• « Le chemin de la simple justice n'est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d'une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d'autre part », affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d'actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du « décolonialisme » : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d'une imaginaire « République blanche », attaques contre la liberté d'expression, les libertés académiques et la laïcité...

    L'imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l'extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néoféministes misandres... Des groupuscules identitaires extrémistes s'érigent en tribunaux d'inquisition, censurent des oeuvres et imposent des « déboulonnages ». Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu « antiracisme politique » pour étendre le champ de l'intimidation.

    Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d'éléments pour la discussion sérieuse d'une imposture de grande ampleur.

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  • "race" : un mot de trop ? science, politique et morale

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 18 Octobre 2018 - Entrée pnb : 18 Octobre 2018

    Est-il justifié de proscrire le mot " race " de la Constitution ?
    Comment penser qu'en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l'emploi du mot " race " ?
    Est-il justifié de proscrire le mot " race " de la Constitution ?

    Comment penser qu'en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l'emploi du mot " race " ? La délégitimation scientifique du concept de race depuis les années 1970 a-t-elle fait reculer le racisme comme ensemble d'attitudes, de pratiques et de croyances idéologiques ? La lutte antiraciste peut-elle se contenter de modeler son discours sur les derniers résultats de la recherche en génétique, alors qu'il semble exister des " racismes sans race " ?

    La salutaire mise au point de Pierre-André Taguieff explore ces questions polémiques sur la base d'une information exceptionnelle et réellement transdisciplinaire. Elle se distingue par sa rigueur conceptuelle et la clarté de son argumentation là où, trop souvent, règnent la confusion, l'angélisme et la pensée-slogan. L'auteur montre que, depuis les commencements de l'époque moderne, un spectre hante l'imaginaire occidental, tiraillé entre l'idée de l'unité du genre humain et le constat de la diversité des humains.

    Les débats philosophiques et scientifiques sont ici convoqués pour appréhender l'évolution de la pensée occidentale autour de cette notion problématique de " race " et nourrir nos interrogations de citoyens sur les rapports entre le savoir scientifique, la politique et la morale.

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  • Le Sens du progrès

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 22 Août 2011 - Entrée pnb : 21 Février 2014

    Dès ses premières conceptualisations, aux XVIIeme et XVIIIeme siècles, l'idée de progrès implique l'abolition des limites jusque-là imposées au savoir et au pouvoir de l'homme : l'humanité est indéfiniment perfectible, l'avenir ouvert et constellé de promesses. Maître de la nature, sujet souverain, l'homme dispose du réel qu'il imagine malléable et manipulable à l'infini.
    C'est au cours du XXeme siècle que les croyances progressistes vont être ébranlées par la découverte d'une barbarie scientificisée et technicisée. La crise environnementale, le constat des « dégâts du progrès » renforceront la vision catastrophiste d'un progrès « meurtrier ». La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s'est transformée en pouvoir de destruction. D'où le dilemme paralysant : retour impossible à l'optimisme progressiste ou fuite nihiliste dans la désespérance.
    La promesse d'une amélioration de la condition humaine demeure cependant un horizon de sens pour l'humanité. Aussi importe-t-il de repenser le progrès. Une telle entreprise suppose d'en retracer quatre siècles d'histoire conceptuelle et politique et d'en analyser les principales théorisations, mais aussi de clarifier les raisons des débats contemporains entre néo- et antiprogressistes.
    Un exercice de pensée qui se propose de rompre avec les évidences reçues. Car si le progrès a un avenir, c'est à la condition d'être « défatalisé » et « désutopisé ».

