustration porteuse de suspicion que dérive le discours complotiste contemporain, qui met l'accent sur le doute. Mais les réponses données, factuellement fausses, constituent de nouveaux dogmes véhiculés par les réseaux sociaux. Pierre-André Taguieff fait l'hypothèse que le complotisme répond à une demande de sens et de cohérence : l'ennemi invisible et diabolique explique tous les malheurs des hommes. En cela, les récits complotistes réenchantent le monde, fût-ce pour le peupler de démons. Mais ils alimentent en même temps des accusations mensongères. Comment dissiper de telles illusions ?

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Lorsqu'il découvre les Protocoles des sages de Sion, début 1920, Hitler ne doute pas qu'il se trouve en présence d'un document révélant le programme secret des hauts dirigeants juifs, visant à devenir les maîtres du monde. Sa lecture du faux lui donne de surcroît un modèle d'interprétation de la révolution bolchevique, qu'il attribue aux Juifs. À partir du printemps 1920, se forme ainsi dans son esprit le mythe répulsif du « bolchevisme juif » à la conquête du monde, qui s'ajoute à la représentation préexistante du Juif comme maître de la finance internationale. Pour Hitler, lire les Protocoles, c'est apprendre à connaître les Juifs, comprendre les buts qu'ils poursuivent ainsi que leurs stratégies et leurs tactiques. C'est aussi expliquer la marche du monde par ses causes cachées. Les lire, c'est enfin se protéger contre « le Juif », voire commencer à gagner le combat contre l'ennemi absolu en se montrant capable de démonter ses mensonges et de déjouer ses manoeuvres : « Le jour où il sera devenu le livre de chevet d'un peuple, le péril juif pourra être considéré comme conjuré. » Jusqu'en 1939, les Protocoles seront utilisés par les services de propagande du Troisième Reich et les thèmes conspirationnistes empruntés au faux auront structuré définitivement, dès le moment de sa formation, l'idéologie nazie.

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • « Le chemin de la simple justice n'est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d'une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d'autre part », affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d'actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du « décolonialisme » : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d'une imaginaire « République blanche », attaques contre la liberté d'expression, les libertés académiques et la laïcité...

    L'imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l'extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néoféministes misandres... Des groupuscules identitaires extrémistes s'érigent en tribunaux d'inquisition, censurent des oeuvres et imposent des « déboulonnages ». Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu « antiracisme politique » pour étendre le champ de l'intimidation.

    Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d'éléments pour la discussion sérieuse d'une imposture de grande ampleur.

    25 prêts - 3650 jours
    5 streaming in-situ
    5 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • L'eugénisme

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 26 Août 2020 - Entrée pnb : 9 Août 2020

    Perçu comme tantôt exaltant, tantôt répulsif, l'eugénisme est le plus souvent fantasmé. À ce mot sont en effet associés des projets techno-scientifiques, des doctrines hétéroclites, des utopies, des lois, des mesures relatives à la procréation, des politiques de population, des comportements criminels. Dans la pensée sociale ordinaire, on peut précisément le définir comme la volonté de modifier le patrimoine génétique de l'humanité en vue de son amélioration. Mais adhérer à une telle perspective, n'est-ce pas dès lors présupposer l'existence d'une inégalité génétiquement déterminée entre humains ? Et choisir sa descendance, n'est-ce pas jouer aux apprentis-sorciers ? Jusqu'où pousser l'aventure de l'autodétermination ? Pierre-André Taguieff décrypte un projet qui en dit long sur la propension des hommes à se révolter contre la Nature... ou contre Dieu.

