• De Airbags à Zyva
    Depuis que la Sécurité routière a lancé son slogan " Si t'as un Sam*, t'as le swagg ; si t'as pas de Sam, t'as le seum ", le public sait à peu près ce que seum et swagg veulent dire. Mais il n'est pas sûr que la publicité faite de ces deux mots ait été du goût de ses locuteurs habituels. Comme le soulignait déjà Victor Hugo : " L'argot cherche toujours à se dérober, sitôt qu'il se sent compris, il se transforme... Aussi va-t-il, se décomposant et se recomposant sans cesse. " C'est, parmi des centaines d'autres, le cas de beur (devenu rebeu, rabza, rabzouz), de l'antique daron(ne) et du classique keuf.
    Ce petit dico est donc un instantané du " langage des jeunes des Cités ", comme disent les médias qui oublient que le parler djeun's s'entend aujourd'hui à Trappes comme à Neuilly-sur-Seine. Ici et là, de airbags à zyva, ça rappe et ça zappe la langue de Molière à tout va ! Et à tout âge : l'ado, devenu lycéen puis étudiant, n'abandonne pas le parler de son " tiéquar ".
    Salah Guemriche, ancien journaliste, romancier et essayiste, est notamment l'auteur du très remarqué Dictionnaire des mots français d'origine arabe (Seuil 2007, Points 2015).
    * Sam : sans accident mortel.

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  • Alger la blanche

    Salah Guemriche

    Parution : 19 Avril 2012 - Entrée pnb : 26 Mars 2014

    Alger-la-Blanche. L'histoire de cette ville mythique méconnue des générations post-Indépendance revit avec brio sous la plume de Salah Guemriche dans un récit vivant et émouvant, truffé d'anecdotes et de personnages hauts en couleur.
    Fondée, selon la légende, après le passage d'Hercule et de ses compagnons, la ville d'Alger fut très tôt convoitée : Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Espagnols, Turcs et Français l'auront tour à tour aimée et malmenée, glorifiée et saignée à blanc. Faut-il croire que sa " candide blancheur " (Le Corbusier) viendrait de cette saignée, et non pas de son soleil ? " Le soleil tue les questions ", répondrait un personnage de Camus, dans Le Malentendu... Sous l'égide de Sidi Abd er-Rahman, son saint patron, la ville fut successivement la capitale des corsaires de Barberousse, celle de la France libre et la Mecque des mouvements révolutionnaires du XXe siècle. A travers une ballade historique, littéraire et amoureuse, Salah Guemriche nous conte les très riches heures d'Alger, comme les plus sombres, portant nos pas dans les dédales de la cité, aux côtés des personnalités les plus marquantes. Et elles sont nombreuses : Ibn Ziri, Raïs Hamidou, Ouali Dada, Cervantès, les Goncourt, Karl Marx sans barbe (après le passage chez un barbier de la Casbah), Saint-Saëns (qui y composa Samson et Dalila), Tarzan et Pépé le Moko, Delacroix et Racim, El'Anka et le cardinal Duval, Lili Boniche, Himoud et Zinet, Camus et Kateb, de Gaulle et Bigeard, Ali-la-Pointe et toutes les Djamila, pasionarias de l'Alger d'hier et d'aujourd'hui. Sans oublier ses clubs de foot, sa Casbah, sa basilique Notre-Dame-d'Afrique, ses mosquées et ses saints. Voici Alger dans tous ses états, Alger de tous les Etats.Publié pour la première fois, en 1971, par Simone de Beauvoir, Salah Guemriche est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels Abd er-Rahman contre Charles Martel (Perrin, 2010), Dictionnaire des mots français d'origine arabe, préface d'Assia Djebar de l'Académie française (Le Seuil, 2007), L'Homme de la première phrase (Rivages / Noir, 2000).

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