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  • Treize ans après la publication de son essai majeur, La Nouvelle Judéophobie, Pierre-André Taguieff signe une étude stimulante dans laquelle il explore et analyse les formes les plus récentes de la haine antijuive, portée par un antisionisme radical mâtiné de complotisme et une islamisation croissante de la cause palestinienne. La tuerie antijuive de l'" Hyper Cacher ", porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, s'inscrit dans l'année terrible commencée le 26 janvier 2014 avec la manifestation parisienne " Jour de colère ", mais aussi dans la dernière vague antijuive mondiale qui a débuté en octobre 2000 et touché particulièrement la France. Les actions jihadistes des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly montrent que, pour les islamistes radicaux, deux raisons suffisent pour mériter la mort : être juif, être " islamophobe ". La judéophobie contemporaine se caractérise avant tout par sa diffusion planétaire, qui lui fait perdre une grande partie de ses traits nationaux. La diabolisation des Juifs traverse désormais toutes les frontières. Dès lors, la lutte contre la judéophobie doit elle aussi être globalisée.

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  • Macron : miracle ou mirage ?

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 30 Août 2017 - Entrée pnb : 16 Décembre 2019

    Comment interpréter la marche triomphale d'Emmanuel Macron sans donner dans l'admiration naïve ni dans le dénigrement de principe ? Trois hypothèses :
    Il s'agit d'une sorte de miracle : un événement hautement improbable a eu lieu. Reste à expliquer comment le chef charismatique a pu transformer sa puissance de séduction en victoire politique, et à s'interroger sur ce qu'il en fera.
    Ses succès électoraux relèvent du symptôme : Macron apparaît comme le produit de la décomposition du système politique français qu'il a habilement exploitée, substituant au vieux clivage droite-gauche le nouveau clivage ouvert-fermé.
    Il faut voir dans le phénomène Macron quelque chose comme un mirage : le manieur de symboles tenant du prestidigitateur a réussi à faire croire qu'il portait la bonne nouvelle d'un « changement » salvateur. Mais le stratège hors pair ne saurait faire oublier qu'il est un héritier et non un fondateur.
    Centriste et téméraire, courtois et « dégagiste », politiquement correct et « antisystème » : pour le philosophe Pierre-André Taguieff, telle est la recette Macron, une « modération audacieuse », illustration emblématique de la démagogie discrète et policée des nouvelles élites éclairées.

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  • L'antisémitisme de plume 1940-1944

    Pierre-André TAGUIEFF

    Parution : 28 Août 2014 - Entrée pnb : 26 Juin 2015

    L'étude de l'engagement d'écrivains, de journalistes et d'universitaires dans la propagande antijuive entre 1940 et 1944, au service du régime de Vichy, mais surtout dans l'orbite de la collaboration idéologique active, constitue l'objet de ce livre.

    Depuis la fin du XIXe siècle, l'antisémitisme français s'est constitué en un genre politico-littéraire, avec son stock de stéréotypes, son code culturel et sa langue de métier. Le caractère répétitif de la littérature antijuive n'a pas empêché cette dernière de s'accommoder à la situation d'exception que constitue la période de l'Occupation, en mettant l'accent soit sur la dénonciation du " complot judéomaçonnique ", soit sur celle du " complot judéobolchevique ", souvent associée à celle du " complot judéocapitaliste ". Car l'imaginaire conspirationniste colore toute la production journalistico-littéraire orientée vers l'action antijuive.

    L'antisémitisme de plume, poussé à son paroxysme par une minorité de propagandistes acquis à la cause nazie, n'avait jamais fait l'objet d'une recherche approfondie. Outre les études historiques, thématiques et biographiques qu'il comporte, cet ouvrage rend enfin accessibles des documents jusqu'alors réservés aux chercheurs. Il restitue dans leur contexte ces écrits qui, à côté des mesures d'exclusion, ont participé à la mise en condition psychologique de la population. Dénonçant, depuis Paris, l'" attentisme " du régime de Vichy en matière de lutte contre les Juifs, leurs auteurs s'appliquent en même temps à revendiquer l'antériorité et la paternité d'une tradition antisémite française qui, depuis Drumont, n'aurait rien à envier aux nazis. Qui étaient ces propagandistes dont les écrits atteignent un degré de violence parfois insoutenable ?