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • L'antisémitisme

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 16 Septembre 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Tributaire d'une vision racialiste, le terme « antisémitisme » prête à confusion et ne suffit pas à rendre compte de toutes les haines antijuives. Le phénomène est ancien et protéiforme, de la judéophobie antique, qui s'oppose à la religion juive, jusqu'à l'antisionisme radical, en passant par l'antijudaïsme chrétien, la judéophobie antireligieuse des Lumières, celle, anticapitaliste et révolutionnaire, du socialisme des origines, et l'antisémitisme à proprement parler, racial et nationaliste.
    Il restait à en dresser la typologie et la généalogie. C'est ce à quoi s'applique Pierre-André Taguieff, qui fait ici le tour de toutes les judéophobies pour montrer en quoi elles se fondent sur des rationalisations a posteriori destinées à légitimer des aversions, des peurs et des passions injustifiables. À lire également en Que sais-je ?...
    Histoire de la Shoah, Georges Bensoussan
    Histoire du peuple hébreu, André Lemaire

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • "race" : un mot de trop ? science, politique et morale

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 18 Octobre 2018 - Entrée pnb : 18 Octobre 2018

    Est-il justifié de proscrire le mot " race " de la Constitution ?
    Comment penser qu'en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l'emploi du mot " race " ?
    Est-il justifié de proscrire le mot " race " de la Constitution ?

    Comment penser qu'en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l'emploi du mot " race " ? La délégitimation scientifique du concept de race depuis les années 1970 a-t-elle fait reculer le racisme comme ensemble d'attitudes, de pratiques et de croyances idéologiques ? La lutte antiraciste peut-elle se contenter de modeler son discours sur les derniers résultats de la recherche en génétique, alors qu'il semble exister des " racismes sans race " ?

    La salutaire mise au point de Pierre-André Taguieff explore ces questions polémiques sur la base d'une information exceptionnelle et réellement transdisciplinaire. Elle se distingue par sa rigueur conceptuelle et la clarté de son argumentation là où, trop souvent, règnent la confusion, l'angélisme et la pensée-slogan. L'auteur montre que, depuis les commencements de l'époque moderne, un spectre hante l'imaginaire occidental, tiraillé entre l'idée de l'unité du genre humain et le constat de la diversité des humains.

    Les débats philosophiques et scientifiques sont ici convoqués pour appréhender l'évolution de la pensée occidentale autour de cette notion problématique de " race " et nourrir nos interrogations de citoyens sur les rapports entre le savoir scientifique, la politique et la morale.

    30 prêts - 2190 jours
    30 streaming in-situ
    10 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Court traité de complotologie

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 10 Avril 2013 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Penser d'une façon conspirationniste, c'est non pas croire que les complots existent, car ils n'ont jamais cessé d'exister, mais voir des complots partout et croire qu'ils expliquent tout ou presque dans la marche du monde. Il faut clarifier les termes employés, car l'expression « théorie du complot » (conspiracy theory, Verschwrungstheorie) est trompeuse. L'histoire universelle est remplie de complots réels, qui ont abouti ou échoué. Mais elle est aussi pleine de complots fictifs ou imaginaires attribués à des minorités actives ou aux autorités en place (gouvernements, services secrets, etc.), objets de croyances collectives. Dans l'expression mal formée « théorie du complot », le « complot » est nécessairement un complot. Dans un monde de fortes incertitudes et de peurs, où l'adhésion aux « grands récits » de nature religieuse a faibli, la multiplication des représentations ou des récits conspirationnistes, leur diffusion rapide et leur banalisation, est un phénomène remarquable, mais aisément explicable : ces récits, aussi délirants soient-ils, présentent l'avantage de rendre lisibles les événements. Ils permettent ainsi d'échapper au spectacle terrifiant d'un monde chaotique dans lequel tout semble possible, à commencer par le pire. D'où le succès public de ces récits. Sous le regard conspirationniste, les coïncidences ne sont jamais fortuites, elles révèlent des connexions cachées, et permettent de fabriquer des modèles explicatifs des événements. Les cas fourmillent, de l'« affaire DSK » à la grande crise financière actuelle

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Le Sens du progrès

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 22 Août 2011 - Entrée pnb : 21 Février 2014