    Les héritiers de l'antisémitisme d'Etat défini par l'Action française, tel que Xavier Vallat, se reconnaissent dans la politique antijuive de Vichy en 1940-1941, alors que les antijuifs racistes, se référant à une vision pseudo-scientifique de la " race " ou de l'" ethnie juive ", comme Montandon ou Darquier de Pellepoix, se retrouvent dans le champ du collaborationnisme.

    En jouant Céline contre Maurras, Lucien Rebatet institue l'auteur de
    Bagatelles pour un massacre en refondateur de l'antisémitisme en France.

    C'est sous la bannière des écrits de Céline que des plumitifs antijuifs tels que Jean Boissel ou Paul Riche agrémentent leur programme raciste de mesures eugénistes. La stérilisation totale est ainsi prônée par certains antisémites de plume pour " résoudre la question juive ", par delà les mesures, " insuffisantes " selon eux, prises par Vichy, voire par les autorités allemandes.

    Ce livre constitue une somme sans équivalent sur la question. Il est autant destiné au lecteur en quête d'informations précises sur les acteurs, les auteurs et les textes, qu'au chercheur désireux de poursuivre l'investigation sur l'une ou l'autre des multiples pistes ouvertes.

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  • "La pandémie de Covid-19 constitue une épreuve par laquelle nous mesurons les limites de notre savoir et de notre pouvoir. En nous plaçant devant l'inexplicable et l'incurable ainsi que devant des conflits de valeurs insurmontables, elle réveille le sentiment tragique de l'existence. Mais cette défaite de l'optimisme prométhéen est aussi, en France, un éveil du sens du réel et de l'esprit critique face aux chimères du postnational, qui ont contribué à faire perdre à la nation son indépendance. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff, l'heure est à la réinvention d'un État souverain, cadre nécessaire pour une démocratie forte.


    Présentation de la collection : Et après ? Notre monde post-coronavirus ne sera sans doute plus le même. Quel sera le rôle de l'État ? Doit-on remettre en cause la mondialisation ? Doit-on se méfier ou s'appuyer davantage sur les scientifiques ? Autant de questions, et bien d'autres, sur lesquelles il faudra se pencher.
    Les Éditions de l'Observatoire, depuis leur création, ont l'ambition d'anticiper et de créer les débats d'idées. Nous continuons donc notre mission dans cette période propre à la réflexion en publiant de courts livres numériques qui amorcent déjà les thèmes de ce « monde d'après ». Nos auteurs ont répondu présents, conscients de former au sein de leur maison d'édition une véritable communauté de pensée.
    Muriel Beyer
    Directrice des Éditions de l'Observatoire"

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  • Du diable en politique ; réflexions sur l'anti-lepenisme ordinaire

    Pierre-André Taguieff

    Parution : 15 Mai 2014 - Entrée pnb : 16 Juillet 2014

    « L'antilepénisme ordinaire a pris l'allure d'une machine fonctionnant dans un seul sens : empêcher de connaître et de comprendre l'ennemi désigné, interdire toute discussion libre et informée sur le mouvement lepéniste, substituer l'indignation morale et la condamnation diabolisante à la critique argumentée et à la lutte politique.

    La diabolisation de l'adversaire empoisonne le débat démocratique et profite en définitive au parti lepéniste, qui tire habilement parti de la dénonciation vertueuse et consensuelle dont il est l'objet pour se poser en victime du "Système". Toute dénonciation extrémiste fait le jeu de l'extrémisme dénoncé.

    Le seul moyen de dire clairement en quoi les orientations du FN sont inacceptables consiste à analyser le programme de ce parti sans lunettes idéologiques, donc sans le lire à travers les stéréotypes accumulés au terme d'une longue tradition "antifasciste".

    Face au FN, il faut d'abord vouloir le connaître, puis le juger sur ses résultats locaux, dans la gestion municipale, et non plus seulement sur ses intentions déclarées ou ses projets. »



    Ce livre, qui analyse la diabolisation dans tous ses aspects, s'efforce de penser l'extrémisme politique, sur la base de multiples exemples historiques. Il s'impose pour faire face aux extrémismes contemporains.

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