    Dès ses premières conceptualisations, aux XVIIeme et XVIIIeme siècles, l'idée de progrès implique l'abolition des limites jusque-là imposées au savoir et au pouvoir de l'homme : l'humanité est indéfiniment perfectible, l'avenir ouvert et constellé de promesses. Maître de la nature, sujet souverain, l'homme dispose du réel qu'il imagine malléable et manipulable à l'infini.
    C'est au cours du XXeme siècle que les croyances progressistes vont être ébranlées par la découverte d'une barbarie scientificisée et technicisée. La crise environnementale, le constat des « dégâts du progrès » renforceront la vision catastrophiste d'un progrès « meurtrier ». La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s'est transformée en pouvoir de destruction. D'où le dilemme paralysant : retour impossible à l'optimisme progressiste ou fuite nihiliste dans la désespérance.
    La promesse d'une amélioration de la condition humaine demeure cependant un horizon de sens pour l'humanité. Aussi importe-t-il de repenser le progrès. Une telle entreprise suppose d'en retracer quatre siècles d'histoire conceptuelle et politique et d'en analyser les principales théorisations, mais aussi de clarifier les raisons des débats contemporains entre néo- et antiprogressistes.
    Un exercice de pensée qui se propose de rompre avec les évidences reçues. Car si le progrès a un avenir, c'est à la condition d'être « défatalisé » et « désutopisé ».

    25 prêts - 3650 jours
    5 streaming in-situ
    5 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Treize ans après la publication de son essai majeur, La Nouvelle Judéophobie, Pierre-André Taguieff signe une étude stimulante dans laquelle il explore et analyse les formes les plus récentes de la haine antijuive, portée par un antisionisme radical mâtiné de complotisme et une islamisation croissante de la cause palestinienne. La tuerie antijuive de l'" Hyper Cacher ", porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, s'inscrit dans l'année terrible commencée le 26 janvier 2014 avec la manifestation parisienne " Jour de colère ", mais aussi dans la dernière vague antijuive mondiale qui a débuté en octobre 2000 et touché particulièrement la France. Les actions jihadistes des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly montrent que, pour les islamistes radicaux, deux raisons suffisent pour mériter la mort : être juif, être " islamophobe ". La judéophobie contemporaine se caractérise avant tout par sa diffusion planétaire, qui lui fait perdre une grande partie de ses traits nationaux. La diabolisation des Juifs traverse désormais toutes les frontières. Dès lors, la lutte contre la judéophobie doit elle aussi être globalisée.

    30 prêts - 2190 jours
    30 streaming in-situ
    10 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Judéophobie, la dernière vague

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 9 Mai 2018 - Entrée pnb : 10 Mai 2018

    Pierre-André Taguieff revient sur la récente séquence judéophobe, celle de la période 2000-2018.
    Les attentats djihadistes commis en France ont provoqué une prise de conscience de la menace, d'une ampleur qui n'avait pas été nettement pressentie, bien qu'annoncée par des signes inquiétants  : dès 2001, l'auteur avait donné une première analyse du phénomène émergent.
    Il fallait donc redessiner le paysage et tenter de repenser la nouvelle configuration antijuive, en perpétuelle métamorphose, dans laquelle se rencontrent les extrémismes  : complotisme, concurrence victimaire, anti­sionisme radical, négationnisme et islamisation croissante des discours.
    Pierre-André Taguieff retrace la généalogie, depuis 1967, de la haine des Juifs telle qu'elle s'est idéologisée dans le monde arabo-musulman post-nassérien. Cet imaginaire judéophobe s'est ancré en France, puis en Europe, à compter de la seconde Intifada (2000), et se diffuse désormais massivement sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par la déstabilisation du Moyen-Orient.
    Dans l'espace politico-intellectuel français, la dernière vague judéophobe est moins portée par les milieux nationalistes traditionnels que par des milieux gauchistes et islamistes qui instrumentalisent et retournent contre les Juifs (les «  sionistes  », disent-ils ordinairement) des représentations empruntées à l'antiracisme, à l'anticolonialisme, à l'anti-impérialisme, à l'antifascisme ou à la critique du communautarisme.
    C'est cette configuration inédite, qu'il qualifie d'«  islamo-gauchiste  » depuis le début des années 2000, que l'auteur prend pour objet de réflexion.

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    Adobe
  • La revanche du nationalisme.

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 18 Mars 2015 - Entrée pnb : 9 Décembre 2015

    Et si, derrière la « poussée des populismes » en Europe, se cachait une puissante vague nationaliste ? Au cours des trois dernières décennies, des mobilisations nationalistes et identitaires ont donné naissance à des formations politiques perturbatrices, désormais solidement installées. Pierre-André Taguieff ne voit pas en elles l'expression d'une « fièvre populiste » ni l'indice d'un « retour du fascisme », mais le surgissement d'un nouveau type de contestation des démocraties représentatives et pluralistes. Cette vague nationale-populiste s'est radicalisée sous les effets conjugués d'une opposition virulente à la construction européenne, d'une diabolisation croissante de l'immigration et d'une hantise de « l'islamisation ». S'y ajoute une profonde méfiance vis-à-vis de la mondialisation, dont les élites transnationales seraient les agents et seuls bénéficiaires.
    Ce faisceau de peurs, d'hostilités et de rejets explique pourquoi le thème majeur du discours nationaliste est aujourd'hui celui de l'identité collective menacée. Son efficacité symbolique, traduite par des scores électoraux impressionnants, tient au triple fait que l'État-nation est en crise, que les systèmes représentatifs produisent une insatisfaction croissante et que, dans les opinions publiques, l'islam est synonyme de menace.
    Ce n'est pas le moindre des paradoxes de ces partis nationalistes et xénophobes que de partir à l'assaut d'une Europe dont ils récusent le processus de construction.

    20 prêts - durée illimitée
    20 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Macron : miracle ou mirage ?

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 30 Août 2017 - Entrée pnb : 16 Décembre 2019

    Comment interpréter la marche triomphale d'Emmanuel Macron sans donner dans l'admiration naïve ni dans le dénigrement de principe ? Trois hypothèses :
    Il s'agit d'une sorte de miracle : un événement hautement improbable a eu lieu. Reste à expliquer comment le chef charismatique a pu transformer sa puissance de séduction en victoire politique, et à s'interroger sur ce qu'il en fera.
    Ses succès électoraux relèvent du symptôme : Macron apparaît comme le produit de la décomposition du système politique français qu'il a habilement exploitée, substituant au vieux clivage droite-gauche le nouveau clivage ouvert-fermé.
    Il faut voir dans le phénomène Macron quelque chose comme un mirage : le manieur de symboles tenant du prestidigitateur a réussi à faire croire qu'il portait la bonne nouvelle d'un « changement » salvateur. Mais le stratège hors pair ne saurait faire oublier qu'il est un héritier et non un fondateur.
    Centriste et téméraire, courtois et « dégagiste », politiquement correct et « antisystème » : pour le philosophe Pierre-André Taguieff, telle est la recette Macron, une « modération audacieuse », illustration emblématique de la démagogie discrète et policée des nouvelles élites éclairées.

    25 prêts - 3650 jours
    5 streaming in-situ
    5 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • La couleur et le sang ; doctrines racistes à la française

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 13 Février 2002 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Un essai qui explique comment l'idéologie racialiste est née en France à la fin du XIXe siècle, et comment elle s'est répandue pour donner les formes de racisme contemporaines.

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Qu'y a-t-il de commun entre les romans à énigmes de Dan Brown, thrillers ésotérico-religieux devenus best-sellers internationaux, et la masse des pamphlets d'extrême droite dénonçant des complots organisés par des puissances occultes ou semi-occultes visant à installer un « gouvernement mondial » ? Quelles croyances et quelles passions partagent les amateurs de la série télévisée X-Files, les fans de films, de BD ou de jeux vidéo mettant en scène des sociétés secrètes ou des invasions d'extraterrestres, les consommateurs immodérés de nourritures « ésotériques » en tout genre, et les demi-savants peuplant le monde des « historiens alternatifs », dénonciateurs fanatiques du « complot mondial » ?
    En fournissant des éléments de réponse à ces questions, Pierre-André Taguieff nous invite à explorer la nouvelle culture populaire massivement diffusée sur Internet, ce qu'il faut bien appeler le bazar de l'ésotérisme. Il part d'un constat : les fictions signées Dan Brown, parmi de nombreuses autres n'ayant pas rencontré un succès comparable, puisent dans le même fonds symbolique qu'une multitude de pamphlets conspirationnistes publiés depuis le début des années 1980. Ce stock de rumeurs, de légendes et de croyances - nées parfois il y a plus de deux siècles, comme la légende des Illuminati - ne cesse d'être exploité par des entrepreneurs culturels spécialisés dans « l'ésotérisme » au sens ordinairement vague et attrape-tout du terme, renvoyant à « tout ce qui exhale un parfum de mystère ».
    La Foire aux « Illuminés » porte sur la production, la circulation et la réception de ces produits culturels ésotéro-complotistes ordinairement négligés ou méprisés par les travaux universitaires. Ce livre constitue une réflexion exigeante sur les formes contemporaines du croire hors des frontières strictes du religieux institutionnel non moins que du champs idéologico-politique. Il s'inscrit dans la série des ouvrages publiés par Pierre-André Taguieff depuis La Force du préjugé (1988), dont l'ambition commune est d'élaborer une anthropologie historique de la modernité, à travers l'analyse des représentations, des valeurs et des croyances saisies dans leurs origines et leurs métamorphoses.

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • L'antisémitisme de plume 1940-1944

    Pierre-André TAGUIEFF

    Parution : 28 Août 2014 - Entrée pnb : 26 Juin 2015

    L'étude de l'engagement d'écrivains, de journalistes et d'universitaires dans la propagande antijuive entre 1940 et 1944, au service du régime de Vichy, mais surtout dans l'orbite de la collaboration idéologique active, constitue l'objet de ce livre.

    Depuis la fin du XIXe siècle, l'antisémitisme français s'est constitué en un genre politico-littéraire, avec son stock de stéréotypes, son code culturel et sa langue de métier. Le caractère répétitif de la littérature antijuive n'a pas empêché cette dernière de s'accommoder à la situation d'exception que constitue la période de l'Occupation, en mettant l'accent soit sur la dénonciation du " complot judéomaçonnique ", soit sur celle du " complot judéobolchevique ", souvent associée à celle du " complot judéocapitaliste ". Car l'imaginaire conspirationniste colore toute la production journalistico-littéraire orientée vers l'action antijuive.

    L'antisémitisme de plume, poussé à son paroxysme par une minorité de propagandistes acquis à la cause nazie, n'avait jamais fait l'objet d'une recherche approfondie. Outre les études historiques, thématiques et biographiques qu'il comporte, cet ouvrage rend enfin accessibles des documents jusqu'alors réservés aux chercheurs. Il restitue dans leur contexte ces écrits qui, à côté des mesures d'exclusion, ont participé à la mise en condition psychologique de la population. Dénonçant, depuis Paris, l'" attentisme " du régime de Vichy en matière de lutte contre les Juifs, leurs auteurs s'appliquent en même temps à revendiquer l'antériorité et la paternité d'une tradition antisémite française qui, depuis Drumont, n'aurait rien à envier aux nazis. Qui étaient ces propagandistes dont les écrits atteignent un degré de violence parfois insoutenable ?

    Les héritiers de l'antisémitisme d'Etat défini par l'Action française, tel que Xavier Vallat, se reconnaissent dans la politique antijuive de Vichy en 1940-1941, alors que les antijuifs racistes, se référant à une vision pseudo-scientifique de la " race " ou de l'" ethnie juive ", comme Montandon ou Darquier de Pellepoix, se retrouvent dans le champ du collaborationnisme.

    En jouant Céline contre Maurras, Lucien Rebatet institue l'auteur de
    Bagatelles pour un massacre en refondateur de l'antisémitisme en France.

    C'est sous la bannière des écrits de Céline que des plumitifs antijuifs tels que Jean Boissel ou Paul Riche agrémentent leur programme raciste de mesures eugénistes. La stérilisation totale est ainsi prônée par certains antisémites de plume pour " résoudre la question juive ", par delà les mesures, " insuffisantes " selon eux, prises par Vichy, voire par les autorités allemandes.

    Ce livre constitue une somme sans équivalent sur la question. Il est autant destiné au lecteur en quête d'informations précises sur les acteurs, les auteurs et les textes, qu'au chercheur désireux de poursuivre l'investigation sur l'une ou l'autre des multiples pistes ouvertes.

    30 prêts - 2190 jours
    30 streaming in-situ
    10 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • "La pandémie de Covid-19 constitue une épreuve par laquelle nous mesurons les limites de notre savoir et de notre pouvoir. En nous plaçant devant l'inexplicable et l'incurable ainsi que devant des conflits de valeurs insurmontables, elle réveille le sentiment tragique de l'existence. Mais cette défaite de l'optimisme prométhéen est aussi, en France, un éveil du sens du réel et de l'esprit critique face aux chimères du postnational, qui ont contribué à faire perdre à la nation son indépendance. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff, l'heure est à la réinvention d'un État souverain, cadre nécessaire pour une démocratie forte.


    Présentation de la collection : Et après ? Notre monde post-coronavirus ne sera sans doute plus le même. Quel sera le rôle de l'État ? Doit-on remettre en cause la mondialisation ? Doit-on se méfier ou s'appuyer davantage sur les scientifiques ? Autant de questions, et bien d'autres, sur lesquelles il faudra se pencher.
    Les Éditions de l'Observatoire, depuis leur création, ont l'ambition d'anticiper et de créer les débats d'idées. Nous continuons donc notre mission dans cette période propre à la réflexion en publiant de courts livres numériques qui amorcent déjà les thèmes de ce « monde d'après ». Nos auteurs ont répondu présents, conscients de former au sein de leur maison d'édition une véritable communauté de pensée.
    Muriel Beyer
    Directrice des Éditions de l'Observatoire"

    25 prêts - 3650 jours
    5 streaming in-situ
    5 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • "La pandémie de Covid-19 constitue une épreuve par laquelle nous mesurons les limites de notre savoir et de notre pouvoir. En nous plaçant devant l'inexplicable et l'incurable ainsi que devant des conflits de valeurs insurmontables, elle réveille le sentiment tragique de l'existence. Mais cette défaite de l'optimisme prométhéen est aussi, en France, un éveil du sens du réel et de l'esprit critique face aux chimères du postnational, qui ont contribué à faire perdre à la nation son indépendance. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff, l'heure est à la réinvention d'un État souverain, cadre nécessaire pour une démocratie forte.


    Présentation de la collection : Et après ? Notre monde post-coronavirus ne sera sans doute plus le même. Quel sera le rôle de l'État ? Doit-on remettre en cause la mondialisation ? Doit-on se méfier ou s'appuyer davantage sur les scientifiques ? Autant de questions, et bien d'autres, sur lesquelles il faudra se pencher.
    Les Éditions de l'Observatoire, depuis leur création, ont l'ambition d'anticiper et de créer les débats d'idées. Nous continuons donc notre mission dans cette période propre à la réflexion en publiant de courts livres numériques qui amorcent déjà les thèmes de ce « monde d'après ». Nos auteurs ont répondu présents, conscients de former au sein de leur maison d'édition une véritable communauté de pensée.
    Muriel Beyer
    Directrice des Éditions de l'Observatoire"

    25 prêts - 3650 jours
    5 streaming in-situ
    5 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • La justification de ce qu'on appelle, depuis le début des années 1970, la bioéthique, réside dans l'inquiétude diffuse devant l'accélération des progrès techno-scientifiques qui, notamment dans le domaine biomédical, paraissent menacer l'humanité de l'homme. Les pouvoirs accrus nés des avancées du savoir biologique mettent en évidence la fragilité et la vulnérabilité de ce qui est humain, mais tout autant de ce qui relève du vivant en général. D'où le sentiment que la position de limites est d'une extrême urgence. La peur a conduit à la conscience d'une responsabilité nouvelle des hommes vis-à-vis de leur nature comme de la nature, c'està- dire de la biodiversité.
    Dans cet essai, Pierre-André Taguieff montre que la bioéthique illustre la quête contemporaine du consensus par la délibération et le compromis, en tant que mode de résolution des conflits. C'est pourquoi elle se présente idéalement comme un discours du juste milieu, à égale distance des thèses jugées extrémistes, issues soit de l'intransigeantisme religieux, soit du scientisme technophile. Mais peut-on trouver un compromis acceptable entre des positions incompatibles, sinon par des opérations rhétoriques plus ou moins réussies ?
    La bioéthique ne se confond pas avec l'éthique médicale. Elle doit être repensée comme éthique de la vie ou du vivant, et rejoindre ainsi le souci écologique. Loin de se réduire à une morale humaine, trop humaine, elle est vouée à s'accomplir dans une perception inséparablement éthique et esthétique de la nature.

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Les protocoles des Sages de Sion ; faux et usages d'un faux

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 6 Octobre 2004 - Entrée pnb : 7 Décembre 2015

    Le retour du plus célèbre faux de la littérature antijuive dans l?actualité, les Protocoles des Sages de Sion, nous a conduit à publier une nouvelle édition revue et augmentée de l?étude, épuisée depuis plusieurs années, que lui avait consacré Pierre-André Taguieff en 1992.
    Les «Protocoles» ont été fabriqués à Paris, en 1900-1901, par les services de la police politique secrète du Tsar, l?Okhrana, qui a fait appel, pour réaliser ce travail, au faussaire Matthieu Golovinski. Ce document, se présentant comme les minutes de séances secrètes tenues par les plus hauts dirigeants du «judaïsme mondial», était censé révéler leur programme de conquête du monde.
    Dès 1921, la démonstration philologique a été faite qu?il s?agissait d?un faux paraphrasant le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, pamphlet alors bien oublié de l?avocat Maurice Joly, publié à Bruxelles en 1864, et dirigé contre Napoléon III. Cependant, après cette démonstration sans appel, les «Protocoles» n?en ont pas moins continué leur course, jusqu?à devenir un best-seller planétaire.
    Le principal but des faussaires de l?Okhrana était de disqualifier toute tentative de modernisation «libérale» de l?Empire tsariste en la présentant comme une «affaire juive» ou «judéo-maçonnique». De 1903 à la révolution d?Octobre, les «Protocoles» sont restés une arme idéologique dans les mains des antisémites russes et des policiers manipulateurs. Le faux n?est devenu le principal vecteur du mythe de la «conspiration juive mondiale» qu?après 1917. Le «péril juif» a pris les couleurs du «péril rouge» avec le meurtre de la famille impériale (17 juillet 1918), dénoncé comme un «crime rituel» commis par les «bolcheviks juifs».
    Utilisés d?abord comme machine de guerre idéologique contre le bolchevisme, les «Protocoles» ont été exploités à d?autres fins : expliquer après coup le déclenchement de la Grande Guerre comme la défaite de l?Allemagne par une machination juive, dénoncer la prétendue collusion des Juifs et de la «haute finance internationale», réduire les régimes démocratiques à des masques d?une «ploutocratie mondiale à tête juive», stigmatiser le sionisme comme une entreprise juive occulte de domination du monde, enfin démoniser l?Etat d?Israël, mythifié en tant que centre du «complot juif mondial».
    Les «Protocoles» sont ainsi présents dans l?attirail idéologique du «nouvel antisémitisme» qui se déchaîne après la guerre des Six Jours (juin 1967). Depuis, la nouvelle judéophobie à base «antisioniste» s?est enrichie des négations du «révisionnisme», tandis que, dans les pays d?Europe de l?Est (communistes, puis post-communistes) comme dans les pays arabes et plus largement dans le monde musulman, la «conspiration juive internationale» est devenue le «complot sioniste mondial».

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Du diable en politique ; réflexions sur l'anti-lepenisme ordinaire

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 15 Mai 2014 - Entrée pnb : 16 Juillet 2014

    « L'antilepénisme ordinaire a pris l'allure d'une machine fonctionnant dans un seul sens : empêcher de connaître et de comprendre l'ennemi désigné, interdire toute discussion libre et informée sur le mouvement lepéniste, substituer l'indignation morale et la condamnation diabolisante à la critique argumentée et à la lutte politique.

    La diabolisation de l'adversaire empoisonne le débat démocratique et profite en définitive au parti lepéniste, qui tire habilement parti de la dénonciation vertueuse et consensuelle dont il est l'objet pour se poser en victime du "Système". Toute dénonciation extrémiste fait le jeu de l'extrémisme dénoncé.

    Le seul moyen de dire clairement en quoi les orientations du FN sont inacceptables consiste à analyser le programme de ce parti sans lunettes idéologiques, donc sans le lire à travers les stéréotypes accumulés au terme d'une longue tradition "antifasciste".

    Face au FN, il faut d'abord vouloir le connaître, puis le juger sur ses résultats locaux, dans la gestion municipale, et non plus seulement sur ses intentions déclarées ou ses projets. »



    Ce livre, qui analyse la diabolisation dans tous ses aspects, s'efforce de penser l'extrémisme politique, sur la base de multiples exemples historiques. Il s'impose pour faire face aux extrémismes contemporains.

    30 prêts - 2190 jours
    30 streaming in-situ
    10 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
  • Céline ; la race, le Juif

    ,

    Parution : 1 Février 2017 - Entrée pnb : 10 Février 2017

    On croit connaître Céline. On connaît les bribes d'une légende pieusement transmise qui se défait pour se recomposer, ainsi que les portraits arrangés au fil des biographies publiées.
    La recherche de la vérité plutôt que les ruses de la disculpation conduit à ce portrait sans complaisance, qui examine les moments cruciaux d'un itinéraire qu'on ne peut réduire à une carrière littéraire, sous peine de ne plus comprendre vraiment l'écrivain. Car celui-ci a cherché à agir sur son époque.
    En 1937, ennemi du Front populaire et partisan d'une « alliance avec Hitler », Céline choisit de devenir un écrivain antijuif. Il s'engouffre opportunément dans la vague antisémite, bataillant sans relâche contre le « péril rouge » et le « péril juif ». Pour confectionner ses pamphlets, il puise dans la propagande nazie diffusée par diverses officines, dont le Welt-Dienst. Il met en musique les idées et les slogans. Pendant l'Occupation, il fait figure de nouveau « prophète », de « pape de l'antisémitisme ».
    Cette vérité historique heurte frontalement la légende de l'écrivain, celle de l'« écriture seule ».
    Le cas de Céline est-il comparable à celui des autres intellectuels du collaborationnisme ? Jusqu'à quel point adhère-t-il à la vision hitlérienne ? Jusqu'où est-il allé ? Que savait-il vraiment sous l'Occupation ? Que peut-on reprocher à Céline, des mots seulement, ou aussi des actes ?
    Avec Céline, c'est tout un imaginaire raciste, antisémite et complotiste qui se livre à l'observation. Se montre ici le fonctionnement d'un esprit raidi dans un réseau de préjugés et de convictions inébranlables, qui force à poser autrement la question du scandale-Céline : comment cet homme a-t-il pu écrire Voyage au bout de la nuit ?
    Ce livre est une somme, le livre de référence que l'on attendait sur le cas Céline. Il croise la lecture des textes avec l'histoire intellectuelle et politique. Une étude critique, rompant avec les habituelles approches, plus ou moins apologétiques. L'érudition y est mise au service de la volonté de clarifier et de comprendre. Pour une vision « décapée » de l'écrivain engagé, par-delà les clichés.
     

    30 prêts - 60 mois
    1 Prêt(s) simultané(s)
    LCP
    Adobe
empty